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Certainement "pas dans les niveaux élémentaires" affirme Bernard STIEGLER. Pourquoi une telle réserve ? Et que sont alors ces urgences ?
A l'occasion du salon européen de l'Education, le Conseil Régional d'Ile de France organisait une table ronde animée par Julie GACON journaliste à France Culture sur le thème du numérique 20 ans après l'apparition du Web.
Parmi les intervenants, Bernard STIEGLER.
Ce philosophe qui dirige l'Institut de Recherche et d'Innovation au sein du Centre Georges Pompidou qu'il a créé en 2006, est à l'origine de nombreuses initiatives qui participent à la réflexion « sur les enjeux des mutations actuelles - sociales, politiques, économiques, psychologiques - portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques".
C'est ainsi qu'il préside le groupe de réflexion philosophique Ars Industrialis ("Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit ") qu'il a également créé.
Auteur de très nombreuses publications, il signait il y a un an avec Julien Gautier, Denis Kambouchner, Philippe Meirieu et Guillaume Vergne un livre d'entretiens L'École, le Numérique et la Société qui vient (Mille et une nuits) sur le thème de l'éducation et la société transformées par le numérique. Il a été nommé en janvier 2013 au nouveau Conseil National du Numérique.

Dans son intervention Bernard STIEGLER réaffirme l'importance de l'éducation dans la société mais précise : « l'éducation c'est une mission de service public, c'est la condition fondamentale de toute société, mais aujourd'hui c'est avant tout perçu comme un marché ».

Quant au numérique dont " le processus de développement est inéluctablement en route" , il "présente, dit-il, un très fort potentiel de positivité. Ce nouveau type d'écriture promet énormément" car il ouvre "des démarches de contribution et permet de travailler autrement".

La France et l'Europe ont pris un net retard regrette-t-il, elles doivent contribuer à la vie de l'esprit planétaire et c'est sur le web que s'invente l'économie de demain .
"Le web c'est l'instrument de la planétarisation par excellence.... mais il faut voir ces phénomènes d'un point de vue systémique ...et les enjeux ne sont donc pas du temps d'un mandat électoral .."
Il y a donc urgence et il faut "bien sûr agir immédiatement pour résoudre les problèmes". Toutefois, "la vitesse de pénétration du numérique ne permet plus la transmission intergénérationnelle du savoir comme a pu le faire l'imprimerie".

Il faut donc aussi simultanément engager des projets massifs et significatifs "pour accompagner la pénétration du numérique dans le système académique" ; il s'agit d'un enjeu industriel fondamental et urgentissime pour la France et l'Europe.

La recherche doit se saisir d'urgence de tous ces dossiers, en faire des sujets d'étude et en construire la critique..
Dans l'École, il lui parait ainsi essentiel "pour pouvoir pratiquer une technologie d'avoir acquis les technologies qui ont permis la production de cette technologie, car sinon on n'a pas un point de vue critique" .

La formation des maîtres est à cet égard primordiale.
On comprend alors la raison pour laquelle Bernard STIEGLER est "personnellement absolument hostile à la pénétration du numérique dans les niveaux élémentaires". C'est ce qu'il a développé lors de la concertation menée sur le projet de loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République.

Claude TRAN



Débat au Salon de l'Education novembre 2012 : L'éducation, vingt ans après l'apparition du World Wide Web

Un consensus semble se dessiner sur le fait que l'intégration de l'écriture numérique au sein de l'école est une nécessité évidente. La question concerne les conditions de son introduction.

- De quoi parle-t-on précisément sous le nom de numérique ?
- Comment la pratique du numérique se présente-t-elle dans l'enseignement secondaire et quel y est le rapport pédagogie/discipline ?
- Quelle est la place du numérique et plus généralement de la technique et de la technologie dans le devenir des disciplines scientifiques ?

Animé par Julie Gacon, journaliste reporter à Radio-France, et Bernard Stiegler, philosophe

Avec la participation de : Bernard Stiegler, UTC et université de Londres, IRI, philosophe Marcel Gauchet, EHESS, directeur de la revue Le Débat, philosophe Maryanne Wolf, Tuft university, psychologue Julien Gautier, Lycée Pierre d'Ailly de Compiègne, philosophe Frédéric Kaplan, école polytechnique fédérale de Lausanne, polytechnicien Jean-Marc Lévy-Leblond, université de Nice, directeur de la revue Alliage, physicien
Dernière modification le lundi, 10 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é co-fondatrice d'Educavox et membre du Comité de rédaction .

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