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Co-design et scénarisation sont les piliers de ces "laboratoires des usages qui s'inventent".
"Chaque département proposera bientôt aux acteurs du système éducatif et donc, particulièrement aux enseignants un lieu de création et d'accompagnement pédagogique, l'atelier Canopé", me confie Jean Marc MERRIAUX, Directeur Général du réseau CANOPE dans cet entretien réalisé à Poitiers.
 
Une trentaine sont déjà opérationnels.
Lieux de présentation de l'offre numérique éducative, de consultation ou de prêt de ressources multi supports et numériques, ces ateliers seront également des lieux de formation à la culture, aux médias numériques, aux usages du Numérique éducatif. On y organisera des animations et des événements éducatifs aux formats multiples, favorisant le partage, la mutualisation pédagogique.
Pour aller au-delà de cette mission de découverte de l'existant, les ateliers Canope se donnent pour objectif d'être aussi des lieux de recherche et développement, d'innovation et de prospective, pour concevoir et tester de nouveaux produits et services dans un cadre favorable à la création et à la recherche. Les expérimentations pédagogiques numériques, sortes de lieux-outils proposant des situations réelles aux enseignants, y seront donc possibles.
Ces ateliers Canopé se veulent donc "des lieux d'innovation ouverte, des vrais lieux d'échange, de partage, de créativité " précise Jean Marc MERRIAUX, initiateur de ce projet.
L'objectif est bien de stimuler et de faire évoluer les pratiques pédagogiques avec le numérique en encourageant la création et la collaboration; et c'est en ce sens que ces lieux peuvent s'apparenter à des "Fablabs de l'Education".
 
Mais qu'est-ce au juste qu'un FABLAB ?
Initiés au Massachsetts Institute of Technology, célèbre université et centre de recherche en sciences et technologie de l'Est des États Unis, les FABLABs, ateliers de fabrication numérique sont des lieux ouverts au public où des machines sont mises à disposition d'entrepreneurs qui veulent passer plus vite du concept au prototype, de designers et d'artistes, voire d'étudiants désireux d'expérimenter ou d'enrichir leurs connaissances pratiques en électronique, en CFAO, en design, mais simplement aussi des bricoleurs du XXIe siècle...qui veulent prototyper et mettre au point, donc fabriquer, les objets qu'ils ont conçu .

On trouve dans un Fab Lab selon la FING "un ensemble de machines à commande numérique de niveau professionnel, comme une machine à découpe laser capable de produire des structure en 2D et 3D, une machine à sérigraphie qui fabrique des antennes et des circuits flexibles, une fraiseuse à haute résolution pour fabriquer des circuits imprimés et des moules, une autre plus importante pour créer des pièces volumineuses. On y trouve également des composants électroniques standards, ainsi que des outils de programmation associés à des microcontrôleurs ouverts, peu coûteux et performants. L'ensemble de ces dispositifs est contrôlé à l'aide de logiciels communs de conception et fabrication assistés par ordinateur. D'autres équipements plus avancés, tels que des imprimantes 3D, peuvent également équiper certains Fab Labs".
 
Lieux de fabrication numérique ouverts, les fablabs sont ainsi des espaces de concrétisation d'une idée dans un objet,  mais ce sont aussi des incubateurs d'idées et de créations collaboratives qui favorisent les rencontres entre des personnes issus de domaines et de communautés complémentaires, mais avec des logiques souvent différentes. Ils permettent ainsi l'échange de données et de savoir-faire et ouvrent de larges perspectives pour apprendre à apprendre par le faire.
Lorsque dans mon village une association se crée pour prendre en charge et rénover avec l'aide de la municipalité, un vieil atelier de menuiserie voué à la démolition avec ses machines à bois, pour proposer aux habitants de venir y réaliser, avec les conseils éclairés et professionnels de l'association, des objets en bois, elle se place bien dans la démarche des fablabs.

Le numérique favorise aujourd'hui cette culture "maker ", ce mode de partage et de conception qui met l'accent sur "l'apprentissage informel, communautaire, collaboratif et partagé, motivé par l'amusement et l'accomplissement personnel". Se développent ainsi des lieux où le "coworking" est encouragé comme les "makerspaces" et autres "hakerspaces".
Créer ce type d'ateliers dans l'Education pour faciliter l'initiative pédagogique des enseignants, stimuler de nouvelles pratiques en mettant à leur disposition des outils, des ressources, des médiateurs, c'est bien, de fait, ouvrir des "Fablabs de l'Education", les laboratoires des "usages pédagogiques qui s'inventent".
Les initiatives doivent être libérées et surtout renforcées et soutenues. Si elles ne constituent pas toutes des innovations, elles permettent à chaque enseignant, devenu "créacteur" de les confronter à d'autres, et de progresser dans sa démarche pédagogique.

Nous abordons également dans cet entretien la place de la ressource dans le "continuum pédagogique" qui accompagne l'élève. Comment créer le lien entre le temps scolaire et le hors temps scolaire ? Comment accompagner les parents, tous les parents, pour aider au développement de nouvelles compétences qui vont au-delà de l'école ?
Nous abordons aussi la formation des enseignants, le lien avec la Recherche et l'Université et le projet de création de la plateforme ViaEduc associant un réseau social professionnel adapté aux usages des métiers de l'Éducation et à l'ensemble des médiateurs éducatifs, des outils collaboratifs et des contenus éducatifs.

Viaéduc, destiné aux enseignants est un projet innovant qui se co-construit avec les enseignants à tous les stades de conception et de réalisation.
Nous reviendrons naturellement sur ce projet prochainement.
Claude TRAN
 
Dernière modification le mercredi, 17 décembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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