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Dans notre société actuelle en crise et qui se cherche, nous rencontrons bien souvent des gens aigris ou toujours en colère par rapport à tel ou tel sujet d'actualité. Chacun dans son coin y va de son commentaire pour dénoncer tel fait qui lui déplaît, peste aussi contre son voisin, contre les élus qui ne font pas leur boulot, contre les injustices, etc, etc... la liste serait longue !

De plus, dans un monde incertain où tout va très vite, certains attisent en plus la peur ou la haine de l'autre, notamment à travers les réseaux sociaux ou dans des discussions de tous les jours entre amis, lors de repas, ce qui plombe encore plus une sorte d'atmosphère qui devient irrespirable à terme. Certes, nous ne vivons pas dans un monde apaisé et l'actualité, si diverse et variée qui passe par l'intermédiare de médias si nombreux aujourd'hui, n'incite pas forcément à la sérénité, à l'enthousiasme. En tous les cas, je constate, et vous aussi sans doute de votre côté, cette tendance à voir le monde tout en noir et cette impression, si l'on écoute certains, que nous allons à la catastrophe.

J'observe surtout que cette aigreur, cette colère, ce fatalisme aussi, viennent surtout de personnes qui ne font que des constats sans rien apporter derrière de concret pour déjà changer les choses à côté de chez elles. Je crois que cette position de "spectateur passif de l'actualité" entretient simplement une frustration négative qui aurait tendance à se propager aux autres et tout cela crée un climat délétère à souhait.

Je ne dirais surtout pas qu'il n'est pas nécessaire de s'indigner, de dénoncer, de fustiger, mais si cela ne débouche sur rien ou pas grand-chose de concret derrière, on ne fait en quelque sorte qu'entretenir une sorte de fatalisme. Cela alimente toujours aussi ce climat détestable où la simple critique l'emporte sur le sursaut citoyen. En plus, il existe un côté presque jubilatoire dans le fait de se mettre en colère, de dénoncer, dans le but de se défouler à bon compte, de juger, de condamner et, au final, de se donner bonne conscience, comme si cela suffisait et nous donnait de l'importance aux yeux des autres. Si je dis que je n'ai jamais cédé à cette tentation, et bien j'avoue que je serais un menteur, car c'est un réflexe bien humain dans lequel il est si facile de tomber.

Pourtant, je crois que, par une pédagogie bien adaptée à pratiquer déjà à l'école, nous pouvons peut-être sortir de cet état d'esprit qui n'apporte rien de bénéfique à la société, bien au contraire ! Nous pouvons, avec les élèves, montrer les choses qui vont bien dans notre société, les belles initiatives, et elles sont si nombreuses, qui redonnent bien de l'espoir grâce à l'engagement de personnes de bonne volonté et qui portent des idées innovantes un peu partout. Il faut apprendre aux élèves que lorsque le citoyen est acteur de changement, se met en mouvement, il tue la frustration en lui car il ne se résigne plus devant l'adversité. On montrera surtout le côté positif de l'engagement qui apporte de l'optimisme et donne au citoyen le sentiment d'être utile à la simple place où il se trouve. Et puis, il faut oser parler du bonheur que l'on ressent dans le simple fait de rencontrer les autres, en les aidant, en montant des projets ensemble, en ouvrant le champ des possibles !

Cette pédagogie ne débouchera sur aucun diplôme et c'est une simplement formation pour réussir sa vie qui dépasse, et de loin, le simple fait de réussir dans la vie. Tout ce qui est positif dans l'actualité peut être un prétexte en classe pour susciter la vocation à devenir un citoyen engagé demain pour dépasser la colère, la frustration, tout en se persuadant que rien n'est figé et que tout donc est possible, pour peu qu'on y croit contre vents et marées. On pourrait nommé ce "programme" le socle commun de la citoyenneté. Si je vous dis cela, c'est que je suis moi-même engagé depuis bien des années au service des autres et c'est un bonheur immense. Loin d'être ce qu'on appelle parfois "un bisounours idéaliste et rêveur", j'ai tenté simplement de transformer ma colère rentrée par la prise d'initiatives pour tenter, avec d'autres, d'apporter un peu de bonheur autour de moi, même de manière bien imparfaite car on ne réussit pas tout ! Bien souvent hélas, j'ai constaté que les personnes aigries, pessimistes, à l'esprit grincheux, sont souvent des gens qui ne font que des constats, mais ne vont pas plus loin et c'est cela qui entretient en quelque sorte la frustration en restant dans l'inaction !

Oui, l'école, avec des enseignants qui savent bien faire au jour le jour, tout en s'appuyant sur des témoins de terrain, peut faire passer cet état d'esprit amenant au positif et donc au bonheur plutôt que de construire encore demain des adultes qui ne vivront que dans la rancoeur et le scepticisme.

Au-delà des programmes scolaires, c'est bien une philosophie positive, faite d'espérance, qu'il faut faire passer en classe et cela comemnce peut-être par faire prendre conscience des chances que les élèves possèdent dans leurs vies par rapport à d'autres camarades qui éprouvent bien des difficultés. Tout cela amène à apprécier déjà à sa juste valeur ce que l'on possède d'essentiel et c'est sans doute au fond le début d'une attitude positive, tout en faisant aussi passer le mesage qu'il est plus important de remplacer le besoin de posséder toujours plus par l'envie de donner quelque chose, un sourire déjà, c'est si énorme.

Pour tout cela, l'Education Nationale ne pourra pas donner de recette miracle ou de programmes précis. Mais chaque enseignant, de par son expérience, de la liberté d'agir qu'on lui laissera aussi..... et de son envie de bien-être à faire vivre en classe, pourra en quelque sorte appliquer cette pédagogie de bon sens qui permet tous les possibles demain. Eduquer au goût du bonheur d'entreprendre plutôt que de se focaliser sur le malheur, sur ce qui ne va pas, n'est-ce-pas le retour vers l'Espérance que l'on mettra en place tous ensemble ??!!...  Quel merveilleux programme pour espérer un avenir et un climat plus positifs !

Dernière modification le lundi, 20 février 2017
Gillet Guy

Initiateur de l'asso festive et humanitaire "Je bouge pour les autres"  Site : http://pourlesautres.fr - Ancien Responsable-bénévole (au Téléthon - au Secours Catholique - à Saint Vincent de Paul) - Editorialiste libre à vocation éducative, pour défendre des valeurs fondamentales, afin de susciter le débat et l'engagement de tous - E-mail : g.gillet@libertysurf.fr
 
Mes Editos sont LIBREMENT utilisables par tous pour lancer le débat, la réflexion en direction de la jeune génération et ceci à partir de mon blog que vous pouvez faire connaître autour de vous, MERCI : http://echangessolidaritefraternite.centerblog.net/

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