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Billet en rapport

En complément de mon dernier billet (juillet 2015) je souhaite préciser mes intentions au regard de l’analyse sur l’espace privé de formation (nous dirons par simplification le domicile).

Je disais : « Il conviendra donc  de construire et de définir  l’espace de travail personnel. Là où l’on imagine une forme de liberté, peut se cacher une forme de servitude – La servitude technologique« 

Le domicile est un lieu d’une grande complexité et cela pour au moins deux raisons essentielles :

  • Les appartements, les maisons ne sont pas (ou peu) adaptés aux besoins des utilisateurs. On peut lister quelques éléments qui expliquent cette inadaptation :
  • L’ancienneté des maisons et / ou l’inadaptation technologique des lieux
  • Les dimensions des « domiciles ». Le pourcentage de personnes vivant en milieu urbain ne cesse de s’accroître. La pression urbaine augmente le coût d’investissement, le prix du M2 pour les propriétaires augmente, les loyers pour les locataires augmente aussi. Les arbitrages financiers tendent à revoir à la baisse la surface habitable. Dans ces conditions il y a une pensée pour la salle de séjour, la cuisine, les chambres mais très peu pour le bureau et / ou le lieu de télétravail
  • La situation géographique du domicile et une forme de loterie en matière de connexion. Ce n’est pas la possibilité de se connecter qu’il faut prendre en compte mais bien le type de connexion qui est distribué sur le lieu. La France est loin d’être équipée harmonieusement en THD ;
  • La présence de masses de fer dans les appartements qui nuisent aux connexions, les appartements à étage qui réduisent l’efficacité du wifi, le faible équipement en prises électriques, l’absence de branchement pour les courants faibles, la mauvaise insonorisation, le passage aléatoire des débits 3G, 4G, l’absence de branchements collectifs dans les résidences et la nécessaire décision de la copropriété … ;
  • Les constructeurs de résidence ont-ils à ce jour intégré totalement le champ des possibles en matière de télétravail ? Je profite de ce développement pour solliciter à distance les constructeurs qui pourraient me lire pour engager le débat. Par défaut au regard de mes recherches, je constate que les livrables immobiliers pour les particuliers sont conçus plutôt pour l’ancienne économie.
  • Le facteur humain est l’autre dimension du problème. Isolé dans son espace privé on se prive de l’aide du technicien « corporate« . Il faut ici s’en remettre à des considérations intuitus personae. Chaque individu aura un bagage technologique spécifique qui conditionnera largement l’efficacité de son système technologique. C’est ici que je convoquerais à nouveau le concept de bricolage, eu égard aux éléments listés ci-dessus. Ne pouvant compter que sur eux mêmes, l’enseignant et l’apprenant doivent développer des stratégies pour entre dans la sphère du « faire ». Ce sont ces nécessaires bricolages qui feront la différence. Une différence qui peut être vertueuse en accédant à la connectivité ou alors vicieuse au sens ou elle peut avoir des conséquences néfastes. Je pense ici aux branchements sauvages rendus nécessaires par la multiplication des objets électriques (imprimantes, smartphone, box, téléphone fixe, tablettes, NAS, serveurs, ventilateurs, CPL, spot wifi …). J’imagine que l’utilisateur lambda ne se pose pas systématiquement la question de la sécurité électrique, elle est pourtant fondamentale (risque de surchauffe par branchements nombreux sur la multiprise, risque de rupture par la foudre, danger des câbles qui circulent anarchiquement, appartement surchauffé l’été qui peut entraîner des ruptures sur les appareils numériques …

On voit poindre ici un ensemble de questions pour l’avenir proche. Faut-il prévoir un vademecum des installations numériques pour le domicile ? Peut-on imaginer un audit technique de la part de l’employeur, quid de la sécurité au travail ? Comment imaginer les appartements à venir dans un environnement ou se développe le télétravail, que faire si un salarié est situé dans une zone mal desservie ?

Je pense qu’il va falloir se saisir au plus vite de ces questions qui sont sensibles de mon point de vue. Cet ensemble d’interrogations s’applique bien évidemment aux dispositifs de e.learning.

J’ouvre le débat…

Moiraud Jean-Paul

Cherche à comprendre quels sont les enjeux des perturbations du temps et de l'espace dans les dispositifs de formation en ligne. J'observe comment nous allons passer du discours théorique sur les bienfaits des modes collaboratifs à l'usage réel. Entre collaboration sublimée et usages individualistes de pouvoir, quelle place pour le numérique ?
 
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