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Déjà en 1784, Benjamin Franklin suggérait que nous  pourrions  économiser des bougies en se levant plus tôt, en 1916 c'est pour économiser le charbon pendant la guerre que l'heure d'été avait été instaurée, elle disparait après la Seconde Guerre mondiale pour revenir trois décennies plus tard. Dans la nuit du 27 au 28 mars 1976, les Français doivent avancer leurs montres d'une heure, non sans quelques couacs qui nourrissent le scepticisme dominant.

Trois ans après le premier choc pétrolier, le gouvernement entendait alors réduire la consommation d'énergie. En profitant davantage de la lumière du jour, nous consommerions moins d'électricité le soir.et le pays gagnerait une heure de clarté supplémentaire. Il fallait y penser sauf qu'au final, ces gains sont bien minimes atténuées de surcroit  par le chauffage, la climatisation et l'évolution des usages qui sont  plus énergétivores que prévu.

Cependant, les chronobiologistes pointent du doigt une désynchronisation qui perturbe le sommeil et altère la vigilance.

Des études montrent une hausse des accidents de la route, et des troubles cardiovasculaires dans les jours qui suivent le changement d'heure. Chez les plus jeunes,nous notons un repos plus tardif, moins réparateur qui se traduit par une somnolence accrue dans la journée, une grande lassitude, des  baisses d'attention, de concentration et de mémorisation accompagnées parfois d'une diminution des performances cognitives et des altérations du comportement. Reconnaissons toutefois que le temps d'adaptation est plus rapide pour certains enfants  que d'autres.et que d'autres sources de fatigue  existent à commencer par les écrans et le rythme que certains adultes imposent à leur progéniture.

Où en est-on aujourd'hui ?

En mars 2019, le parlement européen a voté sa fin mais depuis, rien ou presque! Brexit, Covid, Ukraine ont enlisé le dossier et, cerise sur la gâteau les Etats-membres sont aujourd'hui dans l'incapacité de s'accorder sur le sujet: les pays nordiques et baltes souhaitent adopter l'heure d'hiver l'Europe du Sud, l'heure d'été. Même en France une question simple complique tout: Faut-il contenter les ruraux et les lève-tôt, généralement partisans de l'heure d'hiver, plus proche du soleil, ou les urbains et les couche-tard, fervents de longues soirées d'été ? L'Ouest et l'Est séparés par un méridien et des préférences divergentes ? La géographie se mêle aux modes de vie et au poids de l'économie: le tourisme est plus favorable à l'heure d'été  que l'industrie et l'agriculture: "Les vaches ne changent pas d'heure"..

Dans les faits, nous sommes décalés d'une heure l'hiver et de deux heures l'été  par rapport au soleil. Est-ce bien raisonnable ? Mais malgré son rappel à notre bon souvenir, deux fois par an, l'alternance saisonnière persiste parce qu'elle est finalement trop compliquée à abandonner Son maintien est-il vraiment un désagrément supérieur ? Cette question pourra occuper celles et ceux qui peineront à s'endormir après le prochain changement.

Dernière modification le samedi, 28 mars 2026
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à https://radiobastides.fr/ en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques et autres actualités : https://radiobastides.fr/