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Pour son premier Carnaval Numérique, il s’agissait pour l’An@é, carn@val oblige, de bouger les lignes, d’évoquer quelques perspectives transgressives pour l’éducation.

Nous avons  réuni autour d'une table ronde, Catherine Becchetti-Bizot @becket6 inspectrice générale de l’éducation nationale, Isabelle Falque-Pierrotin @cnil présidente de la CNILJean-Louis Davet@JLDavet directeur général de la MGENThierry Taboy@ThTaboy coordinateur du projet Digital Society Forum du groupe OrangeJean-Marc Merriaux@jmmer directeur général de Réseau Canopé
avec à la modération,  Alexandra Yeh @AlexandraYeh journaliste, responsable d'édition à Méta-media

Une table ronde consensuelle

Nous avons vécu une table ronde très consensuelle malgré …ou grâce à la diversité des intervenants et comme si le numérique avait maintenant la sagesse de l’âge adulte en même temps que le potentiel de la jeunesse.

Après la remarque pertinente que le numérique est l’une des grandes questions absentes de la campagne en cours, la table ronde s’est ouverte par une supplique aux candidats à l’élection présidentielle :

«  Faire en sorte que chacun d’entre nous ait une culture de base lui permettant de savoir comment fonctionne la société numérique ».

Il s’agit donc bien de donner à tous une culture numérique et l’Ecole est en première ligne pour atteindre cet objectif qu’elle a déjà commencé à s’approprier… mais il semble falloir être encore plus exigeants. En particulier, il est plus que jamais nécessaire de former à surmonter les dangers du numérique pour pouvoir dire, comme les participants au carnaval et sans forfanterie : « Même pas peur »…et oui ! Cela s’apprend !

Les clés : la culture numérique

Mais cela s’apprend à condition que soient données les clés de compréhension de l’univers numérique et c’est alors que chacun pourra y trouver sa place et son épanouissement. Ainsi par exemple, les fake news sont un véritable poison qui ne doit rien au hasard mais qui est  bien fabriqué pour être efficace…il y a pourtant un antidote : la culture numérique.

La question fondamentale qui se pose à tous les acteurs du numérique est :

« Comment créer les conditions de faire ensemble avec le numérique ?» Dans cette formulation le mot ensemble est central tant le thème du partage est irrémédiablement lié au développement du numérique.

Pour y répondre il a été rappelé trois éléments fondamentaux qui peuvent et doivent aider à créer les conditions d’un apprentissage réussi :

  • D’une part, il faut avoir conscience que l’on retrouve, maintenant, à cause du numérique, des choses pensées avant et qui sont redynamisées voire rendues possibles par le numérique. Il est important de savoir que le point de départ n’est pas le néant.
  • D’autre part, il est indispensable d’affirmer le droit à l’expérimentation …et en corolaire le droit à l’erreur car c’est en faisant que l’on forme et que l’on se forme au numérique. Sans l’affirmation de ce droit il n’y a pas d’innovation possible.
  • Enfin, il est nécessaire de former à accepter l’incertitude et à s’adapter. C’est aussi cela « bouger les lignes ». C’est nécessaire car nul ne pouvait imaginer la révolution numérique telle que nous la vivons de la même façon que nul ne peut imaginer les métiers de demain.

Ainsi le constat est fait que des possibilités nouvelles s’offrent à l’école :

Il est possible de faire tomber les murs de la classe et aussi de faire tomber les cloisons entre les disciplines ; il est possible d’assurer un vrai continuum temps scolaire / hors temps scolaire…la posture de l’enseignant s’en trouve profondément modifiée. L’on est passé de la protection de l’enfant au pouvoir d’agir de l’enfant  et il s’agit d’apprendre à apprendre dans un contexte d’adaptation permanente.

Pourtant, ne serait-ce que pour un évident souci de cohérence et d’efficacité on doit se demander :

« Comment impliquer tous les acteurs de l’éducation des enfants dans l’éducation au numérique ? »

C’est là une question qui nous est chère à nous Association Nationale des @cteurs de l’Ecole et la réponse apportée par les participants nous est tout aussi chère puisque c’est la notion de projet et de projet de territoire qui est mise en avant.

La complexité caractérisant le numérique, l’éducation nécessite que plusieurs contributeurs se mobilisent autour d’objectifs communs.

Ces objectifs doivent être suffisamment bien définis et suffisamment puissants pour mobiliser des contributeurs variés et obtenir leur adhésion. Il est indispensable de trouver des solutions ensemble pour entrer dans une dynamique positive. Il faut se garder d’une innovation qui deviendrait par trop « segmentante ».

Il faut bien regarder les choses en face : le numérique occulte parfois le choix de règles et le choix de valeurs en les drapant d’un halo technique.

« Comment éduquer les jeunes à un usage citoyen et étique du numérique ?»

Au centre de cette problématique il y a les données.

Il est nécessaire d’apprendre ce qu’est une donnée et d’inculquer la conscience et les réflexes à avoir sur l’utilisation des données personnelles. L’exemple de la santé est éclairant à ce sujet puisqu’elle consomme des données sensibles avec des algorithmes particulièrement intrusifs et le problème posé est la protection maximale de la vie privée compatible avec une amélioration maximale de la santé.

Cela conduit entre autres à exiger la transparence des algorithmes et la sécurisation du stockage et de la transmission des données.

Pour conclure ces propos, quelques brefs souhaits : celui d’une école bienveillante permettant à chacun de s’épanouir, celui d’une école ouverte (terrain de jeu mondial) et humaine, celui d’un apprentissage à la citoyenneté numérique.

JacquesPuyou

Secrétaire national An@é

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Dernière modification le vendredi, 07 avril 2017
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é