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le conseil pédagogique un outil de démocratie participative - Dèjà en 1998 le rapport PAIR constatant qu’il n’y a « guère d’institutions où les personnels jouissent d’autant d’autonomie et de liberté d’action que les enseignants » reconnaissait que « l’établissement est le seul lieu où chaque enseignant peut s’exprimer et être associé aux décisions qui concernent son activité. ».
Mais, devant les limites de la « démocratie représentative », constituée par le conseil d’administration, prônait pour « favoriser cette participation individuelle » à la construction du volet pédagogique du projet d’établissement délibéré en conseil d’administration , la mise en œuvre d’une « démocratie participative » au sein des établissements.

Dans le souci d’instaurer une réelle collégialité des pratiques, la commission présidée par Claude Thélot, chargée de dessiner l’École du futur, avait préconisé la création d’un conseil pédagogique chargé d’assister l’équipe de direction dans la mise en œuvre des missions pédagogiques et éducatives de l’établissement scolaire.

Le conseil pédagogique a souvent surgi par génération spontanée , sans attendre l’injonction de la loi qui le créait, en avril 2005, s’inspirant en cela des expériences menées dans quelques collèges et du rapport Matringe qui demandait « d’ impliquer plus étroitement les enseignants dans la gestion de leur établissement, leur donner la parole, écouter leurs propositions… »
Mais cette création a-t-elle réglé la question de la participation des enseignants aux décisions concernant l’établissement ?

Deux ans après la loi seuls la moitié des établissements avaient installé un conseil pédagogique et davantage en collège qu’en lycée. « À la différence des principaux, associés depuis longtemps à toutes les activités de leur établissement, les proviseurs, notamment ceux des « grands » lycées, adoptent une posture d’administrateurs plus que de pédagogues » affirme le rapport de l’Inspection générale.
Il est évident, précise Pierre Javelas ancien principal de collège, que le style d’autorité du chef d’établissement est central dans les relations avec les enseignants : ceux-ci « sont jugés bien souvent trop autoritaires, en particulier lorsque leur discours modernisateur n’est pas relayé par une bonne connaissance des personnes, du contexte, ou un soutien effectif des difficultés du travail quotidien des enseignants. »

Il faut d’abord reconnaître la complexité du métier ; le chef d’établissement, pour lequel management, négociation, droit, gestion, informatique sont les activités quotidiennes, n’est pas véritablement reconnu comme un pédagogue par les enseignants. Il est « l’administration » en opposition avec l’expertise disciplinaire des enseignants.

Pourtant il lui appartient bien d’impulser, d’accompagner, de concrétiser pour passer de l’intention à la réalité, des intuitions à la formalisation . C’est en « manageant » par la conviction et par le sens, en associant des intelligences, qu’il crée du lien et légitime les actions. C’est grâce aux réseaux dans lequel il place l’établissement qu’il peut susciter les opportunités et agréger les partenariats .
Le lycée professionnel est tout comme le collège le lieu privilégié où la « dimension pédagogique » du chef d’établissement, en plus grande proximité avec enseignants et élèves, doublé d’une nécessaire bonne connaissance de l’environnement social et économique, peut et doit se révéler.

Le conseil pédagogique qui "fabrique du bien commun avec des intérêts individuels ", est un outil au service de cette démocratie participative. Il oblige à une écoute et un partage qui contribuent à ce que chacun inscrive son action dans une logique collective et permet ce nouveau management public qui réduit voire abolit toute séparation entre administration et pédagogies .Gérard DUZAN, proviseur du lycée Antoine Lomet d’Agen où s’ouvre le premier micro lycée professionnel est certainement de ces chefs d’établissements qui pratiquent ce management .

Son interview, celle de Pascal Soumier, professeur de Mathématiques, celle de Ludmila Martin coordonnatrice du micro lycée dénotent à n’en pas douter combien l’intelligence collective a permis de mener à bien ce projet.
Leur satisfaction se mesurera, à n’en pas douter, par la réussite des étudiants raccrocheurs.

Claude TRAN

Dernière modification le mercredi, 19 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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