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La vie sur terre est écosystémique nous vivons dans des biotopes, des niches écologiques. Nous, les "hommes" nous cherchons à tout explorer, tout connaître, tout maîtriser et enfin tout gérer. Nous ne reculons absolument devant rien pour un surplus de confort matériel. Nous détruisons notre "pachamama" sans vergogne, qui plus est sans avoir une demi seconde l'intention de le faire.

On est trop occupé à nos petites activités, à nos travaux divers (au passage rappelons nous qu'à la question : "et si vous aviez eu un regret dans votre vie? " les mourants déclarent, "avoir le courage de vivre ce que je voulais" "travailler moins jouir plus de mes proches" "exprimer mes sentiments", "garder un contact avec mes amis", "me donner plus de bonheur" (http://www.huffingtonpost.fr/elisha-goldstein-phd/les-cinq-plus-grands-regr_b_3938922.html ).

Pourtant nous les "hommes" possédons des milliards de téléphones, de voitures, d'écrans sophistiqués, cela nous éloigne de la mort en nous conférant un sentiment divin (ubiquité, téléportation, communication instantanée), cela nous éloigne aussi de notre nature humaine profonde qui est la connexion aux autres, la communication et l'amour d'autrui.

Cette profonde peur de la mort ne saurait être réduite par l'accumulation de biens matériels ou des voyages toujours plus beaux, ou encore par un étourdissement dans les voluptés que nous propose le monde de la consommation qui pousse vers toujours plus de croissance et fait dire à nos politiques sans aucune prise de distance : la seule solution c'est la croissance. Si on avait plus de croissance il y aurait moins de chômage et tous nos maux seraient réglés.

Le monde végétal est pourtant exemplaire.

Les arbres ne croissent pas sans limites. L'un des plus grands mesurerait 115 mètres. Il s'agirait d'un sequoia, vieux de plus de 2000 ans. L'arbre de Tulé produit aussi des arbres très larges. Mais tous ces arbres connaissent des limites à leur croissance. Pour se perpétuer et poursuivre leur vie, ils développent leur écosystème. Ils sont à l'origine de magnifiques forêts, ou d'autres bifurcations du vivant et portent loin leurs graines. Ils ne s'expriment pas qu'en cherchant à percer le ciel.

De la même façon que la croissance continue est impossible pour des êtres pourtant si robustes, tels que les arbres, la croissance continue est impossible pour les économies, Frank Fennec un scientifique australien a même émis la possibilité de l'extinction de l'espèce humaine d'ici 100 ans.

Tout le monde connaît le coût de l'empreinte écologique et le calcul disant qu'il faudrait "5 planètes terre" pour soutenir le mode de vie des américains, ou 3 pour celui des européens.

L'hypothèse Gaia faisant de la terre "un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d'années en harmonie avec la vie" avancé par Lovelock dans les années 70 est de plus en plus étayée. Les actions de "nous les hommes" ont des répercussions systémiques sur le climat, les températures. Plutôt donc que de croitre sans cesse comme si nous n'étions pas limités, mieux vaudrait s'intéresser à nous développer intérieurement mais aussi à nous interconnecter pour donner plus de sens à nos vies, faire des choses qui ont du sens à nos yeux.

Bien sur les sujets qui évoquent notre propre mort sont pénibles et chassés méthodiquement de nos esprits par des distractions, bien évidemment les porteurs de mauvaises nouvelles telles que la disparition possible de l'espèce humaine sont rejetés, mais, il est possible de construire ensemble des modèles de développement plus résilients, moins destructeurs des hommes et des territoires qui nous abritent, moins générateurs de conflits. On peut le faire de façon joyeuse dans tous les domaines de nos vies, des exemples pullulent dans le film "Demain".

La question que je me pose est : nous savons tous cela, alors qu'est ce qu'on attend?

Denis Cristol

 

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Dernière modification le vendredi, 08 avril 2016
Cristol Denis

Directeur de l’ingénierie du CNFPT. Membre du comité scientifique de la revue SAVOIRS. Vice président de l’AFREF. Docteur en sciences de l’éducation. Soutenance d’une thèse sur "La fabrique des managers : identités et rapports aux savoirs"
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