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Rencontre avec Maxime Cornuau : Après une licence en communication institutionnelle et de crise, il est devenu attaché de presse d'un club de football professionnel. Il a ensuite rejoint le secteur public pour piloter différentes missions (communication, politique, numérique), notamment en Eure-et-Loir. Aujourd’hui, il manage une école de développeurs au vert, la Wild Code School. 

 " En quoi tes expériences au sein des différentes instances sont le symbole d'un engagement au service d'une ruralité apprenante ? "

Tout d’abord, je ne me pose pas la question de savoir à quel endroit je m’engage. La ruralité est pour moi une évidence, là où les zones urbaines restent pour moi l’exception !

Fils et petit fils d’agriculteurs/trices, je suis viscéralement attaché à mon territoire. J’y suis né et j’y ai grandi. Aujourd’hui c’est toujours ici que je vis, travaille, consomme, chasse…

C’est donc naturel pour moi de m’engager au milieu des miens dans le but de faire vivre notre écosystème. Je ne conçois ma vie professionnelle sans que mes missions ne fassent écho à ceux qui m’entourent. C’est pourquoi j’essaie au maximum de participer humblement à la vie citoyenne de nos territoires.

J’ai notamment participé à une mission passionnante d’acculturation des nouveaux usages numériques et de l’innovation, le Lab28, au sein du Conseil départemental d’Eure-et-Loir. Le but était de gommer la fracture numérique des publics, de la maternelle à la maison de retraite, en passant par les spécialistes, sur toutes les zones du département.

" Quels sont les défis d'un campus manager en milieu rural ? "(Qu'est ce qu'un campus manager ?)

Aujourd’hui, je gère une école de développeurs (qui sont les artisans du web), la Wild Code School, dans un petit village du Perche, avec un rayonnement poussé. Le rôle du campus manager est donc de développer l’activité de l’école et d’accompagner les élèves avant, pendant et après la formation.

La ruralité nous offre une réelle qualité de vie, mais n’a évidemment pas la puissance économique des grandes agglomérations. Nous souffrons clairement d’un manque de moyens physiques en termes d’infrastructures, de services publics… mais aussi de reconnaissance et d’écoute. La souffrance rurale est souvent discrète et silencieuse, mais pas moins réelle qu’en zone urbaine.

Il faut donc faire preuve au quotidien, d’agilité et de souplesse, mais aussi de créativité et de solidarité. On pourrait aussi citer le fameux « bon sens paysan », qui n’est rien que du pragmatisme mêlé à une bonne dose de courage, et cela ressemble fort à l’esprit startup.

Nicolas Le Luherne

 

Dernière modification le mercredi, 20 septembre 2017
Le Luherne Nicolas

Nicolas Le Luherne est directeur des Ateliers Canopé de Beauce, blogueur, chroniqueur pour le Thot Cursus, Ludomag et Educavox. Il est administrateur de l’Association Nationale des Acteurs de l'École, coordinateur des dossiers ruralité apprenante et francophonie. Professeur au lycée professionnel Philibert de l’Orme à Lucé jusqu’en août 2016, il a intégré différents outils numériques tels que les tablettes, les jeux sérieux, la réalité augmentée, la cartographie numérique en diversifiant les approches pédagogiques. Il s'intéresse l’impact de la culture numérique sur nos sociétés, notre citoyenneté et nos démocraties notamment à l’esprit critique et au complotisme.


 

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