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Une rentrée scolaire de tous les dangers ? ....Cette rentrée scolaire 2016, la dernière de ce quinquennat même si l'on admet que la préparation de la rentrée 2017 est déjà engagée en particulier pour ce qui est des moyens qui lui seront affectés, cumule un ensemble de "nouveautés" qui constituent autant de risques potentiels de dérapages ou de reproches.

A la réforme du Collége mise en œuvre simultanément sur les quatre niveaux s'ajoutent de nouveaux programmes de la maternelle à la classe de troisième s'appuyant sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture publié en avril 2015.

L'évaluation de la scolarité obligatoire avec un livret unique du CP à la troisième et un nouveau diplôme national du brevet, mais également les nouveaux enseignements pratiques interdisciplinaires se répercutent immanquablement sur les pratiques pédagogiques des enseignants.

Le plan Numérique qui concerne près de 1700 collèges et plus de 1800 Ecoles induit également de nouveaux positionnements pédagogiques.

Certes peu de nouveautés apparaissent à cette rentrée au Lycée qui vit encore sur la réforme lancée par Luc Chatel en 2010, hormis l'ouverture de l'option facultative " informatique et création Numérique " en classe de première L, ES et S. Au point que le second degré est quasi absent de la brochure de rentrée réalisée par le ministère.

Il était donc utile de faire le point avec Florence ROBINE Directrice Générale des Enseignements Scolaires au Ministère de l'éducation nationale qui à la tête de la plus grosse direction du ministère est chargée d'élaborer " la politique éducative et pédagogique et d'assurer la mise en œuvre des programmes d'enseignement des écoles, des collèges, des lycées et des lycées professionnels ".

Normalienne, agrégée de sciences physiques, docteur en épistémologie et histoire des sciences exactes, Florence Robine a été nommée inspectrice générale en 2004 et a exercé les fonctions de rectrice en particulier dans l'académie de Créteil.

Elle porte de fait au niveau central sous l'autorité de la ministre, la mise en œuvre des réformes qui se conjuguent à cette rentrée scolaire et qui sont la déclinaison de la loi de Refondation de l'école de juillet 2013.

Quel aura été le fil rouge de ces réformes, quelle cohérence, quel sens leur donner ?
Quels leviers pour faire réussir tous les élèves au Collège ?
Pourquoi une réforme globale ?
Pourquoi le Numérique peut il jouer un rôle important dans l'évolution des pratiques pédagogiques ?

 

 

Autant de questions de fond posées à la directrice qui n'aura éludé aucune d'entre elles.

"Il faut travailler sur les défauts majeurs de notre système, dit-elle. C'est en particulier une école un peu trop élitiste, un peu trop classante qui ne laisse pas le temps aux enfants d'apprendre alors que nous sommes dans un Collège qui a vocation d'accueillir tous les élèves avec des bagage culturels différents avec des contextes socio-éducatifs différents ...Il y a trop de décrochages scolaires, trop d'élèves qui ne comprennent plus à quoi sert l'école et qui sont en marge du monde de la culture..
Faisons ensemble tout pour que dans ce Collège, que l'on dit creuset de la nation, les élèves apprennent mieux...., et soient mieux préparés au monde complexe dans lequel nous vivons.."

Il s'agit en particulier d'activer de façon cohérente et coordonnée tous les leviers permettant de faire réussir tous les élèves du Collège.

Comment donner davantage de temps d'apprendre aux Elèves ?
Comment mieux les accompagner ?
Comment faire en sorte que l'évaluation soit au service de la réussite des Elèves et de leurs apprentissages?
Comment mieux assurer le pilotage Pédagogique ?

Après les mouvements des organisations professionnelles qui montrent une certaine lassitude des opposants à la réforme du Collège " on ne peut se cacher derrière les collèges qui avancent " reconnaît-elle. Et donc des enseignants qui innovent !

Alors que faire ?

Pour la ministre, la refondation exige une "ardente patience, qui mêle au désir de faire changer les choses, la sagesse de celui qui sait que le changement ne s'improvise ni ne se décrète mais qu'il se construit dans la durée."
Nul doute que l'impact de la révolution Numerique dans l'école et les exigences du College Unique n'auront d'incidence sur les pratiques pédagogiques des enseignants qu'avec du temps. On sait malgré tout que dans ce monde en profonde mutation nous avons peu de choix.

Cette première partie de l'entretien porte sur la réforme du Collège, la deuxième sur le plan Numérique et le lycée.

Claude TRAN
Proviseur honoraire
Vice Président de l'An@é

Dernière modification le mardi, 20 septembre 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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