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Le collège Jean-Philippe-Rameau de Champagne-au-Mont-D’Or dans l’académie de Lyon s’engage dans la création et le développement d’un espace de pédagogie innovant : ECLA (ECole pour L’Avenir), un nouvel « espace-temps scolaire à l’ère du numérique », premier Learning Lab dans l’enseignement secondaire en France. Ce témoignage a été réalisé dans le cadre des Journées de l’innovation 2016. 

Accès à la vidéo:

 https://www.reseau-canope.fr/notice/ecla-creation-dun-espace-dinnovation-pedagogique-a-lere-du-numerique.html

Les origines du projet 

Une conduite du changement s’imposait pour répondre aux besoins de l’évolution sociétale de nos élèves en attente d’une autre Ecole : autres relationnels avec les enseignants, autres espaces, autres postures de l’élève, autres outils… Une séance de brainstorming avec un panel d’élèves et de parents a fait émerger le besoin de travail de groupe, de transdisciplinarité et de mise en situation des élèves. Nous avons pu établir alors des éléments de diagnostic sur le rôle de l’enseignant, la motivation, la concentration, les activités pratiques, la notion de réussite et d’échec scolaires, l’ergonomie et le matériel de demain.

Une équipe d’enseignants a été constituée avec un chef de projet. L’équipe a été délocalisée par deux fois dans le Learning Lab de l’Ecole Centrale Lyon pour « brainstormer » à son tour. Des enseignants de l’équipe ont participé à différentes conférences (« Le Design, levier de l’innovation », « Printemps de l’innovation », etc.). Le concept d’un espace pédagogique innovant, équipé de matériels adaptés et numériques, permettant une autre approche des apprentissages par tous les acteurs (élèves et personnels) a émergé.

Les objectifs 

Les premiers objectifs devaient répondre aux constats de l’origine de l’action : impulser le changement sur l’établissement et améliorer la performance scolaire et le bien-être à l’école. Par ailleurs, ce projet a aussi pour objectif de réduire les inégalités sociales et scolaires grâce au travail collaboratif.

L’enseignant, avec un changement de posture induit, devient plus disponible pour de la différenciation pédagogique. L’élève, lui, peut enfin exercer son autonomie de façon encadrée. Enfin, les élèves à besoins particuliers peuvent vivre leur inclusion scolaire sans stigmatisation aucune. Nous leur apportons une bienveillance exigeante par des stratégies de travail différentes et individualisées.

L’organisation de cet espace a également pour objectif d’accueillir toutes les séquences pédagogiques atypiques et de devenir ainsi un lieu de création et d’expérimentation pédagogiques élargissant le champ des possibles habituels. L’incitation à la création pédagogique que génère cet espace rencontre le besoin d’ouverture de l’établissement, de ses enseignants et ses élèves à d’autres environnements éducatifs (Institut français de l’Education, Centrale Lyon, Espe, Lyon 1…), comblant ainsi le fossé entre le secondaire et le supérieur.

Un autre des objectifs est de faire de cet espace un lieu de partage et de mutualisation des savoirs et des bonnes pratiques, en devenant un accueil de formations internes et externes de tout type et en développant un partenariat avec des entreprises intéressées par notre expérience.

Les aspects techniques 

Nous avons imaginé des espaces de travail où l’environnement est repensé pour rompre radicalement avec le schéma traditionnel d’une salle de classe classique et permettre ainsi davantage d’ouvertures pédagogiques. Pour cela, nous avons créé des espaces de travail collaboratif, lieux de rencontres et d’échanges de pratiques originaux, pour optimiser le travail et le bien-être de nos élèves.

Nous avons fait des plans de salles, créé du mobilier et utilisé des matériels atypiques en milieu scolaire (cloisons phoniques, murs à écriture type tableau blanc, sièges de réunion mobiles et pivotants, poufs déformables). Nous y avons bien entendu intégré l’utilisation de matériel numérique : grand TBI, tablettes et boîtiers d’évaluation.

Les objectifs et les finalités sont multiples mais la visée est unique : améliorer la performance de nos contenus pédagogiques et développer les compétences de chacun dans l’Ecole du XXIe siècle.

La mise en œuvre 

Nous avons créé un espace de « pédagogie active » qui développe le travail entre pairs et la dynamique de projet en tant que situation d’apprentissage. L’apprentissage du collaboratif qui prend ses racines dans l’organisation d’un espace physique dédié permet de développer naturellement la complémentarité des compétences entre élèves, la créativité, l’esprit critique, l’autonomie, la solidarité et l’esprit d’initiative recherchés dans le parcours citoyen.

L’utilisation du numérique en ce sens s’oppose aux approches fermées de l’Ecole. Il est utilisé comme un levier au plaisir d’apprendre et non comme une solution pédagogique. Dans ECLA, la place de l’enseignant change : il n’a plus de bureau et ses élèves non plus. Par sa disposition mobile spécifique, son matériel et ses ressources numériques (vidéos, podcasts, animations, etc.), l’élève n’est plus dans une salle de classe. Des travaux de classes inversés, le travail en îlots bonifiés sont déjà mis en place.

Les salles se prêtent également à la scénarisation pédagogique utilisant des outils collaboratifs (type padletFramapad, etc.). La création de ce premier Learning Lab en collège génère donc un changement de posture élèves/enseignants mais également enseignants/direction lorsque le conseil pédagogique (par exemple) est amené à utiliser ces espaces pour produire une réflexion collective.

Les plus-values du dispositif 

La mise à disposition de matériels atypiques provoque un réel effet sur la motivation et l’engagement des élèves dans les séquences de travail. Le fait de proposer dans cet espace des formes variées d’outils (tablette, smartphone, tableau blanc) concourt à améliorer, certes la motivation, l’engagement, la concentration mais aussi la compréhension et la mémorisation. Les séances de groupes ont permis de créer une dynamique d’autodidactisme collaboratif où les élèves développent des compétences de recherche et de partage de ressources pour construire une notion au sein d’un groupe.

Le travail en ECLA favorise l’adaptation aux élèves à besoins particuliers porteurs de handicaps variés : il permet de compenser et, dans bien des cas, de contourner le handicap. Des outils vont être mis en place à leur intention pour prendre en compte leurs fragilités lorsqu’il s’agit de compter, écrire, lire… Par exemple, des vidéos remplaçant des textes épinglés sur un padlet qui leur permettront de participer aux débats du groupe, le travail de rédaction étant confié à un autre élève. Une attention particulière est apportée à la constitution des groupes pour qu’ils puissent prendre pleinement leur place, usage non habituel dans une salle de classe classique où ces élèves ont tendance à s’effacer.

L’espace ECLA bouleverse les habitudes et les postures professionnelles.

Par le développement de nouvelles formes de pédagogies expérimentées dans cet espace comme la scénarisation pédagogique, la classe inversée, le travail en îlots bonifiés, l’ECLA a généré une dynamique, une prise de conscience des acteurs qu’ils pouvaient devenir à la fois créateurs et réalisateurs. Il a donc développé au sein de l’équipe pédagogique, imagination, autonomie d’action en dehors de ses pratiques habituelles et esprit d’initiative.

Il a également contribué à créer une émulation entre pairs qui a redonné des envies de recherches en sciences de l’éducation et dans les disciplines. Il a aussi impliqué de nouveaux acteurs dans de nouveaux projets (une collègue s’est lancée dans l’utilisation de robots en mathématiques en lien avec l’Institut français de l’Education), d’autres collègues se sont emparés du décrochage scolaire…

Sur un plan pédagogique plus concret, il a vraiment favorisé le partage, la confiance d’analyse de pratique entre pairs et la mutualisation de connaissances et d’outils de toute sorte.

Article publié sur le site :

 https://www.reseau-canope.fr/notice/ecla-creation-dun-espace-dinnovation-pedagogique-a-lere-du-numerique.html

Dernière modification le samedi, 09 septembre 2017
Agence usages TICE

L’Agence nationale des usages des TICE accompagne la politique de développement de l’usage des technologies éducatives en concentrant son action sur les priorités nationales.

C’est un service du ministère de l’éducation nationale mis en œuvre par le Centre national de documentation pédagogique.

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