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L’article « Pratiques enseignantes du 20ème siècle et pratique sociale des informations brèves[1] » montre que la transmission des connaissances par ce type de message est commune au 20ème siècle et au 21ème siècle.

Cependant une différence existe. Au 20ème siècle, ce phénomène était le résultat de procédures internes au système d’enseignement lui-même. Au 21ème siècle, il est promu par des sociétés indépendantes et concurrentes du monde éducatif. Il est donc externe au système éducatif.

La question est donc de savoir comment les acteurs de l’enseignement peuvent prendre en compte cet apport d’informations non contrôlés par le système lui-même.

Quand le domaine d’investigation est le système d’enseignement, il est nécessaire de considérer que l’apprenant fait partie d’une société qui agit sur son comportement, et qu’il est sous l’influence  de messages dans des domaines qui se réfèrent aux disciplines enseignées comme le sont par exemple les informations brèves de vulgarisation scientifique.

Si l’enseignant et le personnel de l’établissement scolaire sont tous concernés, les parents, les éducateurs qu’ils soient sociaux ou médicaux sont à des titres différents embarqués dans ce fait sociétal.

Cette situation créée par des choix politiques engage la responsabilité de la gouvernance publique puisqu’elle doit répondre aux attentes de ces différents acteurs de terrain qui créent des processus  éducatifs pour y répondre.

Ce  fait sociétal et ces implications éducatives.

Les expérimentations sur « communiquer après le film » en milieu scolaire mettent en évidence que le film, quand il fonctionne comme une « œuvre ouverte », provoque chez le spectateur la réminiscence  d’un stock d’informations. Du fait de la succession rapide des plans et des séquences composant le récit filmique, ces réminiscences cognitives et émotionnelles sont plus ou moins brèves suivant le rythme du montage et elles sont disparates en fonction de la variété  des images et des sons qui se succèdent. Ces réminiscences ont très rarement l’occasion d’être exprimées parce  que le récit filmique correspondant au scénario s’impose. Elles représentent la  perception personnelle du film qui est occultée par les interprétations sociales et instituées du contenu du film, « la censure par le Vraisemblable »[1] .

Pourquoi cette référence à propos des « confettis numériques » ?

Bien que l’humain connecté ne soit pas dans un espace clos où des formes lumineuses sur un écran s’opposant à l’obscurité de la salle attirent le regard, il est astreint comme le spectateur cinématographique à un rythme extérieur à lui-même imposé par une technologie, celle de l’informatique, et par les choix d’un programmateur qui impose une construction formelle des informations auditives et visuelles émises sur un écran et par un haut parleur.

Si le spectateur au cinéma n’est qu’un récepteur, le récepteur connecté peut devenir émetteur en tant qu’usager de cette technologie et de son programme. Cette différence est atténuée par le fait économique que l’industrie cinématographique l’utilise pour la diffusion de ces productions

La masse d’informations auditives et visuelles correspondant à de multiples matières de l’expression forme une nébuleuse d’informations brèves dont le récepteur n’est pas dans une situation qui en permet la formalisation et qui laisse des traces mnésiques non exprimées.  

Deux mécanismes se mettent en place chez les jeunes enfants.

« Ces deux mécanismes – captation de l’attention involontaire et temps volé aux activités exploratoires – expliquent à eux seuls les retards de langage et de développement, présents chez des enfants en dehors de toute déficience neurologique.[2] »

Cette accoutumance se poursuit tout au long des temps que l’humain consacre à utiliser tous types d’écrans : Smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision.

Elle laisse des traces mnésiques[3] qui, dans un grand nombre de situations, ne donnent pas le temps à cette information épisodique d’être transformée en information sémantique.

La perturbation psychique, que mettent en évidence les recherches cliniques sur la petite enfance, touche toute la population. Cependant les études ne peuvent être qu’à leur début puisque le fait social de l’homme connecté à de multiples sources technologiques d’information date de la seconde moitié du 20ème siècle. Cependant, auparavant des symptômes existent. Dés le début du cinéma, sociologues, psychologues étudient les comportements des spectateurs. Pendant 20 ans, les « Universités sur l’information et la communication »[4] mettent en scène cette évolution de l’environnement qui modifie les normes sociales et les comportements. Les entreprises confrontées au « burn out » créé par l’assujettissement à la connexion permanente se posent la question de réduire ces temps dans l’organisation temporelle de leurs employés[5].

Les établissements d’éducation et d’enseignement ne peuvent l’ignorer et proposent des procédures d’initialisation aux outils informatiques dont le domaine n’est pas le traitement des informations numériques brèves. 

La participation de l’apprenant à une réception et à une diffusion  qui laissent dans sa mémoire des traces d’informations brèves non ou peu formalisées pose la question de la place de ce phénomène dans l’organisation pédagogique.

Comment ces traces mnésiques laissées par des informations brèves non scolaires, les « confettis numériques », peuvent-elles devenir des ressources pour l’éducation, la pédagogie et la didactique?

De nombreux enseignants, des institutions de recherche, des associations, des services de diffusion rendent comptent des pratiques mises en place pour rendre utile à l’enseignement ce fait social[6]. Ces modèles et ces pratiques sont les réponses des praticiens aux situations vécues, ils sont les fondements d’une réflexion.

La valeur ajoutée au système éducatif par ces expériences de terrain devient une ressource pour la transmission des connaissances  et fait référence à quatre problématiques : la première est psychologique, la seconde  pédagogique, la troisième didactique et la quatrième porte sur la gouvernance de l’enseignement.

A suivre :

La trace mnésique et l’action éducative : http://www.educavox.fr/innovation/recherche/la-trace-mnesique-et-l-action-educative

Les confettis numériques et la didactique : http://www.educavox.fr/innovation/recherche/les-confettis-numeriques-et-la-didactique

Le confetti numérique  :  Quelle gouvernance publique ? http://www.educavox.fr/innovation/recherche/le-confetti-numerique-4-quelle-gouvernance-publique

 


[1] Laurissergues M. : « Le Carn@val numérique intégrera une approche culturelle totalement différente : partage en temps réel avec l'extérieur… avec des chars d’actualités et de pratiques nouvelles, des confettis numériques disponibles sur le réseau mondial du numérique. » in carnavalnumerique.fr 18 mars 2017

Jeannel A. : http://www.educavox.fr/formation/analyse/pratiques-enseignantes-du-20eme-siecle-et-pratique-sociale-des-informations-breves, sur le thème de l'irruption : Réflexions sur le « Confetti numérique ». Les actes du carnaval numérique 2017

 

Dernière modification le vendredi, 29 septembre 2017
Jeannel Alain

Professeur des universités, cinéaste, médiatisation des connaissances, ressources numériques et formation à distance. Administrateur An@é.

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