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Défis : En août 2017, le lycée polyvalent Pierre Emile Martin, situé à Bourges, a choisi d’installer un robot collaboratif sur son campus. Un choix qui répondait à deux objectifs : former des élèves sur les nouvelles applications de l’automatisation, afin de les rendre directement opérationnels à la fin de leurs études, et produire ainsi une main-d’oeuvre qualifiée pour travailler avec les partenaires industriels sur des problématiques d’entreprises, et ce sur différents domaines.

En donnant l’opportunité aux lycéens d’étudier l’automatisation sous un angle pratique, par l’étude de cas concrets, l’école ouvre les portes de la cobotique aux entreprises locales. En effet, avec la rapidité de l’évolution du secteur, être au plus proche des avancées technologiques est un vrai défi pour tous les acteurs de l’automatisation.

Aux yeux de l’établissement, il est essentiel de pouvoir offrir un enseignement en adéquation avec les demandes des entreprises, afin de former la main d’oeuvre de l’industrie du futur. Ce qui est important, c’est l’éventail des compétences que le jeune professionnel peut acquérir au cours de son cursus scolaire.

Solutions :

Parmi tous les acteurs de la cobotique, ce fut Universal Robots qui fut choisi par le directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques du lycée polyvalent, M. Christophe Lemarchand.

Comme l’explique M. Lemarchand : « Ils sont partis d’une feuille blanche ». Universal Robots s’est posé la question de savoir comment rendre l’utilisation d’un cobot accessible à tous. En effet, le langage de programmation est plus proche de la pensée d’un informaticien que d’un automaticien. Cela permet à des non-initiés où bien des néophytes de pouvoir utiliser un robot UR5 sans grandes difficultés.

« Nous souhaitons que nos étudiants suivent l’innovation technologique de près. Pour ce faire, nous leur proposons de pratiquer autour de cas concrets, de problématiques réelles d’entreprises. Et ce, afin qu’ils puissent acquérir des connaissances plus précises dans le domaine de la cobotique et de la mécatronique » a-t-il expliqué.

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Mis à la disposition de tous, le cobot a très bien été accueilli par les élèves et les enseignants.

Le gain de temps remarqué est significatif ainsi que la flexibilité du programme qui a permis une plus grande adaptabilité que celle envisagée. Grâce à cette opportunité, les étudiants ont pu, dès décembre, s’accoutumer à cette nouvelle façon de travailler et de développer leurs compétences.

Thibault Tunzin, étudiant en BTS au lycée polyvalent décrit ce produit innovant par ses propres mots :

« C’est assez ergonomique, comme peut l’être par exemple une application de téléphone. Moi, je suis habitué à tout ce qui est programmation, script, Graphcet, où l’on travaille étape par étape. Sur le cobot, on programme les étapes, déplacement, agripper un objet, etc... C’est plutôt intéressant. C’est bien plus simple à mettre en oeuvre que le Graphcet standard. Et puis, ça procure une vitesse d’exécution bien meilleure qu’un automate à l’ancienne ».

Thibault Tunzin, que pensez-vous des robots collaboratifs et comment voyez-vous leur avenir dans les usines ? Comment les envisagez-vous dans votre vie professionnelle plus tard ?

Les cobots sont une évolution naturelle de l’automatisation et dans un premier temps, ils vont seconder l’homme, qui va les surveiller. Dans un second temps, le cobot s’adonnera à des tâches plus complexes, ce qui permettra de supprimer, déplacer ou exporter des postes en robotique. C’est innovant !

Combien de temps a-t-il fallu pour bien les maîtriser ? (Cela a été plus facile ou plus dur que vous ne le pensiez ?)

Il m’a fallu deux heures pour maîtriser les fonctions de base du robot, et seulement quelques heures de plus pour programmer les fonctions de palettisation et d’automatisation répétitive. C’est un robot très ludique.

Comment cette expérience va ou vous a déjà été utile dans votre travail, dans des stages/des emplois ? Est-ce un plus ?

Cette expérience me sera très certainement utile car en effet, le robot peut opérer là où l’humain atteint ses limites, ou encore pour faciliter la tâcher aux personnes à mobilité réduite. C’est un outil de travail qui simplifie la vie des gens en usine, il est bien conçu pour ça !

Que pensez-vous de la programmation des cobots ?

Moi je suis habitué à tout ce qui est programmation, tout ce qui est script. Il est bien plus simple à mettre en œuvre qu’un robot standard et ça procure une vitesse d’exécution bien meilleure qu’un programme et robot à l’ancienne. 

Qu’aimez-vous dans ce robot ?

Ce que j’aime bien dans ce robot c’est sa légèreté et sa maniabilité, ainsi que son programme très simplifié. Il est facile à mettre en place en maintenance comme en usine. Ce que j’aime bien aussi, c’est le bouton à l’arrière pour déverrouiller le robot, même si j’aurais aimé qu’il soit un peu plus gros. Sur chariot il est facilement manœuvrable, il se plie dans tous les sens. Il est aussi pratique à câbler. Ce que j’aime moins, c’est la réactivité de l’écran, qui manque de précision mais c’est à peu près tout.

Non seulement, l’école forme ses élèves à ces technologies de demain, mais augmente également sa réputation auprès des entreprises de la région.

Ces dernières peuvent faire travailler les étudiants sur des cas concrets, et financent en échange le matériel du lycée.

Par exemple, la société MBDA a commandé deux UR5 pour leur usine, permettant un plus grand terrain d’expérimentation pour le lycée. L’apprentissage se faisant en deux temps, il permet autant à l’entreprise qu’à l’étudiant d’acquérir les compétences requises pour l’utilisation de ces nouvelles machines performantes.

La simplicité de la formation de l’UR Academy a été un argument supplémentaire en faveur du choix de ce cobot. Composée de vidéos explicatives et d’exercices pratiques en français, elle est un outil performant, support pour l’équipe pédagogique ainsi que les élèves. Elle propose plus d’exercices que l’on peut en avoir sur des systèmes automatisés classiques, confrontant les étudiants à des conditions de compromis.

L’utilisation du cobot couplé à cette formation en ligne est donc un outil d’une valeur inestimable pour le lycée polyvalent, qui forme ainsi une nouvelle génération apte à répondre aux défis de l’industrie du futur.

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Interview de M. Christophe Lemarchand, Directeur Délégué aux Formations Professionnelles et Technologiques du lycée polyvalent Pierre Émile Martin

Comment avez-vous eu l’idée de mettre en place cette initiative ? Pourquoi avoir choisi le fabriquant de cobots Universal Robots ?

Nous ne souhaitons pas que nos étudiants suivent l’innovation technologique de près mais qu’ils aient toujours une longueur d’avance sur elle. Pour ce faire, nous leur proposons de pratiquer autour de cas concrets, de problématiques réelles d’entreprises partenaires. Et ce, afin qu’ils puissent acquérir des connaissances plus approfondies dans le domaine de la cobotique et de la mécatronique.

Notre choix s’est porté sur Universal Robots pour les solutions innovantes qu’ils proposent et leur simplicité de prise en main, ainsi que leur coût abordable. En effet, les robots sont très simples d’utilisation et offrent une approche de l’automatisation très ludique. L’environnement de programmation, quant à lui, est totalement différent de celui des autres entreprises et permet aux étudiants issus du bac professionnel « métier électricité » de faire de l’automatisme sans grafcet, (langage de programmation graphique standard). Ce n’était pas le cas chez d’autres fabricants de robots « historiques », pour lesquels il était indispensable de maîtriser un langage de programmation pour utiliser les cobots. 

Quel est le retour des entreprises de la région avec lesquelles vous collaborez ? Est-ce un avantage à l’embauche pour les élèves ?

L’utilisation des cobots Universal Robots a plusieurs objectifs. En effet, il s’agit d’un atout pédagogique indéniable pour les lycéens qui découvrent ainsi les technologies les plus innovantes de la cobotique, encore peu développée en France. Cela contribue à accroître un pôle de compétitivité sur le plan local et à faire connaître ce domaine d’activité. La formation des jeunes à ces nouveaux outils leur promet donc une insertion professionnelle. Cela rend également possible l’établissement de partenariats avec des entreprises et donne aux étudiants l’opportunité de manipuler directement les robots. Les étudiants peuvent ainsi comprendre les besoins des entreprises et y répondre le mieux possible. Ils reçoivent un label mention sur leur diplôme, attestant de leurs capacités.

Comment les robots ont-ils été accueillis sur le campus et par les élèves ?

Les étudiants et les enseignants se forment à partir de l’Universal Robots Academy, qui est un site proposant 6 modules de formation mis à disposition gratuitement par Universal Robots. Cet outil est constitué de vidéos très pédagogiques, de supports visuels et d’exercices qui permettent de revenir plusieurs fois sur des séquences finies. Cette aide est très appréciable dans l’apprentissage de la programmation des robots. Les jeunes peuvent y accéder de chez eux et peuvent ainsi se former de façon autonome. Universal Robots se distingue des autres entreprises grâce à cette plate-forme qui permet aux étudiants d’avoir une première approche virtuelle de l’automatisation, leur faisant gagner 4 à 5 fois plus de temps.

Quelles sont, à vos yeux, les plus-values pédagogiques des cobots ?

Les jeunes en apprentissage acquièrent un maximum de connaissances qui leur vaudront d’avoir un profil absolument unique sur le marché du travail. Ils joueront ainsi un rôle important dans le développement du secteur en France en apportant leurs compétences aux entreprises, ce qui consolidera par la même occasion la réputation du lycée. L’installation de ces deux robots apporte donc des avantages à tous, aussi bien à court qu’à long terme. Pour les entreprises, il est également judicieux d’embaucher une main d’œuvre qualifiée, fraîchement sortie de formation, opérationnelle sur les nouvelles applications de l’automatisation et prête à l’emploi.

Pensez-vous que ce genre d’initiative se généralisera ? Avez-vous des exemples d’initiatives similaires ?

Les entreprises connaissent Universal Robots et la cobotique depuis un peu plus d’un an. La question de l’utilisation des cobots au sein de leurs structures se posent encore mais ils sont quelques-uns à franchir le pas et ce n’est que le début. Les robots sont pour eux une source de développement, répondant rapidement à leurs besoins de qualité, flexibilité, personnalisation du produit manufacturé... Le cobot s’avère en effet très utile et trouve parfaitement sa place dans ce type d’opérations. De plus, il n’y a pas besoin de maintenance. Bien sûr, il s’agit d’un investissement non négligeable mais qui reste relatif car le cobot est capable d’effectuer 2, 3, 4 tâches différentes en une seule journée, là où une machine industrielle ne peut en réaliser qu’une seule.

Bénéfices :

Le lycée Pierre Emile Martin a déjà pu observer des résultats correspondants à ses objectifs. En règle générale, il n’y a pas d’outil pédagogique d’aide à la prise en main du matériel d’automatisme. C‘est en cela que UR se distingue avec l’UR Academy. Elle donne la possibilité d’apprendre en virtuel dans un premier temps, puis de l’appliquer en réel grâce à la présence des cobots.

Vivier d’opportunités, les PME locales voient d’un très bon oeil l’arrivée du cobot au lycée polyvalent. Situé dans un département rural il est voisin de nombreuses PME travaillant en sous-traitance dans les domaines industriels de l’armement et de l’aéronautique, et trouveront, dans ces solutions de robotiques collaboratives Universal Robots, une source de développement répondant rapidement à un besoin.

Le cobot trouve sa place très rapidement dans ce type d’opérations. Il n’a pas besoin de maintenance et offre une grande flexibilité. L’investissement est tout à fait relatif puisqu’en comparaison avec une machine industrielle programmée à ne faire qu’une tâche, le cobot peut effectuer 2, 3, 4 tâches différentes en une seule journée.

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Les étudiants formés sur cette nouvelle technologie bénéficient d’une réelle plus-value par cet enseignement, encore peu développé en France. Dotés d’un profil unique, ils vont contribuer à pallier le manque de main-d’oeuvre qualifiée dans le domaine, permettant de ce fait à la France de rattraper son retard. Ils prennent en amont le courant de la révolution cobotique et se positionnent ainsi en tant que pionniers français dans la formation.

De ce fait, l’installation de ce cobot Universal Robots est un avantage indéniable pour tous les concernés (établissement, étudiants et entreprises) sur le court et long terme.

Dernière modification le jeudi, 07 février 2019
An@é

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