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Une réflexion menée lors de la table ronde d’IntégraTice les 28 et 29 mars 2013 à Marseille
Quand on pense accessibilité, c’est très souvent l’accès aux bâtiments qui est envisagé. Bien entendu, il est important d’aménager ascenseurs et rampes d’accès pour que les élèves à mobilité réduite puissent entrer dans les salles de classe, d’exposition ou de concert. Mais dans le domaine de l’éducation, l’accessibilité recouvre des aspects beaucoup plus larges. Celles qu’on a appelé les « nouvelles technologies » ne cessent d’ouvrir de nouveaux champs du possible, que le programme IntégraTice du CRDP de l’académie d’Aix-Marseille s’efforce de faire connaître (9e édition, les 28 et 29 mars à Marseille au sein de l’événement « Orme 2.13 »).
 
Accès à la littérature, à la musique, aux œuvres d’art…
Quand lire un roman relève de l’exploit, quand la dyslexie est trop sévère, quand les difficultés face au déchiffrage de l’écrit sont trop lourdes, des logiciels permettent de pallier ce type de handicap : mise en ligne de livres sonores, lecteurs d’écran… Les textes enregistrés peuvent ensuite être écoutés sur différents supports, en différents lieux, en classe, à la maison, sur un baladeur MP3, une tablette, etc. Littérature et musique bénéficient toutes deux de cette facilitation apportée par le numérique.
 
De plus en plus, les sites internet des musées sont pensés pour permettre un meilleur accès aux œuvres d’art qui y sont présentées, en tenant compte des différents handicaps sensoriels. Le musée du Louvre propose des visites virtuelles, de l’audio description, des commentaires en langue des signes française (LSF), en lecture labiale (LL) ou en langue parlée complétée (LPC). Ne pas pouvoir se déplacer, être alité, ne devrait plus un obstacle à la construction d’une culture personnelle.
 
De même la culture scientifique bénéficie-t’-elle de nombreux sites, de vidéos et de films d’animation qui rendent intelligibles les phénomènes qui façonnent notre monde à des élèves qui souffrent de troubles des apprentissages ou de la compréhension. Des outils tels que les logiciels ludo-apprenants ou les jeux sérieux permettent que les acquisitions se fassent au rythme de chacun, en mettant les avancées technologiques au service de la pédagogie.
 
L’accès à la culture recouvre également des aspects plus spécifiques, avec la large diffusion que permet maintenant le numérique. Ainsi, pour les élèves sourds, sont édités des sites en LSF, des DVD multimédias, comme « La mécanique du silence » où le travail de Pierre Avezard, seul artiste sourd exposé dans un musée français avec son fabuleux « manège », sert de base à une réflexion pédagogique sur la langue et la culture sourdes.
 
Des outils au service de la créativité
Pour tous ces jeunes en situation de handicap, à un titre ou à un autre, l’accès autonome aux connaissances permet de se construire positivement, d’intégrer des éléments qui les unissent, par-delà les différences, aux autres jeunes de leur âge, autour de références communes. La technologie leur offre des voies nouvelles pour développer leur créativité. Grâce aux tablettes, un élève autiste peut composer un texte depuis un clavier virtuel, écouter l’énoncé des messages par voix de synthèse, utiliser des grilles de communication pictographiques / alphabétiques. Des adolescents qui ne savaient ni lire ni écrire se sont appropriés un logiciel de retouche d’image qui leur a offert de nouvelles possibilités de création et des réalisations tout à fait satisfaisantes pour leur propre estime. Grâce à la musique assistée par ordinateur, des élèves même très lourdement handicapés sont capables de partager des univers musicaux avec leurs camarades de classe. Ainsi avec l’instrument appelé Bao-Pao, à savoir « Baguette Assistée par Ordinateur, Puce A l’Oreille » une simple baguette coupe un faisceau laser, et l’ordinateur se charge de relayer l’intention en action, le mouvement en son. Il est enthousiasmant de constater combien nombreuses sont les initiatives et inventions actuelles dans ce domaine, même s’il reste encore beaucoup à faire pour qu’elles servent au plus grand nombre.
 
L’expérience et la réflexion avançant, on ne parle plus d’intégrer dans l’école des élèves en situation de handicap, mais de rendre l’école « inclusive ». De même, pour toutes les expressions de la vie culturelle, le progrès à l’avenir sera de les penser pour tous les jeunes, quels que soient leurs besoins spécifiques.
 
 Dominique Delaunay-Verneuil
Chargée de mission pour les ressources numériques au CRDP de l’académie d’Aix-Marseille, et responsable de l’action IntégraTice.
Dernière modification le vendredi, 10 octobre 2014
Delauney Verneuil D

Chargée de mission pour les usages du numérique au CRDP de l’académie d’Aix-Marseille. 

Responsable de l’action IntégraTice, pour la promotion des innovations technologiques au service de la pédagogie, en direction des élèves en situation de handicap

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