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Nommée par le premier ministre Manuel Valls, en octobre 2015, parlementaire en mission sur les rythmes scolaires, la Vice-Présidente du Sénat Françoise CARTRON vient de lui remettre son rapport intitulé "Une réforme dans le rythme : vers une nouvelle étape qualitative".

Lors des visites sur le terrain les interlocuteurs de la mission « ont généralement fait état de difficultés à mettre en œuvre la réforme ».

Le rapport fait toutefois le constat que « les territoires ruraux portent aujourd'hui des projets très réussis et attractifs pour leurs territoires et leurs administrés ».
Des « ajustements » sont nécessaires pour que cette réforme atteigne « sa vitesse de croisière. » précise le rapport qui fait des propositions d'amélioration sous la forme de 25 préconisations pour simplifier les dossiers, former et qualifier les intervenants, enrichir les propositions de ressources, s'adapter à la diversité des territoires et des enfants, coordonner les actions, stabiliser les moyens financiers et humains.

Dans cette deuxième partie de notre entretien la sénatrice de la Gironde revient en particulier sur la mise en place des NAP en maternelle et sur la fatigue des enfants : « il faut rester dans le respect du rythme de l'enfant » dit-elle.
L'Education nationale n'est pas épargnée : « La mobilisation ( des corps d'inspection ) est inégale » ajoute-t-elle. « Il faut faire le saut qualitatif » en articulant les activités des temps péri-scolaires avec les contenus des activité scolaires et « repenser la pédagogie dans cette nouvelle matinée de classe ».

Les moyens sont-ils suffisants ?
Cela dépend d'où partent les communes mais au maximum l'augmentation du budget des communes pour financer les NAP est selon la sénatrice de 1%, ce que confirme la Cour des Comptes.
Pourquoi les élus rencontrent-ils des difficultés pour obtenir les financements de la CAF ? 50% des communes seulement en ont bénéficié.
« Il faut que le choc de simplification s'applique à la CAF ! » précise la rapporteure . Le rapport là aussi très critique, fait à cet égard des propositions très précises.

Et le numérique ?
Jean François CAUCHE qui anime un atelier numérique dans le Nord résume ainsi ces activités : « le temps périscolaire amorce une relation nouvelle avec les enfants et facilite l'expérimentation, au travers du « do it yourself » numérique, de l'initiation à la programmation, au code, à l'électronique et au circuit bending (..) Ce n'est pas un cours et cela change tout. »
Les modules numériques, ce sont aussi les ateliers basés sur l'utilisation de Thymio ( conçus par une équipe de l'INRIA ) un petit robot en Open source « pour faire des enfants , des petits chercheurs et faire du travail collaboratif.

Alors, peut-on envisager un retour à la semaine de 4 jours ?

"Au départ, nous étions très réticents, affirme le maire de Concriers. Aujourd'hui ça tourne bien et personne ne s'en plaint" 

En plaçant "la concertation locale au cœur de la question éducative pour élaborer et co-construire des projets prenant en compte la globalité des temps de l'enfant » le législateur a remis l'école au cœur des projets politiques locaux. Une école qui en milieu rural est le plus souvent le " projet politique des élus" tant elle conditionne très souvent la vie et le devenir de la commune.

Les maires sont très attachés à leur école,
" Ils savent que de la qualité de l'offre dépend l'attraction de nouveaux habitants ou la fixation de ceux qui ont des enfants dans le territoire."

Claude TRAN
Vice-Président de l'An@é

Les 25 préconisations du rapport

SIMPLIFIER LES DOSSIERS

1. Clarifier l'offre des activités proposées : valoriser l'intérêt des activités ludiques et collaboratives ; déconstruire le discours de l'atelier idéal ; valoriser les apprentissages informels auprès des enseignants et des parents (enrichissement culturels, vivre-ensemble, etc.) ; repenser les heures dédiées aux APC .

2. Alléger les procédures attribution des aides de la CAF : constituer un dossier unique ; fluidifier le transfert d'information entre DDCSPP et CAF : choc de simplification

FORMER ET QUALIFIER

3. Valider l'expérience d'acquis professionnels par un diplôme pour les animateurs ( niveau 5) et pour les coordonnateurs (niveau 4 ) #formation

4. Associer le @cnfpt à ces parcours diplômants dans le cadre de formations conjuguées #formation

5. Pour les formations DDCSPP alléger les conditions d'obtention du BPJEPS

6. Prévoir des modules spécifiques interprofessionnels dans ESPE dans le but d'établir une culture commune le plus tôt possible #formation

7. Valoriser la participation des bénévoles : procédure de candidature et de recrutement à l'échelle du territoire unique , proposer deux journées de formation ; établir une banque de ressources locales.

8.Reconnaître l'implication des étudiants qui encadrent des NAP ou les coordonnent dans leurs parcours universitaires.

ENRICHIR LES PROPOSITIONS

9. Diversifier l'offre pédagogique et éviter l'essoufflement : créer une plateforme de partage de ressources nationale et départementale ; conceptualiser des «malles de parcours d'activités», à proposer ensuite aux élus

10. Réaliser dans chaque département un bilan quantitatif et qualitatif de la mise en œuvre de la réforme. Dans le cas des après-midi libérés : vigilance à la qualité des activités, à l'accessibilité aux familles les plus démunies et à la fréquentation qui ne devrait pas être inférieure à 50%.

11. Mobiliser les ressources thématiques locales (musées, associations, parcs naturels, etc.) dans des formations thématiques d'activités

S'ADAPTER A LA DIVERSITE

12. Engager une réflexion avec l'ensemble des acteurs à l'échelle d'un PEDT afin de prendre en compte de façon globale la problématique de la fatigue des enfants

13. Prévoir des modules spécifiques aux rythmes de l'enfant et à leurs implications didactiques, au sein des ESPE. Mobiliser particulièrement les corps d'inspection du premier degré.

14. Poursuivre l'approche spécifique en maternelle : différencier l'application de la réforme en maternelle en privilégiant des temps d'activités calmes et de repos sur la pause méridienne ; s'appuyer sur les DASEN et les IEN pour porter l'intérêt pédagogique de ces propositions ;

15. Faciliter les participations des enfants en situation de handicap au TAP. Le rapport détaille les propositions dont celle d'associer le Defenseur des droits aux groupes d'Appui Départementaux.

COORDONNER

16. Mettre en place au niveau national un groupe de suivi interministériel.

17. Mobiliser les Groupes d'Appui Départementaux : renforcer la collaboration sur des formations croisées, réaliser un bilan dans chaque département, accompagner les communes dans leur démarche d'évaluation.

18. Faciliter la mise en œuvre des NAP au niveau intercommunal, échelon pertinent de mutualisation des ressources humaines et matérielles

19. Revoir le fonctionnement des conseils d'école en associant davantage les élus à l'ordre du jour .

STABILISER

20. Réaffirmer la pérennisation des aides de l'Etat et asseoir définitivement les expérimentations règlementaires sur les taux d'encadrement et les organisations horaires qui permettent des assouplissements adaptés aux réalités locales.

21. Affiner le mode de calcul de l'attribution de la DSR cible en prenant en compte le lieu d'habitation des enfants.

22. Engager les départements à faire preuve d'une démarche volontariste en matière d'accompagnement des communes sur les transports d'enfants.

23. Prolonger les emplois d'avenir qui arrivent à terme à la rentrée 2016 pour les communes s'étant engagées dès 2013

24. Valoriser l'engagement des communes à travers la mise en place d'un label !

25. Stabiliser, renforcer contrats de travail en établissant un lien avec des structures qui recrutent des professionnels de l'animation ( CCAS, EPAD, espaces services ..)

Dernière modification le vendredi, 03 juin 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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