fil-educavox-color1

L’engagement de la Ville d’Angers depuis trois ans
La ville d’Angers communique sur l’expérimentation mise en place depuis trois ans dans le cadre de l’aménagement des temps scolaires et déployée sur l’ensemble des écoles de la ville. Contexte, suivi d’expérimentation et mise en oeuvre.
En mai 2008, lors de la publication par le ministère de l’éducation nationale du décret supprimant la classe le samedi matin, la Ville d’Angers s’est saisie du dossier. Le décret stipulait la possibilité pour les écoles de s’organiser sur neuf demi-journées en comprenant le mercredi à la place du samedi. C’est ainsi qu’en lien avec les parents d’élèves, les enseignants et les partenaires locaux, sur l’ensemble des écoles de la ville, une réflexion sur la réorganisation du rythme scolaire a été menée à l’échelle de la ville. Celle-ci a aboutit à l’expérimentation menée depuis trois ans par l’école de l’Isoret. Une expérimentation réussie qui sera déployée à l’ensemble des écoles angevines dès la rentrée 2013. 
 
Suite à une demande des parents et des enseignants, le groupe scolaire de l’Isoret s’est engagé à la rentrée 2009 dans l’élaboration d’un nouvel aménagement des temps scolaires et péri scolaires. Convaincue du bien-fondé de l’organisation sur neuf demi-journées, la Ville d’Angers a soutenu le groupe scolaire dans cette démarche, notamment en réfléchissant à des solutions pour faire le lien entre l’école et l’accueil de loisirs le mercredi. La modification du calendrier scolaire est un enjeu important qui a de nombreuses incidences : sur les accueils du matin et soir, la restauration, les activités péri et extra scolaires. Ainsi, l’évolution des temps de l’enfant ne peut être pensée sans prendre en compte, l’offre socio-éducative sportive, culturelle et artistique locale.
 
Ainsi depuis trois ans, l’évaluation est mise au point sur le champ de « L’enfant, sa santé, sa scolarité ». Conduite par Claire Leconte, professeur chrono biologiste et professeur en psychologie de l’éducation, avec la collaboration de Christophe Boujon, maître de conférence en psychologie cognitive, de stagiaires de l’IUFM et d’étudiants, cette évaluation « à 360° » vise à apprécier les incidences du nouveau rythme scolaire sur le développement de l’enfant : sommeil, vie quotidienne (petit déjeuner, alimentations…), attention et apprentissages, comportements (école, péri-scolaire, loisirs…), qualité de vie scolaire (climat…), professionnelle (enseignants, autres intervenants…), familiale (enfants et parents).
 
Ce sont le bien-être et la réussite scolaire de l’enfant qui sont au cœur de cette réflexion. Articuler au mieux les différents temps et activités, mieux les équilibrer tout en conservant des repères structurants et en prenant en compte les temps indispensables de récupération… tels sont les éléments qu’il était nécessaire de questionner.
 
 
Interview de Frédéric Béatse, maire d’Angers
 
Pourquoi passer à quatre jours et demi dès la rentrée 2013 ?
 
Nous appliquons une décision gouvernementale. À la rentrée 2013, la semaine passe à quatre jours et demi sauf dans les communes qui ont fait une demande de report. Nous n’avions aucune raison de réclamer cette dérogation car nous sommes capables d’assumer ce changement maintenant, d’autant que nous avons déjà expérimenté la semaine de quatre jours et demi dans un groupe scolaire, celui de l’Isoret.
Pourquoi attendre alors que tous les spécialistes de l’enfance s’accordent à dire que cette réforme est un progrès par rapport à la situation actuelle ? En outre, l’Etat accompagne financièrement les communes qui mettent en œuvre la réforme dès 2013. Cette aide nous sera bien utile quand on sait que toute réforme nécessite des ajustements, donc des surcoûts.
 
Quels sont les avantages de cette réforme ?
 
Je tiens à faire un petit rappel historique. En 2008, en dépit du bon sens, le gouvernement d’alors supprimait l’école le samedi matin. Médecins, chercheurs, psychologues, enseignants… tous les spécialistes de la question ont aussitôt crié à l’aberration. On concentrait, sur seulement quatre jours, un temps d’apprentissage qui était déjà auparavant réputé comme l’un des plus soutenus au monde. Quatre jours et demi ce n’est qu’un retour à un rythme plus respectueux des enfants.
En effet, pour bien grandir, les jeunes enfants ont besoin avant tout de régularité dans leur rythme de vie et leur sommeil. Moins de ruptures, c’est moins de fatigue accumulée, donc moins de stress, de maladies, de difficultés d’attention, de troubles du comportement, de violence… Et quand les enfants vont mieux, les enseignants et les parents sont, eux aussi, moins stressés.
 
Comment cela se traduit dans vos choix ?
 
Premièrement : en réinvestissant le mercredi matin, on déconcentre les apprentissages. Deuxièmement : en mettant en place deux fois par semaine, à partir du milieu d’après-midi, des activités périscolaires gratuites, on ouvre de nouveaux horizons aux enfants. Cette meilleure prise en charge profitera avant tout aux enfants issus des milieux modestes qui n’avaient pas nécessairement accès à ce type d’activités. Il ne faut jamais oublier le versant social de cette réforme. D’autant que nous savons, grâce à notre expérience de l’Isoret, que nos animations périscolaires peuvent créer un climat de confiance et renouveler la relation avec l’école de certains enfants réticents.
 
Comment avez-vous procédé pour faire votre choix d’organisation de la semaine ?
 
Depuis le début de l’année, nous avons multiplié les rencontres avec tous les acteurs du milieu éducatif : direction académique, direction diocésaine, enseignants, parents d’élève, personnels municipaux, maison de quartier, associations sportives, culturelles et d’éducation populaire… Ainsi, nous avons pu avoir la vision la plus globale afin de proposer en ce 13 avril la solution qui nous semble la plus équilibrée. Cette rencontre du 13 avril destinée aux parents est d’ailleurs l’aboutissement d’un important processus de concertation mené auprès des familles angevines. Des centaines de personnes ont ainsi participé à nos cinq rencontres dans les quartiers. Un intérêt qui a été confirmé par le nombre considérable de retours de notre questionnaire envoyé à toutes les familles. 4 000 réponses sur les 9 000 familles destinatrices !
 
Lire l’intégralité de l’article dans le dossier ci-dessous
Dernière modification le lundi, 30 mai 2016
An@é

L’association, à l’initiative de la création d’Educavox, en assure la veille et la ligne éditoriale, publie articles et reportages, crée des événements, alimente des débats entre les différents acteurs de l’éducation sur l’évolution des pratiques éducatives, sociales et culturelles à l’ère du numérique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.