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Tous les experts qui se penchent sur l'impact des innovations technologiques ouvertes par l'informatique en éducation le répètent à l'unisson : la révolution numérique est une formidable opportunité pour changer la pédagogie.

Certes nous gagnerions tous et particulièrement les jeunes à l'Ecole à apprendre et à maîtriser cet ensemble d'attitudes et de connaissances universellement applicables que constitue la « pensée informatique » véhiculée par les technologies numériques.
Mais s'il est encore prématuré pour que chacun puisse véritablement en convenir, il est une réalité qu'un nombre croissant d'enseignants découvrent, celle de pouvoir réellement agir aujourd'hui dans la classe pour rendre leur enseignement plus efficient.

Les jeunes, qui sont temporellement le plus souvent des élèves, ont des pratiques hors de l'Ecole qui diffèrent totalement de celles de leurs parents – donc aussi de la plupart de leurs enseignants - à leur âge.

La vidéo fait maintenant partie des activités quotidiennes des enfants connectés. Plus de 7 sur 10 ont regardé une vidéo sur internet au cours du dernier mois. Et si les filles préfèrent les clips et les tutoriels, les garçons privilégient les vidéos humoristiques ou liées aux jeux vidéos.

C'est l'ordinateur, qui reste l'écran n°1 des préados. Mais le smartphone devient le moyen de découvrir des clips vidéos en mobilité des 11-14 ans tout en permettant de communiquer plus facilement avec leur « tribu » via leur messagerie instantanée ou les réseaux sociaux.

Nombre d'adolescents mais ils ne sont pas les seuls, utilisent la vidéo « pour apprendre », s'amuser ou s'informer.

Les « tutos » réalisés pour les ados sur des sujets d'une très grande variété sont légion sur le web .Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à passer derrière la caméra – leur smartphone- et souvent devant pour s'improviser réalisateur et acteur, humoriste, musicien et même « professeur ». Ils expliquent alors tel tour de magie, le montage d'une base spatiale en Légo , ou la réalisation d'une coiffure originale ....Les plus jeunes sont bien souvent tutorés par leurs propres parents 3.0.

Il ne faut donc pas être surpris de l'intérêt porté par les élèves aux vidéos mises en ligne par leurs enseignants dans la pratique de la pédagogie de la classe inversée. Certes , cette pédagogie ne saurait se limiter à cet aspect somme toute caricatural, mais il est clair que les outils de communication numériques, dont la vidéo largement plébiscité par les jeunes, constituent de réels facilitateurs pour sa mise en œuvre.

C'est une des raisons qui explique le nombre croissant d'enseignants qui s'essayent à la pratique pédagogique consistant à mettre en autonomie une partie de l'activité transmissive de l'enseignement en dehors de la classe ,le plus souvent sous forme de capsules vidéos à voir à la maison, pour dédier plus de temps de classe à la mise en activité en groupe et à l'accompagnement individualisé des élèves.

Tous les enseignants qui se sont lancés dans cette démarche l'ont fait après une rencontre et une curiosité alimentée par les multiples expériences réalisées ici ou là et « racontées » sur le web.


Ils font alors eux-mêmes leur propre expérience en adaptant cette hybridation du temps de la classe et du hors classe, du synchrone et de l'asynchrone, à leurs propres pratiques. Cette personnalisation des pratiques en fait sa richesse et permet à chacun, selon sa discipline, selon sa classe , selon ses élèves ,mais surtout selon sa propre histoire professionnelle, de construire une pédagogie au service des élèves.

La rencontre et le partage de pratiques et d'expériences est donc au cœur de la diffusion de la pédagogie de la classe inversée.
C'est l'objectif premier de l'association Inversons la classe qui a organisé la semaine de la classe inversée, la CLISE2016.

Héloise DUFOUR, dans cet entretien, fait le bilan de cette semaine où des enseignants ont pris l'initiative d'ouvrir leurs classes ou d'organiser avec le concours des institutions des évènements consacrés à la classe inversée.
Afin de poursuivre la diffusion de ces pratiques, dans un esprit collaboratif et coopératif , elle annonce l'organisation les 1, 2 et 3 juillet à l'Université Paris Diderot du CLIC 2016, de la 2ème édition du congrès francophone dédié à la classe inversée.

Conçu comme un congrès scientifique, le CLIC est un vaste espace de partage, de mutualisation et de réflexion où chacun a l'occasion d'être acteur et d'apporter sa contribution aux débats : les praticiens en classe inversée y présentent le résultat de leur expérimentation, laissant une large place à l'échange durant les ateliers.

Un appel à contribution est lancé auprès de débutants ou de vétérans, de praticiens ou de personnels d'encadrement, dont les propositions seront examinées par le comité scientifique afin d'aboutir au final à un programme équilibré, varié, qui permettra d'appréhender les différentes facettes de la classe inversée.

Tous les niveaux d'enseignement sont concernés, de la maternelle au supérieur où la massification et le caractère très frontal du cours en amphi interpellent de nombreux enseignants : ils inventent alors de nouvelles stratégies pédagogiques leur permettant d'interagir avec leurs étudiants.

Nul doute que ces nouvelles pratiques constituent le creuset d'une révolution pédagogique en marche dans l'Education Nationale. L'Institution scolaire sait aujourd'hui qu'une meilleure réussite de tous les élèves passe par de nouvelles pratiques pédagogiques où le temps et l'espace sont réinvestis et où l'apprenant devient acteur de ses apprentissages. Cela nécessite une formation initiale et continue des enseignants.

Le Plan Numérique devrait y contribuer, car le numérique est un facilitateur de la classe inversée.

Claude TRAN
Vice-Président de l'An@é

Dernière modification le mardi, 31 janvier 2017
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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