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Les publications sur les MOOCs présentent cette caractéristique, tout comme ce qui est nouveau d’apparaître d’abord comme avant-gardiste donc prometteur et solution d’avenir. Ce sont les deux O d’On-line et d’Open qui portent ces espoirs et l’enthousiasme premier. Il est vrai qu’accéder sur la toile à des cours gratuits élaborés par les professeurs les plus éminents des grandes universités américaines constitue une véritable révolution dans le monde universitaire et une opportunité que des milliers, voire des millions d’ « étudiants » peuvent s’offrir.
Surtout lorsque l’on connaît le montant des frais d’inscriptions dans ces mêmes universités ; une année universitaire coûte de 6000 à 10 000 dollars dans une Université d’Etat aux USA (plus de 50 000$ à Harvard) ce qui oblige nombre d’étudiants malgré un système de bourses de travailler et surtout d’emprunter pour payer leurs études.

Mais alors pourquoi proposer massivement ces cours en ligne ?

On peut, de prime abord, se satisfaire de cet aspect positif qui par ailleurs oblige nombre d’universités dans le monde à faire de même. Et l’on ne pourra qu’apprécier le fait de trouver enfin, gratuitement, les cours de nos professeurs d’Université disponibles sur Internet !
Certaines Universités pratiquent déjà la mise en ligne de Polycopiés de cours d’enseignants rédigés par des étudiants. Mais c’est plutôt exceptionnel.

Les observateurs plus critiques émettent l’idée selon laquelle l’Education étant un marché lucratif dans une compétition mondiale, les plus réputées et les plus « riches », souhaitent capter le marché de la formation mondiale grâce aux MOOCs. (le capital d’Harvard est supérieur à 35 milliards de dollars et l’Asie, en particulier la Chine et l’Inde constituent un marché potentiel considérable)

Quel peut être le modèle économique d’un tel dispositif ?

La gratuité des MOOCs pourrait n’être que temporaire et leur forme standartisée n’être qu’un produit d’appel permettant la proposition ultérieure de formules « premium », que l’on côtoie si souvent sur le net, et bien sûr payante.

Ces cours en ligne peuvent ils suffire à apprendre ?

La forme standardisée du cours proposée à tous ne saurait constituer un outil pédagogique adapté à chaque apprenant. Et c’est donc bien la pertinence pédagogique de ces outils qui est posée.
Le M de MOOCs est donc synonyme de standardisation et donc de pauvreté pédagogique.
Le professeur ne pouvant évidemment évaluer autant d’étudiant on use (et on abuse) de l’évaluation automatique par QCM, de l’autoévaluation ou de l’évaluation par des pairs. Ces modes d’évaluation mis en place ne peuvent avoir, on en convient, une dimension et une valeur formatives.

Et que dire de la certification d’une telle formation ?

Ni Coursera ni Udacity qui proposent des MOOCs ne délivrent de diplômes de l’Université de Stanford dont elles sont issues.
Alors que penser des MOOCs ?

L’An@é a posé la question à Matthieu CISEL doctorant au laboratoire STEF de l’ENS de Cachan sous la direction de Eric BRUILLARD qui intervenait sur ce thème aux "Rencontres de l’UVED" : Escale à l’Institut Polytechnique de Bordeaux.

"Quoiqu’il en soit, que l’on soit enthousiaste ou sceptique quant à leur potentiel, il est difficile de rester indifférent face à l’ampleur du phénomène : trois millions d’inscrits à au moins une plate-forme en moins d’un an, près de dix mille nouveaux inscrits par jour sur Coursera." écrit-il

Mais on peut avec certitude affirmer comme Dominique BOULLIER, sociologue, professeur des universités à Sciences Po et spécialiste des usages du numérique et des technologies cognitives que "les enjeux de la formation des jeunes générations ne sont pas la diffusion de masse de savoirs de base garantis (...)La question posée est celle de l’orientation dans ces savoirs pour enclencher des processus de connaissance. (...) Il faut donc "fournir des méthodes et des outils pour explorer l’immense champ des savoirs désormais disponibles sur les réseaux. Là est l’innovation, elle est certes technique, mais elle est avant tout méthodologique et donc pédagogique . »

Dominique BOULLIER est directeur exécutif du projet d’innovation pédagogique Forccast. Ce projet constitue une révolution pédagogique des enseignements puisqu’il ne suffit plus à l’enseignant de transmettre des connaissances avérées et à l’étudiant d’écouter, d’écrire et de mémoriser. La démarche pédagogique prévoit en alternance un enseignement en face à face et un apprentissage interactif en ligne via des plate-formes numériques.

Claude TRAN

Dernière modification le lundi, 10 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é et membre du Comité de rédaction d’Educavox.

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