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Rapport sur la refondation - Mes commentaires sur les deux premières parties - Citations choisies et commentaires associés - refonder l’École de la République autour de principes - Donc pas simplement des réaménagements

la forme scolaire demeurait figée

C’est le paradigme centré sur la reproduction des normes qui est en cause tant dans les principes que les méthodes

réexaminer pour donner du sens en se ressourçant sur des valeurs.

L’essentiel ce n’est plus la forme mais le sens, concept associé aux valeurs. Révolution copernicienne auquel participe l’Humanisme Méthodologique

un diagnostic partagé et des perspectives communes.

L’état de la situation et les ambitions communes certes mais il faut que le conSensus sur le Sens et donc la vocation de l’EN soit encore clarifiés

  • la prise de conscience que les pratiques éducatives traditionnelles peuvent jouer négativement sur l’estime de soi, la motivation des enfants, ou qu’elles ne s’inscrivent plus dans l’évolution des qualités humaines mises en avant par notre société (la créativité, l’imagination, la collaboration...).

C’est une analyse critique , une prise de conscience relative aux pratiques traditionnelles dont la plupart sont dans la logique de reproduction formelle qui en est la source. Le paradigme rationaliste centré sur la forme fait l’abstraction du sujet, concept ignoré par beaucoup dans le monde éducatif. Le renversement qui est proclamé là est le passage du paradigme rationaliste et ses vertus de conformisme, au paradigme de l’autonomisation du sujet comme Sens même de l’éducation. Deux conceptions radicalement différentes de l’humanisme. Celui des lumières doit céder la place à un nouvel humanisme comme l’Humanisme Méthodolgique

- par exemple, à 15 ans dans PISA 2009, à l’item « l’école est un endroit où je me sens bien », seuls 45 % des élèves français se déclarent d’accord ou tout à fait d’accord avec cette affirmation, contre 85 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

C’est le divorce profond entre la trajectoire de la société et le fixisme de l’école qui ne ccsse de juger négativement ce mouvement qui va l’emporter. Ses peurs l’aveuglent au bénéfice de tous les cynismes. Ce qui était toléré dans une société sous tutelle (de l’Etat jacobin) est devenu intolérable même inconsciemment. L’indicateur de différence avec les autres pays renforce l’interpellation d’un univers qui n’aime plus ses jeunes ni ses acteurs. La société de défiance est issue de la logique rationaliste inacceptable lorsque les citoyens aspirent à devenir d‘abord des hommes majeurs.

- l’éducation nationale n’a pas encore totalement rompu, dans son fonctionnement quotidien, avec les pratiques d’une organisation administrative et politique historiquement verticale et autoritaire

L’illustration de ce qui précède est la remise en question du paradigme sur lequel est fondé la suprématie de l’Etat sur la Nation sous le régime intellectuel et moral de la Raison, critère de sélection des élites dons le grandes écoles d’Etat

- comme si l’École s’était repliée sur elle-même sans avancer au même rythme que l’ensemble de la société française, lancée dans un mouvement de mutation rapide.

Le diagnostic confirmé par une prise de conscience tardive qui échappe enfin à l’emprise dogmatique ancienne

- la refondation doit aussi penser l’École dans une dimension prospective.

Une école pour le futur. Elle se prépare maintenant au futur de notre société qui s’invente, futur des jeunes dont les modèles ne sont plus préétablis . La pédagogie d’adaptation aux modèles du passé ou même actuels est invalide. Les savoirs préétablis ne sont plus le critère unique de l’éducation

- la concertation a travaillé à l’émergence d’un nouveau modèle éducatif.

La Raison supérieure tutélaire n’est donc plus la source unique de pensée et de réalisation pas plus sans doute que la Raison supérieure et tutélaire de l’enseignant et ses sources académiques.

- l’âge d’or éducatif n’a jamais existé. L’École de la IIIe République fut aussi celle du séparatisme scolaire et social. Il s’agit donc de réinventer l’École pour dépasser ces limites et l’adapter au XXIe siècle.

Il s’agit donc bien d’une remise en question radicale et s’il faut s’inspirer du passé le futur reste à inventer. Les conformismes idéologiques sont récusés.

- une réflexion renouvelée sur les rapports entre développement des élites et réussite scolaire de tous les enfants

C’est bien l’aveu confirmé par les réalités et les tendances constantes que les finalités réelles ont été centrées sur le culte de la raison et la sélection qui ont constitué la méritocratie française dont les élites sont aux commandes de l’Etat comme souvent des grandes entreprises. Le principe d’accéder aux oeuvres de la Raison et ses hiérarchies a été le principe dominant à la place du développement de potentiels singuliers au travers des singularités de situations et de cultures. Le normal et le général au détriment du particulier qu’est l’homme élève ou professeur.

- fonder un pacte entre l’École et la Nation. L’École, en France, est un lieu d’instruction, de formation intellectuelle et de transmission des valeurs, autant que de préparation à la vie sociale et professionnelle

Le pacte est entre l’Ecole et la Nation pas entre l’Ecole et l’Etat ni l’Etat et la Nation. L’Etat perd le monopole du magistère contractant. Du coup c’est bien en tant que personnes impliquées dans un milieu propre, une société locale que les individus sont considérés sans perdre de vue les enjeux nationaux. La méritocratie élitaire ne tenait ses critères que de l’Etat et de pouvoirs centraux. Une révolution.

  

- si elle doit laisser une large place aux initiatives et énergies individuelles et locales, elle doit aussi créer du commun.

Le commun n’est pas le central mais ce qui fait communauté. Encore un effort et le paradigme communautaire systématiquement chassé va pouvoir apparaitre. Nous sommes très en retard dans ce pays avec des visions simplistes et archaïques des phénomènes communautaires et donc du commun et du bien commun.

- enrichissement de la palette de ses acteurs et partenaires, évolution de ses instruments et modernisation de ses pratiques professionnelles sont au cœur de la refondation

Cette confirmation est aussi que l’on est sur l’essentiel « au coeur de la refondation »

 

- la posture encyclopédiste, qui a tant marqué la culture scolaire française traditionnelle, est, dès lors, dépassée.

Le rationalisme procède par catégorisation qui en vient à être un frein à la connaissance profonde lorsqu’elle devient le cadre formel structurant de l’école comme cela s’est produit dans le passé. Comme si les matières étaient issues d’un découpage naturel, universel et éternel.

 

- il faut amener l’élève à la compréhension de ce qui fonde le dénominateur commun des disciplines, en l’initiant notamment à l’épistémologie et à la démarche scientifique et en multipliant les projets pluridisciplinaires qui permettent d’ausculter une thématique sous différents prismes et d’intégrer la complexité dans le raisonnement.

C’est l’approche transdisciplinaire où le centre est le sujet individuel et communautaire est l’aboutissement du multidisciplinaire qui en vient aux sources. Ce qui est dit là est un positionnement épistémologique profond.

 

- alors que de nombreux pays ont intégré à leurs cursus des éléments pratiques, liés au quotidien7, la France est restée en retrait et consacre à ces enseignements une place marginale.

Une autre révélation. Ce qui s’appelait « leçons de choses » consacré aux apprentissage du rapport avec les milieux de vie et les activités à été méprisé au profit de l’accès aux savoirs académiques. C’est justifié par le paradigme rationaliste et la finalité de sélection élitaire à visée de magistère d’Etat et ses emplois y compris dans l’enseignement.

- c’est l’ensemble des relations entre savoirs, connaissances et actions qui doit être réinterrogé.

Oui, c’est l’hégémonie de la culture des abstractions intellectuelles et son mépris défensif de ce qui touche à la pâte humaine ou maintenant ce qui la dépasse qui est à l’origine de l’effacement de l’école primaire de « l’école des pratiques » aussi bien que des finalités psycho affectives de l’école maternelle ou l’école des responsabilité remplacée par une école des habiletés formelles (cf la théorie des quatre écoles)

  

- tout l’intérêt de l’approche par compétences, qui ne saurait être exclusive ni utilitariste, mais qui donne sens aux apprentissages en liant savoir et action, savoir et résolution de problèmes, que ce soit dans le futur cadre professionnel ou dans la vie quotidienne.

Pour insister sur ces évidences il faut bien que l’école s’en soit éloignée mettant ses valeurs dans ses vertus d’abstraction du réel humain au profit d’une raison supérieure et ses appareils institutionnels. Une vraie révolution pour un milieu construit sur tant d’abstractions et qui souffre de ce constat et s’en défend en négativant le milieu humain ou exerce l’école, les parents, les entreprises, les élus, les jeunes eux mêmes...

- permettra à l’élève, au jeune qu’il est, à l’adulte qu’il va devenir, de s’autonomiser, de faire des choix éclairés et de s’insérer socialement et professionnellement, tout au long de sa vie.

L’autonomisation comme finalité, renversement paradigmatique par rapport au rationalisme, celui de la mutation de civilisation qui fait partout de l’empowerment des hommes et leurs communautés le critère du bien commun.

- c’est, trop souvent, davantage sur le mode de la cohabitation conflictuelle que du partage et de l’enrichissement mutuel que se vit à l’École le rapport à l’autre.

Une des conséquences paradoxale de l’école cohérente avec l’individualisme construit par le rationalisme qui s’en défend en dénonçant d’autres formes d’individualismes.

la construction du collectif ne peut être exclusivement fondée sur l’imposition par le haut de normes standardisées. De nouvelles formes de solidarité horizontale interpersonnelle fondées sur l’échange, l’entraide, la coopération, le respect de l’autre doivent être mobilisées pour construire du lien social,

Ce qui parait anodin dans le contexte du monde actuel est une révolution pour l’école de ce pays dont on sait les logiques et les pratiques élitaires alors qu’y est tenu un discours égalitaire fictif comme indiqué au début du rapport. 

  

- la multiplication des dispositifs permettant de créer des relations interpersonnelles horizontales entre tous les acteurs de l’École

C’est bien une conception de la société qui est en jeu où le lien social est la trame des relations entre les hommes et non le lien de tutelle juridico administrative de l’Etat et ses corps intermédiaires délégués.

 

- pour un pays qui se targue de placer l’égalité au fronton de toutes ses mairies, pour une École qui s’est fondée sur l’égalité de traitement, les résultats ne sont pas à la hauteur. Les inégalités de tous ordres, sociales, territoriales, sexuelles... ont envahi l’école française.

Confirmation insistante du constat

- la production des élites s’opère dans notre pays en laissant sur le bord du chemin un nombre bien trop important d’enfants et de jeunes.

Qu’il est difficile de voir ce qui met en question les croyances et les pratiques habituelles.

- permettre à tous les élèves de poursuivre longtemps un cursus scolaire de qualité est le gage de production d’une élite scolaire fournie, une élite issue de la mobilité et non de la reproduction sociale.

Une nouvelle hiérarchie des valeurs donc une nouvelle construction sociale et éducative.

- la nécessité de rénover notre système d’évaluation – qui produit trop souvent de la démotivation et de la mésestime de soi – pour aider les élèves à progresser en développant leur confiance en eux.

Encore un aveu révélateur de la sélection éliminatrice au lieu de la culture des valeurs personnelles et culturelles. Ce n’est pas nouveau bien sûr et tellement y sont habitués qu’ils le croient naturel.

- l’École était l’affaire de tous, qu’il fallait ancrer l’École de demain dans son territoire et l’appuyer sur ses partenaires. Parents, collectivités, associations, monde du travail..., tous ont quelque chose à apporter – expertise, financements, connaissances poussées des contextes locaux, connaissance intime de l’enfant – pour contribuer à bâtir une véritable co-éducation.

Confirmation de cette révolution, l’école légitimée aussi par la société des acteurs où elle exerce et dont la mission éducative est reconnue. Un exemple des conséquences du paradigme communautaire.

- se donner les moyens d’expérimenter et d’évaluer – d’expérimenter pour évaluer

Un logique d’innovation à la place d’une logique de reproduction formelle. Une culture radicalement nouvelle pour une grande partie de l’institution qui a réussi à étouffer des milliers d’expériences et à récuser toute évaluation en son sein qui ne soit pas sur son modèle de mesure de conformité aux normes.

- la refondation sera pédagogique ou ne sera pas.

Une refondation pédagogique remet en question la culture dominante et historique et doit aussi dépasser les querelles anciennes.

- malgré de nombreuses expériences pionnières, malgré l’investissement et l’imagination de très nombreux personnels de direction et d’enseignants, l’école est restée dans l’ensemble fidèle à une pédagogie frontale traditionnelle : un maître face à un groupe d’élèves suivant le programme au même rythme.

L’indifférentiation des hommes des élèves et des cultures d’origine ou d’intégration.

Dernière modification le lundi, 24 novembre 2014
Nifle Roger

69 ans chercheur indépendant.

Fondateur de l’Humanisme Méthodologique

Auteur du livre "Le Sens du bien commun" éditions du Temps Présent. Travaille sur la prospective d’une mutation, sur les plans politique, économique, éducatif, celui de la gouvernance communautaire, du développement approprié etc. sous l’angle d’un humanisme radical à contre courant des anti-humanismes contemporains.

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