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ArkéoTopia propose des ateliers aux élèves d’écoles élémentaires parisiennes - Jean Olivier GRANSARD DESMOND est archéologue et Président fondateur d’ArkéoTopia une jeune association dont la vocation est de porter un autre regard sur l’archéologie d’aujourd’hui en accueillant et soutenant les professionnels, les étudiants et les amateurs français et étrangers du domaine, mais surtout en contribuant à vulgariser la recherche archéologique auprès du public et particulièrement des plus jeunes .
La création d’un lien plus fort entre le grand public et le monde de la recherche archéologique se fait par exemple grâce aux ArkéOdyssées qui emmènent les participants plusieurs fois par an sur des chemins de traverse à la découverte de lieux riches d’Histoire et d’histoires .
Mais c’est surtout en direction des jeunes enfants et des adolescents que se développent les projets de cette association qui souhaite les sensibiliser à la culture scientifique et technique via l’archéologie. Conçus par des médiateurs scientifiques en archéologie et animés par des animateurs scientifiques en archéologie, les Secrets d’Arkéo et les ArkéoKids sont des ateliers qui permettent au jeune public de découvrir non seulement l’archéologie, mais également son impact dans la vie quotidienne (le patrimoine, l’environnement, la société en général).
ArkéoTopia a ainsi rejoint les 550 associations partenaires de la Mairie de Paris qui animent depuis l’an dernier 5000 ateliers toutes les semaines dans le cadre de l’Aménagement des Rythmes Educatifs.
Pour Olivier Gransard Desmond :
« le réaménagement du temps scolaire a vocation à mieux répartir le temps d’apprentissage académique pour faciliter l’apprentissage des enfants. Le temps libéré de 3 heures n’a donc pas vocation à être du temps de repos ou de garderie, mais bien un temps différent où les enfants peuvent avoir accès à des activités artistiques, culturelles et sportives abordées de façon différente qu’à l’école : qui dit animation scientifique dit réflexion. Loin du simple jeu et de la découverte par une histoire, nous faisons intervenir activement les enfants et nous sollicitons donc leur cerveau. C’est ainsi que les enfants ont découvert l’an dernier, l’Égypte du temps des pharaons au travers de l’orfèvrerie et la France du temps des Gaulois au travers de la métallurgie.
Comment pouvons-nous y arriver avec des enfants si jeunes et un mélange des âges allant de 6 à 11 ans ?
En déroulant un suivi large, en installant le contexte, en faisant progresser la réflexion pas à pas, en utilisant des jeux pour fixer l’attention et en incluant des activités manuelles. Par exemple, la thématique sur les Celtes est enrichie de la fabrication d’une épée et celle sur l’Égypte antique de la fabrication d’un bracelet.
 
Grâce à une mise en situation, les enfants découvrent la réalité de la discipline archéologique par rapport à la paléontologie et à d’autres disciplines scientifiques. Ils découvrent également la différence entre artisan et scientifique. Ils développent leur esprit critique. Ils apprennent à jouer ensemble et ainsi à se respecter tout en tirant parti de leurs points forts pour une production en équipe. Autrement dit, ils découvrent le monde et apprennent à réfléchir. Ils développent leur sens de l’initiative et surtout comprennent ce qu’ils font là et s’y intéressent.
Dans le cadre de l’ARE, ce qui est abordé et que découvrent les enfants avec l’atelier “Sur la piste des êtres humains….” c’est une suite logique de compréhension de la vie. »
Ces activités d’éveil, de découverte, de création, favorisent également la socialisation et l’autonomie, constatent les rapporteurs de la Mission d’Evaluation de l’aménagement des rythmes éducatifs à Paris réalisée par ICC avec le concours de l’INJEP Les enfants vivent ces ateliers comme des lieux de jeu et d’apprentissage .
Extraits du rapport ces quelques paroles d’enfants :
- En atelier il y a place pour l’improvisation.
- En classe il faut travailler et se concentrer, en atelier on s’amuse, même s’il faut parfois réfléchir.
- En classe tout le monde doit faire en même temps . Ici c’est différent
- Les activités ça sert à découvrir d’autres personnes
- Dans l’atelier on parle plus facilement. En classe tu dois écouter
- En classe on n’a pas la même imagination ….
Jean Olivier Gransard Desmond dans cette interview réalisée pour Educavox fait une suggestion :
« L’animation scientifique pour les enfants pourrait être un foyer d’idées pour les chercheurs car les questions que posent les enfants ne sont pas censurées, ils s’autorisent toutes les questions possibles et réussissent parfois mieux que des étudiants en Master.. »
La recherche scientifique devient alors un"vrai modèle d’apprentissage" .
Célestin FREINET, déjà en 1934, affirmait que l’enfant apprend par « tâtonnement expérimental » et ses « invariants pédagogiques » constituent aujourd’hui encore un bon référentiel de base.
Pour François TADDEI, Directeur de Recherche à l’INSERM et directeur du Centre de Recherche Interdisciplinaire, tous les enfants naissent « chercheurs » .
Il précise toutefois que "les publications scientifiques d’enfants sont rares ...et quand elles existent elles sont d’abord le cas d’enfants de chercheurs...Mais - ajoute-t-il - dans le projet des Savanturiers du CRI.
“On a confié récemment à une classe de ZEP en banlieue parisienne une colonie de fourmis pour observation… Et bien les enfants ont observé quelque chose que les myrmécologues (les spécialistes des fourmis) de Jussieu n’avaient jusqu’à présent jamais observé…” " comme le raconte très bien le blog éducation l’école de demain.
En incitant les enfants à questionner en liberté et surtout à émettre des propositions de réponses qui se confrontent à leurs observations, on leur permet d’acquérir la démarche expérimentale propre à la recherche scientifique.
Il s’agit d’une méthode qui développe l’esprit critique, qui donne libre cours à l’imagination créatrice, qui nécessite la confrontation aux autres et permet la production partagée fruit de l’intelligence collective.

Claude TRAN

Dernière modification le vendredi, 07 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é co-fondatrice d'Educavox et membre du Comité de rédaction .