fil-educavox-color1

Pour lutter contre les inégalités, les CM1 et d'Ulis  ont réalisé un potager partagé !

Cette étape est une étape critique mais essentielle. C'est le moment pour la classe de confronter "à la vraie vie", tout ce que les élèves ont imaginé, planifié ensemble depuis leurs réflexions individuelles jusqu'aux présentations collectives des travaux de groupe. Est-ce que le projet est réellement faisable en l'état ? Des aménagements doivent-ils être pris en compte ? Comment peut-on s'adapter ? Faut-il faire machine arrière pour repenser une partie du projet avant de poursuivre ?

Chaque partie de chaque étape a été partagée entre des élèves volontaires selon les thèmes qui leur plaisaient le plus.

  • Le groupe "informer et choisir les familles" s'est occupé de réfléchir à comment informer les familles :

Il ne fallait pas trop de familles intéressées à cause de la taille de notre parcelle (170 m²) mais nous voulions proposer cette idée de potager partagé à plusieurs familles quand même pour les aider à mieux se nourrir tout en développant des liens de coopération et d'entraide qui nous tenaient à coeur.

Après de nombreuses discussions, nous avons abandonné l'idée de "familles en difficulté" pour nous concentrer sur des "familles n'ayant pas de potager" et choisi, pour donner du sens et une continuité au projet, de commencer par proposer aux familles de notre classe. Le groupe a rédigé un mot à faire passer dans le cahier de liaison puis devant le fait qu'une seule unique famille était intéressée, les enfants en ont fait passer un autre aux classes Bâtisseurs de l'école. Finalement, ce sont trois familles de notre classe qui ont accepté partager un potager.  

Cela peut sembler bien peu par rapport à l'investissement des enfants dans le projet mais cette démarche est importante : c'est la première fois qu'un potager partagé est mis en place à Langon, les autres parcelles étant attribuées par famille. Ce qui est important aussi, c'est que des enfants de 9 ans prennent en considération le bien-être et le "mieux-manger" d'autres personnes, qu'ils apprennent à la fois la notion de responsabilité et de possibilité d'action, à tout âge de la vie.

Une des questions centrales qui a longtemps occupé les esprits des élèves était "mais comment partager équitablement les légumes ? Devons-nous partager la parcelle en trois et en donner une à chaque famille pour qu'elle choisisse ce qu'elle cultive ou bien laisser aux familles une parcelle entière qu'elles cultiveront ensemble et dont elles se partageront les légumes ?" Comme les élèves n'arrivaient pas à se décider, nous avons laissé ces questions de côté et c'est finalement l'action qui aura eu raison de notre décision : les enfants voulaient planter de tout partout, à charge aux familles d'accorder ensuite leurs goûts !

  • Deux groupes "choix des légumes" ont vu le jour pour faire des recherches dans les livres et sur internet sur ce qui pouvait se planter aux mois d'avril et mai. Ces deux groupes ont établi des listes de légumes auxquels ils pensaient avant de vérifier la faisabilité de leurs choix. Ils se sont ensuite mis d'accord ensemble pour proposer une liste de légumes et fruits à la classe.

 

 

  • Le groupe "récolte de graines" a préparé et fait passer un mot aux familles de la classe. Nous avons récolté de nombreuses graines et quelques plants. Certaines familles sont même allées en acheter exprès pour participer à notre projet.
  • Le groupe "récolte d'outils" a été abandonné car nous avons demandé des outils au moment où nous avons prévenu les familles. Ce groupe a préparé les petits panneaux avec le nom des légumes prévus.

 

Dans le même temps, d'autres groupes ont travaillé sur la réalisation d'une charte de fonctionnement qu'ils voulaient coopératif et sur une trousse de secours que les enfants souhaitaient offrir aux familles "en cas de blessure" : pansements, bandagages, pince à épiler (pour les échardes), désinfectant, gants et pommade pour les piqûres !

L'étape "retourner la terre" a réservé quelques surprises. Le président de l'association des "Jardins familiaux" nous avait prévenus que notre parcelle n'avait pas été travaillée depuis longtemps... 

Quelques jours de travail hors temps scolaire ont donc été nécessaire pour mener à bien cette opération de préparation avant que les enfants ne puissent prendre le relai : motobineuses, motoculteurs, bêches, rateaux aux mains de parents, enfants, grands-parents, enseignante et même jardiniers du potager, tous sont venus prêter main forte pour le projet des enfants se réalise (la partie "soutien" sera développée un peu plus tard). D'ailleurs, la partie "délimiter les parcelles" a été réalisée pendant ce temps et non en étape 5 comme prévu initialement.

Puis est venu le temps de cultiver "notre" parcelle : journée pique-nique prévue avec la classe d'Ulis, un relai de près de 10 adultes (AVS, familles, enseignants) pour aider pour les 37 enfants, une voiture pour charger le matériel et les sacs puis une randonnée de 30 minutes en bord de Garonne qui nous a permis d'assister au déplacement d'un réacteur de l'A380 d'Airbus dont les hangars sont près des jardins.

Il faisait chaud, dès 10h du matin, la météo annonçait près de 30 degrés pour l'après-midi, nous avions tout intérêt à nous montrer efficaces rapidement. Chaque adulte "expert" a conseillé les adutes "novices" pour les plantations et chacun a encadré un groupe d'environ 5 enfants sur une tâche spécifique : "Qui veut planter  les betteraves ? Les tomates ? Les oignons ?..." Les enfants, pieds nus pour ne pas abîmer les chaussures, se sont investis avec plaisir et énergie dans ces plantations. Ils ont creusé les sillons (pas forcément au cordeau, ce qui laisse de jolies traces de rangs courbes pour les tomates !!) ou creusé des trous pour les plants, ont précautionneusement manipulé graines et plants, les ont mis en terre, recouverts au rateau puis arrosés... avant de passer à d'autres légumes !

Bien sûr est arrivé un moment où il restait, sur la parcelle, plus d'adultes que d'enfants, ceux-ci étant partis boire et n'étant jamais revenus... Il faut comprendre, il faisait très chaud !! Après un rappel collectif sur l'heure, la chaleur qui devenait de plus en plus intense et le partage du pique-nique en suivant, de valeureux enfants se sont relevés pour venir terminer les cultures.

Et le pique-nique !

A la suite de cette agréable journée, le projet s'est poursuivi de manière assez intense afin que les familles puissent bénéficier du jardin rapidement : il fallait désormais penser à l'arrosage du potager.

Quelques étapes du plan d'organisation n'auront pas vu le jour : la classe a décidé unanimement d'abandonner l'idée d'un livret de conseils pour les plantations car ces conseils sont donnés au dos des sachets de graines et nous n'avions plus assez de temps pour nous en occuper. L'étape "rencontre avec les familles et visite" s'est, elle, effectuée naturellement en accompagnant les élèves au moment de la préparation de la terre et le jour des plantations.

Une étape de "retour sur projet" permettra de mieux se rendre compte du travail effectué et du sens des opérations !

Toute la démarche

http://projets.batisseursdepossibles.org/projets/projet-des-petitsprinces33-cm1-de-lecole-saint-exupery/

Dernière modification le mercredi, 31 mai 2017
Amélie Vacher

Professeure des écoles.

Pédagogie active, questionnement, apprentissage par la recherche, design thinking, projets.

L'école est un lieu où chacun peut s'épanouir.

 

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.