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Photo Credit : Jenn and Tony Bot via Compfight cc - Article publié le 2 août 2013 sur le blog : "Internet Actu". "C’est peut-être difficile à croire, mais avant la fin de ce siècle, 70 % des emplois d’aujourd’hui sera remplacé par l’automatisation. Oui, cher lecteur, même votre travail vous sera enlevé par des machines.

En d’autres termes, votre remplacement par un robot n’est qu’une question de temps", affirme Kevin Kelly (@kevin2kelly) dans un passionnant article pour Wired intitulé : "meilleurs que les humains : pourquoi les robots vont (et doivent) prendre votre job".
 
Votre remplacement par un robot n’est qu’une question de temps !
 
Ce bouleversement est induit par une deuxième vague dans l’automatisation, estime Kevin Kelly : une vague centrée sur la cognition artificielle, les capteurs bon marché, l’apprentissage automatique et l’intelligence distribuée. Et cette automatisation profonde va toucher tous les emplois, du travail manuel au travail intellectuel.
 
Après avoir remplacé les travailleurs à la chaîne, les robots vont remplacer les travailleurs dans les entrepôts. Ils seront capables de récupérer les colis, les trier et charger les commandes dans les camions. Le ramassage des fruits et légumes continuera à être robotisé, jusqu’à ce qu’aucun être humain n’y participe plus, hormis dans quelques fermes spécialisées. Dans les pharmacies, les robots distribueront les médicaments tandis que les pharmaciens se concentreront sur le conseil au patient. Le nettoyage des bureaux ou des écoles sera pris en charge par des robots nocturnes qui commenceront par faire des choses faciles à faire comme nettoyer les planchers ou les fenêtres avant finalement d’être capables de nettoyer les toilettes. Nos camions et voitures seront demain pilotés par des robots...
 
Alors que les robots ne vont cesser d’être intégrés aux tâches manuelles, ils vont également affecter le travail en col blanc. Narrative Science sait écrire des articles sur le sport à partir de statistiques et de résultats sportifs ou générer des résumés de performance boursière d’une entreprise à partir de textes trouvés sur le web. "Tout travail de paperasserie sera pris en charge par les robots, y compris une grande partie de la médecine. Même les domaines de la médecine qui ne sont pas définis par la paperasserie, comme la chirurgie, seront de plus en plus robotisés. Les tâches de routines de tout travaux à forte intensité d’information pourront être automatisées." (...) La prise de contrôle par les robots sera épique... Et elle a déjà commencé."
 
Si nous sommes à un point d’inflexion, estime Kelly, c’est parce que les machines ont acquis de l’intelligence. "Nous avons des idées préconçues sur la façon dont un robot intelligent devrait regarder et agir, et celles-ci peuvent nous faire oublier ce qui se passe déjà autour de nous. Nous pensons que l’intelligence artificielle doit être proche de celle de l’homme. Mais c’est là faire la même erreur que de croire que le vol artificiel devrait ressembler au vol des oiseaux et battre des ailes. Les robots vont penser différemment. Pour comprendre à quel point l’intelligence artificielle a déjà pénétré nos existences, nous devons nous débarrasser de l’idée que celle-ci sera la même que celle des hommes."
 
Les robots de demain seront aussi simples à utiliser que des... ordinateurs.
 
Prenez Baxter, le robot de travail de Rethink Robotic, conçu par Rodney Brooks (Wikipedia,@rodneyabrooks), l’inventeur du robot aspirateur Roomba. Baxter est un des premiers exemples d’une nouvelle classe de robots industriels créés pour travailler aux côtés des humains. Baxter n’a pas l’air impressionnant. Il a de grands bras musclés et un affichage à écran plat comme de nombreux robots industriels. Et les mains de Baxter effectuent des tâches manuelles répétitives, tout comme les robots d’usine savent le faire. Mais il est différent de trois façons importantes, souligne Kevin Kelly.
 
Tout d’abord, il peut regarder autour de lui et indiquer où il regarde en bougeant les grands yeux animés qu’il a sur la tête. Il est capable de percevoir les humains qui travaillent près de lui pour éviter de les blesser. Et les humains peuvent voir s’il les voit. Jusqu’à présent, les robots industriels ne savaient pas faire cela, ce qui expliquait qu’ils devaient être physiquement séparés des humains. Un robot d’usine typique est la plupart du temps emprisonné dans un grillage ou une cage en verre. Ils sont tout simplement trop dangereux parce qu’ils ne sont pas conscients des autres. Cette isolement empêchait jusqu’à présent que de tels robots de travaillent dans une petite boutique par exemple, où il n’est pas facile de trouver de la place pour isoler quelque chose. On ne pouvait pas leur faire passer ou récupérer des matériaux facilement, sans mesures de sécurité lourdes. Mais avec Baxter, vous pouvez le brancher sur une prise de votre garage et travailler à ses côtés, sans risque.
 
N’importe qui peut former Baxter. Il n’est pas aussi rapide, puissant et précis que d’autres robots industriels, mais il est plus intelligent. Pour apprendre quelque chose au robot, il vous suffit de saisir ses bras et de les guider pour qu’il fasse les mouvements corrects de la séquence qu’il doit faire."C’est une forme d’apprentissage simple consistant à montrer ce qu’il faut faire. Baxter apprend une procédure, puis la répète. Tout travailleur est capable de faire cet apprentissage au robot. Vous n’avez même plus besoin de savoir lire ou écrire." Jusqu’à présent, les robots industriels nécessitaient des ingénieurs et des programmeurs hautement qualifiés pour écrire des milliers de lignes de code (et les déboguer) pour instruire le robot d’un simple changement de tâche. Le coût réel d’un robot industriel classique n’est pas son matériel, mais son fonctionnement, souligne Kevin Kelly. Les robots industriels coûtent plus de 100 000 dollars à l’achat, mais il faut compter au moins jusqu’à 4 fois ce montant pour le programmer, le former, le maintenir à jour ou le faire évoluer.
 
La troisième différence est donc que Baxter ne coûte pas cher. Vendus au prix de 22 000 dollars, nous sommes là dans un rapport de coût bien différent de ses prédécesseurs. Baxter est le premier robot-PC, et comme avec un ordinateur, l’utilisateur peut interagir directement et immédiatement avec lui, sans avoir besoin d’experts et l’utiliser pour des choses peu sérieuses voir frivoles. "De petits fabricants peuvent se l’offrir pour lui faire emballer des marchandises, pour personnaliser la peinture de leurs produits ou gérer leurs machines d’impression 3D. Et vous pourriez même vous en servir pour équiper une usine qui fabrique des iPhone", s’amuse Kevin Kelly.
 
Brooks spécule déjà sur comment ses robots vont transformer la fabrication d’une manière encore plus brutale que la dernière révolution technologique. "Pour le moment, nous pensons l’industrialisation par rapport à la Chine. Mais les coûts de fabrication s’effondrent à cause des robots et les coûts de transports sont appelés à devenir un facteur plus important que les coûts de production. La proximité ne sera pas chère. L’avenir est à un réseau d’usines localement franchisées où les produits seront fabriqués à quelques kilomètres de l’endroit où on en a besoin."
 
Les étapes de notre remplacement par des robots
 
Kevin Kelly propose une matrice pour comprendre comment le remplacement de nos activités par des robots va évoluer.
 
Il y a d’abord les emplois que l’homme peut accomplir, mais que les robots peuvent faire encore mieux. Les humains savent tisser le coton, mais les métiers automatisés savent le faire encore mieux que nous et pour quelques centimes. La seule raison d’acheter du tissu fabriqué à la main aujourd’hui, c’est parce qu’on peut apprécier les irrégularités, les imperfections humaines qu’il présente. Mais beaucoup d’imperfections humaines n’ont pas de valeur, dans la conduite de véhicules par exemple.
 
Pourtant, pour les tâches complexes, nous avons toujours tendance à croire qu’on ne peut pas faire confiance aux ordinateurs et aux robots, souligne Kevin Kelly. C’est pourquoi nous avons été lents à reconnaître la façon dont ils maîtrisent certaines routines conceptuelles et parfois même leur maîtrise de routines physiques. Le pilote automatique sait faire voler un 787, mais, irrationnellement, nous plaçons des pilotes dans le cockpit pour assister le pilote automatique... au cas où. Dans les années 1990, les évaluations informatisées de prêts bancaires ont remplacé les évaluateurs humains. "Nous avons accepté une fiabilité absolue dans la fabrication de robots, bientôt nous allons l’accepter dans l’intelligence robotique et de service."
 
Il y a ensuite les emplois que les humains ne peuvent pas faire, mais que les robots savent très bien faire…
 
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Hubert Guillaud
Voir la première partie de ce dossier : Vers une innovation sans emplois ?
Dernière modification le lundi, 05 janvier 2015
Guillaud Hubert

Hubert Guillaud, rédacteur en chef d’InternetActu.net, le média de laFondation internet nouvelle génération.

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