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Le bulletin officel de juin 2008 fixe l’enseignement d’une langue étrangère à 54 heures annuelles pour le cycle 2.
Pour cela, plusieurs solutions ont été mises en place dans les écoles : intervenants, professeurs du collège, échanges de service entre enseignants et enfin l’enseignant de la classe, ce qui est mon cas.
Mais concrétement, comment cela se passe avec les élèves ?
Il n’est pas rare de rencontrer des réticences de la part de ces derniers et cela même à 6 ans :
" Oh non , pas anglais, je ne vais rien comprendre..."
Mais en fin d’année scolaire, l’attitude est toute autre, pour mon plus grand plaisir et surtout le leur !
 
Les recherches montrent bien que l’enseignement d’une langue étrangère doit se faire dès le plus jeune âge, les enfants étant capables de reproduire plus facilement le modéle intonatif et de le mémoriser durablement.
C’est exactement ce que j’ai pu observer avec mes CP.
Dans notre classe, les moments d’échanges en anglais sont quotidiens avec des comptines traditionnelles, des jeux, des chants, des albums, les consignes ou le vivre ensemble.
Dès le début de l’année, l’implication des élèves, déjà initiés en GS, est indéniable. L’expression en français de la part de l’enseignant n’est plus et le recours au mime, à l’intonation sont de véritables alliés pour que les enfants accédent à une pleine compréhension.
 
Très rapidement l’enseignant s’efface et les élèves échangent presque naturellement en anglais sur leur humeur (avec les gestes, bien évidemment), leur famille (certains sont parfois très déçus de ne pas avoir de little sister or brother, juste pour le plaisir de le dire !)
Sans oublier l’alimentation car ces derniers ont bien souvent une faim imaginaire propice au réemploi du vocabulaire mémorisé lors des séances hebdomadaires.
 
Autres points plus qu’intéressant sur lesquels les chercheurs mettent l’accent sont la mémorisation et la reproduction du schéma accentuel.
En effet, les CP répondent déjà en reprenant les mots de la question. Quelle surprise, lorsqu’un élève de 6 ans vous répond avec des phrases du type "Yes, I do", "Yes, I have" alors qu’il faut se battre pour avoir de telles réponses avec des élèves de CM.
  
Autre curiosité, lorsqu’ ils proposent des mots en anglais lors des séances de pure phonologie. Ils sont donc capables de faire appel au stock de mots disponibles quelle que soit la situation donc de transférer. N’est-ce pas un moment de fierté lorsqu’un élève baille puis dit "I’m tired !" ?
Bien sur, tout cela est un travail quasi quotidien avec des moments d’anglais de 10 minutes par jour en plus des séances traditionnelles hebdomadaires.
 
Et les outils numériques dans tout ça ?
Leur apport est incontestable.
Tout d’abord, le web offre d’innombrables ressources didactisées, offrant l’image mais surtout le son. Parfait pour les enseignants non habilités ou ceux manquant de confiance mais aussi pour familiariser les élèves à d’autres accents.
A cela, ajoutons des sites destinés aux petits anglais parfaitement abordables pour nos élèves qui se réjouissent d’apprendre l’anglais en jouant sur les mêmes sites que leurs camarades.
Et plus récemment le développement des applications pour tablettes qui constitue des ressources non négligeables, paramétrables, et personnalisables : un élève peut ainsi visualiser une comptine et enregistrer sa propre voix au fil des images qui défilent !
 
Toutes ces ressources permettent aussi un visionnage en dehors des murs de l’école, prolonger le travail commencé en classe à la maison et ainsi créer un autre lien entre parents (et frère et soeurs), élève et enseignant.
 
Mais l’utilisation du numérique ne s’arrête pas à des ressources toutes faites, il permet surtout de partager cet apprentissage.
Pourquoi ne faire de l’anglais que dans la classe ? Il est très important de communiquer, de partager ces apprentissages. Et cela grâce à l’enregistrement des voix des élèves !
L’anglais peut donc se faire à tout moment, en groupe ou individuellement grâce à un baladeur, un ordinateur ou une tablette.
 
Une question reste quand même en suspend : comment faire pour que cette envie, cette participation et ces échanges se pérennisent tout au long de leur scolarité ?
An@é

L’association, fondée en 1996, à l’initiative de la création d’Educavox en 2010, en assure la veille et la ligne éditoriale, publie articles et reportages, crée des événements, valorise les innovations, alimente des débats entre les différents acteurs de l’éducation sur l’évolution des pratiques éducatives, sociales et culturelles à l’ère du numérique.

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