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Interview de Claude-Hélène Yvard sur @qui.fr : Les Français sont prêts à payer pour pour une information de qualité. C'est l'un des enseignements de l'enquête Harris dont les résultats ont été révélés aux Assises du journalisme. 7 Français sur 10 consomment de l'information payante au moins de manière occasionnelle. Ils se disent prêts à payer pour des contenus digitaux. 23 % achètent des contenus payants sur internet ou des applications mobile de presse écrite. Deux médias en ligne, avec des modèles différents, sont bénéficiaire ou à l'équilibre. Pour Jean-Marie Charon, de nouvelles expériences en matière éditoriale demeurent à tenter sur le net.

@qui ! — Avec l'émergence de nouveaux médias sur le web, comme Les jours, Contexte, le Quatre heure, peut -on dire qu'enfin la presse en ligne a trouvé son modèle économique .
Jean-Marie Charon— On ne peut pas parler de modèle économique unique. Ce qui est frappant et nouveau, ce que montre d'ailleurs le bilan social que j'ai présenté lors de ces Assises, c'est que pour la première fois, deux médias en ligne généralistes s'en sortent bien. Le premier, c'est Médiapart. Depuis sa création en 2008, il a fait le choix du tout payant. Aujourd'hui, c'est un média rentable qui emploie 39 journalistes contre une vingtaine au départ. Le deuxième, c'est le Huffington post lancé en janvier 2012. Le modèle est tout à fait à différent. Il a fait le choix du tout gratuit avec de l'information participative très importante. D'un côté, il y a le travail de la rédaction, et de l'autre, il y a des appels à de nombreuses collaborations extérieures ou personnes ressources.

A ses débuts, le Huffington post employait 8 journalistes, ils sont 27 aujourd'hui avec un équilibre financier cette année. Même s'il est indépendant d'un point de vue éditorial, il a la particularité de s'appuyer sur un groupe américain qui apporte un vrai savoir-faire. Le point commun de ces deux médias, ce sont des orientations éditoriales précises et cadrées qui se traduisent jusqu'en dans la forme de management des équipes. Par contre, il y a des expériences décevantes. C'est le cas de Rue89, racheté par le groupe du Nouvel Observateur. Ils ont fait le choix de la gratuité. L'équipe de rédaction est composée de 17 journalistes et devrait tomber à une dizaine. On assiste par ailleurs à l'émergence de nouveaux médias  sur le web. On a des sites d'information en ligne qui voient leur équipe de rédaction progresser : slate.fr, atlantico. En région, on rencontre pas mal d'échecs : Dijonscope, Carré d'info.

La formule payante n'est pas aisée à mettre en place. Par contre, je signalerai une initiative récente  remarquable: celle de Normandie actu, lancée par le groupe Publihebdos. Particularité : elle s'appuie sur des supports numériques et des gratuits de ville : c'est une recherche de puissance en termes d'audience. Un de leurs atouts est d'avoir en face, un quotidien régional, Paris Normandie en perte de vitesse. Le groupe a eu la bonne idée de créer une vraie marque indépendante, ce qui leur permet d'avoir une approche éditoriale différente.

 @qui ! — Les réseaux sociaux, facebook notamment, sont de plus en plus le point de passage du citoyen qui veut s'informer. Comment faire pour que la valeur des contenus produits par des journalistes sur un site comme aqui.fr, qui permet à facebook d'augmenter ses chiffres, n'échappe pas totalement à l'éditeur ?

Lire la suite : http://www.aqui.fr/societes/jean-marie-charon-les-reseaux-sociaux-revolutionnent-la-conception-de-l-information,13334.html

Dernière modification le lundi, 14 mars 2016
An@é

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