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Autisme et Scolarisation en Haïti 

1ère partie

Par : Ralphson Pierre

Psychopédagogue & Technopédagogue, Enseignant à l’université Quisqueya

Mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   //  Website:  www.uniq.edu.ht 

Résumé : L'autisme est une préoccupation pour tous les pays du monde. Considéré comme étant une maladie redoutable caractérisée par une difficulté dans l’interaction sociale, une anomalie dans la communication, une restriction et répétition dans les comportements. L’autisme infantile, syndrome d’Asperger, ou encore troubles envahissants du comportement (TED) non spécifié font partie de ce grand ensemble qu’on appelle aujourd’hui troubles du spectre autistique (TSA). Il faut rappeler que cela n’a pas toujours été ainsi. Cette évolution nosographique devrait permettre aux professionnels de la santé mentale de poser un diagnostic commun sur l’autisme, tout en se référant bien entendu à la sémiologie. En adoptant cette nouvelle définition de la classification internationale des maladies mentales (CIM-10) ou le DSM-IV 

Mots-clés : Autisme, TSA, TED, éducation spéciale, handicap, Haïti, diagnostic, scolarisation, MENFP

L’autisme se définit désormais comme étant un trouble du spectre autistique. Cela implique un nombre important de prévalence dans les pays développés, on parle d'une personne sur 5 en France , soit 5000 et 8000, une satisfaction pour les parents des personnes atteintes, mais un fardeau pour les pays pauvres, car la définition empire leur situation et leur incapacité à diagnostiquer cette maladie, pour ensuite la prendre en charge.

Cet article a pour but de mettre en lumière la situation de l'autisme en Haïti, et de comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants autistes, les acteurs, l'état et les structures de soin et d’accueil. 

« Lorsque le diagnostic a été posé, tout le devenir de la personne avec autisme reste à construire, avec son parcours scolaire, suivi de sa formation professionnelle et de son insertion dans la société… »

L’autisme, une grande cause scolaire, Christine PHILIP, 2013

« La capacité d’être autonome dépend du parcours scolaire de chacun d’entre nous. En ce qui concerne les élèves autrement capables, de la réussite de ce parcours découlera la réussite d’une existence citoyenne et responsable… ».

Former à l’accompagnement des personnes handicapées, Marcel NUSS, 2007

Constat

Ce travail sur l’autisme en Haïti est né d’un constat alarmant sur la scolarisation inclusive dans enfants en situation de handicap. Sensible à la cause de l’autisme, j’ai décidé d’approfondir ce sujet. En se jetant dans la réalité haïtienne, on comprendra vite que le concept de « droit à l’éducation » ou tout simplement de « droit à la scolarisation », n’est qu’un concept d’institutions nationales et internationales. Petit rappel, avant le séisme dévastateur de Janvier 2010, plus de 55% d’enfants en âge d’aller à l’école n’y avaient pas accès. Apres le séisme, le système éducatif, déjà fragilisé a perdu plus de 4.000 établissements scolaires, environ 1300 enseignants et plus de 38.000 élèves selon un rapport de l’UNICEF France (2011) ; donc inutile de dire que ce nombre a doublé.

La constitution haïtienne garantit la gratuité de l’école mais cela reste au niveau du papier. L’Etat n’a que 8% d’écoles publiques et ne scolarise que moins de 20% d’élèves. Un système éducatif payant à plus de 90%, contrôlé par le privé. Alors comment diagnostiquer et scolariser un enfant en situation de handicap ou encore atteint de l’autisme en Haïti ? Tout est parti de ce constat. Difficile de scolariser les enfants à besoins éducatifs normaux, or comment faire pour ceux à besoins éducatifs particuliers ?

Introduction

La scolarisation et la formation sont incontestablement une affaire d’État. Avant 1975, les textes de loi parlaient d’obligation éducative, désormais c’est le droit à la scolarisation qui fait son entrée dans les droits communs. Les pays les plus avancés du monde comme, le Canada, la Belgique, les USA, la Finlande, la France y consacrent des sommes faramineuses dans leur budget national pour avoir des citoyens éduqués capables d'agir sur leur environnement. Bien que la scolarisation soit considérée comme un droit universel dans le monde, beaucoup de pays peinent à faire d'elle une priorité. C'est le cas d’Haïti. Ainsi le système éducatif de ces pays a toujours été une véritable machine à exclusion des couches les plus démunies et fragiles de la société. Nous faisons allusion ici aux personnes vulnérables (femmes, petites filles...) et aux marginaux (handicapés, pauvres).

L'approche inclusive de l'école qui, selon laquelle, doit tenir compte des besoins éducatifs particuliers de tous les enfants, semble être difficile à mettre en œuvre dans certains pays. Le gouvernement haïtien, à travers le ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle a pour mission de favoriser une éducation égalitaire et de qualité à tous les citoyens. Pour cela, il est important qu’ils se posent la question suivante : « quelle école voulons-nous ? » (Schneider, 2008) ; afin de favoriser soit les pratiques inclusives, ou soit les pratiques intégratives (Hinz, 2002).

L’approche intégrative suppose que c’est la personne handicapée qui doit s’adapter au milieu ; tandis que dans l’approche inclusive, c’est le milieu d’accueil qui répond aux besoins de la personne. (Paissance et al, 2007 ; Philip, 2012)

Sensible à la question de la pédagogie différenciée, de l’éducation spéciale et de l'éducation inclusive, je me suis jeté dans ce sujet bien particulier qu’est l'inclusion scolaire des enfants et des jeunes atteints de l'autisme en Haïti.

Le handicapé en Haïti, est un marginal qui est rejeté la plupart du temps par la famille et par la société. Ce rejet de l'autre a probablement une dimension historique dans les rapports de domination entre esclaves et blancs, mulâtres et noirs, pauvres et riches, femmes et hommes, enfants et adultes. Une société où les plus fragilisés sont à la merci des plus forts. La représentation sociale du handicap en Haïti ainsi que le diagnostic constituent l’une des pierres d’achoppement à l’inclusion sociale et scolaire ; cependant l'absence de cadre juridique dans le domaine du handicap complique davantage cette inclusion.

Ce travail de recherche a pour objectif de décrire et d’explorer l’autisme en Haïti, et surtout de répondre à la question centrale : « Y a-t-il des enfants à besoins éducatifs particuliers en Haïti ? » Dans le premier chapitre, nous évoquerons la problématique de l’autisme et la scolarisation en Haïti. Dans le chapitre II, nous établirons notre cadre théorique en fonction de la littérature peu abondante de ce sujet concernant Haïti. Nous essayerons de partir sur un constat pour élaborer notre cadre théorique en faisant appel à des concepts, théories, et méthodes dans le champ de notre objet d’étude.

Le chapitre III concentra toute la démarche méthodologique du travail. La méthode utilisée, et l’échantillon prôné.

Dans le chapitre IV, nous tenterons d’analyser les résultats de nos entretiens et nos deux études de cas. Et pour finir, le chapitre V conclura le travail de recherche. Avec bien sur la bibliographie et les documents annexés.

A suivre .... ! 

Ralphson Pierre

Dernière modification le dimanche, 22 février 2015
Ralphson Pierre

Technopédagogue, Psychopégagogue, Consultant-Formateur TICE
Spécialiste des Technologies appliquées à l’Éducation 
( E-learning , FOAD, MOOC, Réseaux Sociaux, Autisme, Éducation Spéciale)

www.twitter.com/RalphsonPierre

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