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L’idée directrice de cet ouvrage est celle d’une évidence pourtant encore discutée aujourd’hui. Les sciences humaines et sociétales ne peuvent plus ne pas s’inspirer de l’évolution de la science au XXe et au début de ce XXIe siècle. 

Loin de se vouloir exhaustifs, quatre grands « événements » sont choisis en tant qu’exemples marquants de cette exigence :

le mouvement structuraliste, qui amène à la théorie des systèmes, l’apparition de la physique quantique, qui a radicalement bouleversé bien des conceptions admises dans l’explication du monde physique, la naissance et le développement des sciences cognitives et des neurosciences, qui balayent un substrat de la pensée et de la cognition conçu comme « boite noire », la complexité, qui ouvre les perspectives de l’auto l’organisation et de l’émergence.

Si l’idée directrice de l’ouvrage est de rappeler – à titre d’exemples marquants de l’évolution de la science — des aspects importants du structuralisme et de la théorie des systèmes, de la physique quantique, des sciences de la cognition, de la complexité, puis de développer des modélisations à propos de l’humain et du sociétal, un autre “fil rouge“ de l’ouvrage est la notion d’invariant.

B4couv4 002L’hypothèse de Vergnaud (qui reprend le souci piagétien de l’invariant) est que tout concept scientifique est lié à un (ou plusieurs) invariant(s). Si Vergnaud a illustré cette hypothèse à partir du champ des mathématiques, elle se révèle avoir une pertinence remarquable pour les concepts des sciences physiques.

Si maintenant on observe les critères qui caractérisent la structure (totalité, transformations, autoréglage — Piaget, 1968), on constate que l’invariant se situe dans le fonctionnement (voir le critère d’autoréglage). Il en est de même pour le système. À la réflexion, ces trois critères conviennent trop bien à la cellule (ou de façon plus générale au vivant) pour que Piaget (biologiste de première formation) n’ait pas eu cet exemple en tête. A posteriori, on pourrait dès lors s’étonner que l’idée de structure ait émergé dans le domaine de la culture (Propp et les contes russes, Saussure et la langue) et non dans celui de la biologie. Mais ces deux intuitions fondatrices annonçaient le développement extraordinaire de la biologie d’une part, celui des sciences humaines et sociétales de l’autre.

Au fil de l’ouvrage, cette question de l’invariant est reprise, à chaque fois qu’elle paraît pouvoir susciter un commentaire.

Pour rentrer plus précisément dans le déroulé de l’ouvrage, les deux premiers chapitres se chargent de rappeler les quatre “événements témoins“ de l’évolution de la science et de repérer les exigences qui en découlent. Les chapitres suivants vont se centrer sur les possibilités et les outils de modélisation.

À partir de l’hypothèse que toute forme (tout ce qui organise) articule les deux niveaux logiques, le chapitre III débute la modélisation de cette articulation à l’aide de l’outillage fourni par la théorie de l’institution.

Le chapitre IV développe les apports de la théorie des systèmes ainsi que ceux de la cognitique.

Dans les deux cas, il s’agit d’aller au-delà de la présentation effectuée au chapitre I, pour insister sur l’outillage théorique ainsi disponible.

Avec ces appuis (ceux des deux chapitres précédents), le chapitre V peut envisager les outils nécessaires pour modéliser le fonctionnement d’une société.

Le chapitre VI s’attaque à la question de la représentation, en signalant toutes les difficultés rencontrées lorsqu’on tente de porter une telle notion (en tant qu’objet “culturel“) au concept, et en ouvrant des pistes pour ce travail — notamment celle d’une théorie du champ, c’est-à-dire d’une approche continue.

C’est en s’appuyant sur cette progression que le chapitre VII peut faire un pas de plus dans la modélisation du fonctionnement humain comme du fonctionnement sociétal, tout en reprenant la question de la complexité.

Editions l'Harmattan

An@é

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