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Un entretien avec Corentin DURAND Président de l'Union Nationale Lycéenne.

Le rapport présenté en septembre 2013 à George Pau-Langevin, la ministre déléguée chargée de la réussite éducative, par Anne-Lise Dufour-Tonini Députée du Nord et intitulé : « Pour un acte II de la vie lycéenne : vers la démocratie lycéenne » fait un « constat sombre » de la situation.

Si les délégués des élèves sont nés en 1969, c'est dans la loi d'orientation du 10 juillet 1989, à l'article 10, qu'est créé un conseil des délégués des élèves, présidé par le chef d'établissement, qui donne son avis et formule des propositions sur les questions relatives à la vie et au travail scolaires et que les élèves disposent dans le respect de la neutralité et du principe de neutralité, de la liberté d'information et de la liberté d'expression.
Mais cette création reste inopérante du fait de la lourdeur d'une telle assemblée et du manque de lisibilité de ses attributions.
Il faudra attendre octobre 1998 pour qu'après de longues et dures mainfestations lycéennes, une expérience de « participation accrue des élèves à la vie lycéenne » soit lancée qui invite les chefs d'établissement à « innover, expérimenter, adapter les dispositifs existants » et « à les faire vivre pleinement ». L'objectif consiste à « instaurer un dialogue plus efficace entre les lycéens et les autres membres de la communauté éducative, sur toutes les questions relatives à la vie et au travail scolaires ».
Moins de deux ans plus tard – en juillet 2000- c'est un décret et une circulaire qui créent et organisent le Conseil des Délégués à la Vie Lycéenne composé de 10 membres dont sept élus au suffrage universel direct.
Une enquête menée deux ans après leur création dans neuf lycées de trois académies révèle pourtant les doutes de certains proviseurs sur l'accueil du « CVL officiel » ( un très convaincu, trois plutôt convaincus, un peu convaincu et quatre pas du tout convaincu ) mais surtout la nécessite face aux réticences de convaincre voire rassurer les enseignants.

Près de 25 ans plus tard, les CVL soulèvent encore de nombreuses questions. Le rapport Dufour-Tonini fait en effet le constat d'organisations de scrutin qui interrogent, de compétences larges mais peu respectées, d'une faible prise de conscience de ce que veut dire « être élu »...

Il faut reconnaitre que c'est « au gré des manifestations lycéennes successives (1994, 1998, 2000, 2005, 2006, 2008) que le corpus de textes s'est enrichi et que la volonté de donner un véritable rôle aux lycéens dans la vie de leur établissement s'est progressivement affirmée. Toutefois force est de constater qu'un écart sensible subsiste entre cette volonté réglementée et la réalité du terrain. »

Les résultats des élections aux instances lycéennes, marquent le pas depuis plusieurs années. S'ils sont à l'image des scrutins nationaux, ils n'en traduisent pas moins un malaise que l'institution n'a pas pleinement maîtrisé.
Plusieurs causes à cela bien sûr mais il est certain « que la parole des lycéens interpelle, dérange également, les professionnels du lycée, équipes de direction et enseignants. »

Les questions relatives à la vie et au travail scolaires relèvent bien sûr de ce qu'est la vie lycéenne d'un établissement mais interrogent également les champs pédagogiques et sociaux. Les questions de l'évaluation, de l'orientation, du décrochage, des valeurs sont immanquablement posées si ce n'est dans l'établissement, au niveau académique voire national.
La loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République a repris ce souhait et l'article 1er de la loi, renvoyant au rapport annexé, donne un sens éducatif à la participation des élèves : « pour devenir citoyens, les élèves doivent apprendre les principes de la vie démocratique et acquérir des compétences civiques grâce aux enseignements dispensés et par la participation aux instances représentatives et/ou à la vie associative des écoles et des établissements »

Il n'est pas surprenant que se soit alors créées depuis les années 80 des organisations syndicales lycéennes – sous la forme d'associations loi 1901 ) – qui ont accompagné ces évolutions et qui s'expriment aujourd'hui sur l'ensemble des dossiers de l'Ecole.

J'ai rencontré Corentin DURAND, Président de l'Union Nationale Lycéenne au lycée Paul BERT lors d'un après-midi organisé par le CRAP et Canope et nous avons échangé sur l'évaluation des élèves et l'innovation à l'Ecole.

Nous y abordons de nombreux thèmes dont celui du Socle Commun de Connaissances de Compétences et de Culture, du numérique au collège, au lycée et à l'Université, de l'évaluation, du baccalauréat, des valeurs bien sûr.

Car c'est bien sur les valeurs que de plus en plus de jeunes lycéens, mais également d'enseignants, interrogent l'Ecole et en attendent une réponse claire.

Le collège, le lycée, le numérique, le baccalauréat.


L'Université 

Claude TRAN

Dernière modification le samedi, 02 mai 2015
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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