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Comme avec les PAF, les Net Journées, par le partage d’expérience, créent de l’intelligence collective -  Les personnels de l’éducation nationale ont l’habitude des réunions organisées par l’institution qui s’inspirent du mode de transmission frontal traditionnel à l’université : on écoute le sachant et on apprend (théoriquement) de son discours.
Cette pratique très top down qui s’explique par le choix du décideur, du manageur, du supérieur hiérarchique d’expliquer une stratégie, une politique, en commentant par exemple un texte qui en précise les termes présente l’avantage, en peu de temps, d’expliciter l’essentiel. Elle s’accompagne souvent d’outils de communication adaptés et le sempiternel power-point remplace aujourd’hui l’antique rétroprojecteur. On comprend que pour transmettre de l’information une institution peut ressentir le besoin de cette forme de réunion. Mais est-elle garante d’une mise en œuvre efficiente ? On peut pour le moins s’interroger si l’on en juge par la tendance qu’ont les participants, généralement convoqués, à s’installer aussi loin que possible du conférencier, comme si la distance permettait de prendre du champ vis-à-vis de ses propos.

Elle est par contre totalement inadaptée dès lors qu’il s’agit de formation, initiale ou continue.

Les responsables de la formation continue des personnels de l’Education nationale dans chaque académie ont aujourd’hui parfaitement intégré ces éléments dans l’élaboration des Plans Académique de Formation : les PAF. Publiés dès le mois de juin sur les sites des académies les modules de formation continue sont proposés aux personnels qui choisissent ceux qui les intéressent grâce à une application nationale. Ils sont donc volontaires pour ces formations.

La consultation des PAF 2014-2015 donne une bonne indication des objectifs retenus par les recteurs et surtout des méthodes utilisées dans ces modules. Conférences et apports théoriques y figurent en bonne place, encore bien sûr, mais ils sont souvent complétés par des « échanges de pratique, témoignages et synthèse collaborative » qui font des apprenants de véritables acteurs de leur formation.

Les modules pédagogiques proposés sont aussi, souvent, de véritables mises en situation avec production d’outillages pédagogiques, et le numérique trouve progressivement une place accrue dans cette ingénierie de formation en construction.

Il est clair que les académies avec plus ou moins d’ambition et de moyens ont cette année décidé d’intégrer des éléments de la culture numérique nécessaires à l’exercice du métier d’enseignant dans les propositions de formation.

On peut ainsi lire dans le module « la classe inversée, de la théorie à la pratique » proposé par l’académie de Paris : « Stage proposé sous forme de classe inversée, avec du travail préliminaire à réaliser à distance et des activités en présentiel conduites par la formatrice. ». Et dans celui qui s’intitule « enseigner et apprendre à l’ère du numérique » les formateurs se donnent pour objectifs de « définir et inventorier les pratiques actuelles du numérique hors et dans la classe. Faire prendre conscience que l’usage du numérique n’est pas systématique mais incontournable. Montrer les plus-values de ces pratiques, à l’ère du numérique, qui favorisent l’apprentissage des élèves. Identifier les changements à mettre en œuvre dans les pratiques de l’enseignant. Repérer les critères qui permettent de faire les bons choix pour aider les élèves à construire des compétences. »

Par ailleurs chaque discipline propose également des formations permettant d’innover en pédagogie comme : « Création de situations pédagogiques où la carte heuristique est un outil d’apprentissage et d’utilisation concrète pour les élèves » ou « Élaboration de stratégies afin de transformer une erreur en un élément utile à la réalisation d’une consigne. » ou encore « Élaboration de sujets d’évaluation par compétences ». Dans chaque cas le module se déroule sous forme de « débat, mise en situation, réflexion en groupes puis collégiale.. »

Ce mode de formation où le partage d’expérience se conjugue à du « faire » se généralise donc et rencontre un franc succès auprès des enseignants.

Cette évolution se double, et c’est nouveau, d’initiatives particulièrement réussies menées par quelques entreprises du numérique éducatif qui proposent aux enseignants, aux établissements, aux collectivités territoriales des espaces et des temps de formation, de réflexion et de partage sur l’usage d’outils et de pratiques pédagogiques en classe.

Les NET JOURNEES que le groupe ITOP organise chaque année depuis 2009 en est un bon exemple. Elles constituent un évènement national majeur en réunissant plusieurs centaines d’acteurs de l’éducation nationale venus partager leurs pratiques pédagogiques dans le champ du numérique éducatif.

Organisées tout d’abord à l’Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson, puis dans l’académie de Nice, à Sophia Antipolis, les NET JOURNEES depuis 2013 se déroulent dans le Val d’Oise, à Enghien les Bains .

Cette année, avec plus de 200 ateliers thématiques et 12 espaces d’échanges, de démonstrations, de formation et de partage d’expérience, animés par des enseignants venus de toute la France , les 500 participants ont ainsi pu manipuler, concevoir , réaliser, comprendre, analyser et le faire dans un esprit critique. Mais ne sont-ce pas là les compétences clés qui font une véritable culture numérique ?

Les institutions ne s’y sont pas trompées ; partenaires de l’évènement, Rectorat et Collectivités territoriales sont associés à cette démarche qui participe de la création d’une véritable intelligence collective .

Le groupe ITOP, initiateur et porteur de la démarche peut ainsi en créant l’interactivité entre utilisateurs, être à l’écoute et recueillir leurs témoignages pour faire évoluer les solutions qu’il propose et améliorer ainsi leur qualité.

Mais n’assure-t-il pas également ainsi une véritable mission de formation continue des enseignants ?

Le chemin parcouru depuis 2009 est impressionnant.. Et j’ai pu constater le réel plaisir des enseignants à partager ainsi leur expérience et apprendre de leurs pairs, tout en faisant évoluer l’École dans l’ère du numérique, pour la rendre toujours plus moderne et performante. Hervé BORREDON président du groupe ITOP donne dans cet interview les objectifs de ce Forum National de l’Education Numérique et fait le point sut le développement de son entreprise.

Claude TRAN
Dernière modification le mercredi, 06 mai 2015
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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