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Nos sociétés sont plongées dans un doute permanent, doute sur les valeurs, doute sur le fonctionnement de la démocratie, doute sur la pérennité des modèles économiques, doute sur l’efficacité du système éducatif…Les difficultés traversées sont certes à relativiser au regard de l’histoire mais certains médias et certains politiques jouent sur les craintes et peurs engendrées avec des visées pas toujours louables.

Faute de perspectives clairement définies, et faute d’utopies mobilisatrices, les mêmes interrogations se retrouvent partout, dans le monde des entreprises, dans le domaine social ou sur le terrain de la politique comme dans le champ éducatif. Pour compléter ce tableau un peu sombre, la révolution numérique vient bousculer les habituelles gestions des hommes, des espaces et du temps. Pourtant, nos sociétés sont en mouvement, le monde éducatif aussi.

Des innovations à profusion
 
Si l’on s’en tient au domaine de l’éducation, on constate un foisonnement d’expériences, d’innovations, d’associations, de ressources et d’outils.

Si on considère les outils mis en oeuvre, les moyens financiers mis dans les sites institutionnels, les portails académiques, les ENT…ces outils sont loin d’être utilisés comme ils devraient ou pourraient l’être.

" On est dans une réflexion sur l'accompagnement du changement : on ne remet plus en cause ce changement par le numérique mais on essaie de trouver les meilleures conditions et les meilleurs outils pour l'accompagner à tous les niveaux. " explique Catherine BECCHETTI-BIZOT, inspectrice générale de l'Education Nationale et ancienne directrice du Numérique pour l'Education invitée à faire la synthèse des deux journées de formation qui se sont tenues à l'ORME à Marseille en juin.

Certainement qu'une politique d'accompagnement et de services mise en place notamment par Canopé va t'elle aider à l'appropriation de ces outils. Présents à l'Orme nous avons pu réaliser ces reportages et interviews qui démontrent comment de nouveaux services comme Canoprof par exemple vont permettre aux enseignants de trouver les ressources et les services leur permettant de les personnaliser, de les scénariser et éventuellement de les partager.

C'est bien d’une refonte globale d’un réseau qui réalise sa mue numérique passant d’une logique de production et de mise à disposition de ressources à une logique de création et d’innovation et de  déploiement de services au plus près des besoins des territoires. C'est l'axe choisi et mis en oeuvre par Canopé et expliqué lors de ces rencontres par Jean Marc Merriaux, Directeur Général

http://www.educavox.fr/accueil/reportages/des-outils-et-des-services-pour-des-pratiques-plus-collaboratives

Le problème du matériel et des infrastructures reste toutefois une préoccupation majeure. C'est en particulier le cas dans le premier degré ou l'enquête PROFETIC 2015 révèle que moins d'un enseignant sur deux estime accéder facilement à l'équipement "minimum" en classe (ordinateur et matériel pour projeter).
Dans le second degré 53% des enseignants estiment que leurs élèves accèdent facilement à un ordinateur dans l'établissement. Ce qui révèle malgré tout une réelle insuffisance.
Pour que le l'école numérique devienne une réalité sur l'ensemble du territoire, les efforts d'équipement doivent donc être poursuivis. http://www.educavox.fr/accueil/reportages/canoprof-ils-concoivent-les-outils-et-les-service-pour-l-ecole-numerique

Malgré l’importance des investissements consentis, quoique de façon disparate, les collectivités territoriales peinent, disent-elles à en avoir les retours.

 

Retour sur investissement ?

Retour sur investissement ...C'est -à dire ? retour du nombre d'heures d'utilisations des outils et des ENT ? de ressources utilisées ?

Peut-être d'ailleurs que l'essentiel n'est pas là. La révolution est pédagogique et le retour sur investissement ne devrait-il pas être centré sur la réussite des élèves et le développement de la culture numérique ?

Les élèves ont-il accès aux ressources numériques? Peuvent-ils accèder à Internet pour réaliser leurs tâches? Ont-ils la possibilité de publier, de créer podcast, blogs, webdocumentaire à l'école? Peuvent-ils pratiquer l'utilisation des réseaux avec leur prof? Utilisent-ils des logiciels de programmation, ou autre tels que OpenstreetMap...apprennent-ils à créer, à s'exprimer à apprendre à communiquer, à parler plusieurs langues d'une manière plus efficace? etc...Sont-ils avertis des questions liées à l'information, à l'intox, à la désinformation,  sont-ils sensiblisés aux questions liées à l'économie numérique et aux questions de l'évolution des métiers ? Quelle est leur réflexion sur la robotisation du monde ?

Bref j'arrête là car on ne peut reprendre ici  la liste de toutes les compétences au regard de l'utilisation du numérique ...Il faudrait seulement revoir parfois les critères d'évaluation..

Ollivier Lenot, conseiller en charge du numérique éducatif explique toujours aux rencontres de l'Orme, lors d'un interview accordé à Claude Tran, les quatre facettes du plan développé qui nécessite un véritable partenariat sur le terrain et dans les territoires:

  • C'est la refonte des programmes avec l'introduction de la culture numérique et l'apprentissage du code dès le plus jeune âge jusqu'au lycée.
  • Ce sont les infrastructures avec l'accès au haut et très haut débit et les équipements mobiles
  • C'est la formation des enseignants initiale et continue
  • C'est enfin l'accès facilité à des ressources numériques. Avec Canopé précise t il,  on vise a plus de simplicité pour accéder à de la ressource, l'utiliser, la partager, la commenter 

 

Alors...L'Ecole numérique existe t'elle?

A en croire Michel Guillou : non !  http://www.educavox.fr/accueil/debats/en-attendant-non-l-ecole-numerique-ca-n-existe-pas

Nous le constatons en effet souvent, malgré leur dynamisme, des enseignants s’usent et s’épuisent avant que toutes ces énergies déployées puissent être fédérées. Il y a pourtant des groupes qui s'organisent...On le voit par exemple, avec la Classe inversée qui réunit en ce moment des centaines d'enseignants prêts à utiliser ce dispositif.

Cette profusion est inorganisée mais certainement inorganisable et l’on peut même se poser la question de la pertinence d’un désir d’organisation qui irait de pair avec le risque d’un affaiblissement de la dynamique. Cela est un vrai enjeu d’organiser cette multitude sans la briser.

Cela n'exclut en rien la  définition de quelques axes prioritaires, l'amélioration de la communication interne à l’éducation nationale,  coordination de tous les acteurs  et une évolution plus rapide des lieux et outils de formation.

 

Garder le plaisir d'apprendre et d'enseigner !

C'est ce que suggère Yves Morin : http://www.educavox.fr/formation/analyse/le-plaisir-d-enseigner-et-le-plaisir-d-apprendre Réinventer l'école ? Richard-Emmanuel Eastes écrit dans cet article publié sur conversation.com:

L’école en reste

Qu’en est-il de l’école ? De tous temps, elle a assuré le renouvellement de la société, mais peut-être un peu trop souvent avec le souci de transmettre la culture, les savoirs et les valeurs d’hier plutôt qu’avec celui d’anticiper les besoins de demain. Or, en vertu de ce qui précède et au regard des enjeux auxquels sont confrontées les sociétés occidentales, on peut légitimement se demander si, comme la recherche, les musées et les médias, l’école ne devrait pas devenir un acteur plus proactif pour se donner les moyens de réellement « faire société ».

Ça et là, des initiatives émergent mais une véritable vision prospective cède souvent devant des réflexions à court terme, que ce soit sur les usages du numérique, les apprentissages fondamentaux ou l’enseignement du civisme. Or si l’école ne contribue pas davantage à changer la société, c’est la société qui changera l’école, et peut-être plus radicalement qu’on ne le croit. Car elle aussi est soumise à ces intérêts divergents que nous mentionnions plus haut, tiraillée entre l’optimisation de la formation à des fins économiques (dont fait partie la formation des élites, si importante en France) et la construction de la citoyenneté et de l’harmonie sociale (qui passe notamment par la stimulation de « l’ascenseur social »). http://www.educavox.fr/accueil/debats/pour-reinventer-l-ecole-1

 

Retrouver la confiance !

Si nous lisons attentivement cet article d'Hubert Guillaud, nous devons garder confiance à condition d'être actif, réactif et innovant .

La révolution industrielle a eu des conséquences visibles en matière de développement, d’éducation, de démographie, de durée et de qualité de vie…

Elle a aussi participé comme jamais à la destruction de la planète et de ses ressources, nous conduisant à les épuiser de manière irréversible. Les premiers avertissements sur ces conséquences négatives ont commencé dès les années 60 et 70 avec des livres comme La bombe P. (P pour population) de Paul R. Ehrlich, le rapport Meadows sur Les limites à la croissance ou encore Famine 1975! de William et Paul Paddock… Reste que ces prévisions alarmistes ne se sont pas réalisées, estime McAfee. Partout la population a augmenté, les revenus se sont améliorés, la famine a plutôt reculé, l’Asie et l’Afrique ont sont moins pauvres qu’elles ne l’étaient avant.

Que s’est-il passé pour qu’on ait réussi à déjouer ces avertissements alarmistes ? Pour Andrew McAfee, si tout cela ne s’est pas réalisé, c’est parce que nous avons innové. 

http://www.educavox.fr/accueil/debats/notre-futur-economique-entre-techno-miracle-et-techno-deprime

 

Allez...c'est l'été...

Et si nous regardions le verre à moitié plein ?  Si nous arrêtions le " c'était mieux avant "? Si nous suivions nos générations innovantes ? Oublions un peu le gris, regardons le bleu ( qui vient...)

INSTA..CADA...GRAM !

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Dernière modification le vendredi, 30 septembre 2016
Laurissergues Michelle

Tout d’abord enseignante en école maternelle, directrice d’école, maitre formateur, directrice du centre Départemental de documentation pédagogique en Lot-et-Garonne (actuellement CANOPE),  responsable associative au niveau des écoles maternelles de 1973 à 1994, présidente nationale de l’An@é de 1996 à 2017 qui a créé le site Educavox dont je suis responsable éditoriale.

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