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Au moment où va se dérouler le forum "Changer d'Ere" à la Cité des Sciences le 5 juin, voici un article qui décline les concepts dans le cadre de la formation.
Article publié dans la revue Tutorales n° 12 de mars 2014 de Jacques Rodet – Le blog de T@D
Tutorales 
http://www.jrodet.fr/tad/tutorales/tutorales12.pdf
 
Introduction
 
L'apprentissage en ligne fait en permanence ressurgir des craintes anciennes et des fantasmes relatifs à la prise de pouvoir de la machine sur l'homme, sur la supposée domination du virtuel sur le réel. Nous entendons des discours, des arguments emprunts d'inquiétude, des discours parfois violents de rejet. Régis Debray exprime brillamment cette aversion dans sa conférence intitulée "Communiquer et transmettre"[1]. Il y dit que « Communiquer est l'acte de transporter une information dans l'espace, transmettre c'est transporter une information dans le temps » Il estime qu ́« Il faut toujours un corps pour transmettre, c'est d'ailleurs là le hic du télé-enseignement et de l'éducation sur écran, c'est que le tuteur n'est pas là, il n'y a que le tuyau et ça ne marche pas vraiment »
 
Le e-learning est donc notre capacité à investir des espaces existants et ceux qui sont en train de se créer, naviguer entre les rives des espaces physiques (beaucoup disent réels) et des espaces numériques (beaucoup disent virtuels). Nous sommes en quelque sorte dans une situation d'exploration permanente. Lorsque nous décidons d'engager une incursion sur un terrain pédagogique (un espace) qui nous parait fertile, nous avons la responsabilité de le bâtir, de définir un cadastre pédagogique, un zonage numérique. Qu'allons- nous occuper ? Comment allons-nous l'occuper ? Comment allons-nous construire ces espaces ? Doit-on analyser l'espace virtuel d'apprentissage et d'enseignement qui se dessine comme celui qui supplantera l'espace réel, celui qui affranchira des corps apprenants ? Alain Milon donne des éléments de réponse en posant la question suivante « la virtualité peut-elle nous libérer du poids du corps ? »
 
« Il est étonnant de voir l'importance prise aujourd'hui par la notion de virtualité. Le virtuel se décline sous tous les modes et à tous les temps. Le cinéma, la presse grand public, les jeux électroniques, la télévision s'emparent, chacun à sa manière, de ce terme pour faire moderne. Mais pourquoi le mot "virtualité" est-il souvent utilisé comme un sésame, une sorte d'accès privilégié à la modernité ? La virtualité peut-elle nous libérer du poids du corps ?[2]
 
Milad Douehi dit : « S'il est vrai que l'homme est aussi un « être spatial » ; nous vivons actuellement l'émergence d'un nouvel urbanisme virtuel avec son architecture, son esthétique, ses valeurs, sa littérature. Un urbanisme hybride, donc, habité par des traces, des bribes de documents, des fragments, mais aussi animé par la voix et le corps, par une temporalité autre  » /.../ « une autre dimension de cet urbanisme virtuel est à retenir. Il s'agit du statut et de la position du corps dans l'environnement numérique, du corps tel quel comme corps hybride, partagé entre le réel et le virtuel ». Stefana Broadbent en parlant d'espace dit : « Durant les cent cinquante dernières années, le modèle de travail le plus largement répandu demandait une séparation rigide des sphères privée et professionnelle, étant donné que l'on estimait payer un travailleur pour qu'il consacre toute sa force, son talent, son attention, uniquement aux activités nécessaires à l'accomplissement de sa tâche[3] »
 
En construisant des dispositifs de formation, nous investissons des espaces réels ET des espaces virtuels. Il ne sera pas question d'opposer ces deux dimensions dans mon propos, mais bien de les associer. Le e-learning d'une part, et le tutorat d'autre part, doivent être pensés en termes de complémentarité. Le tutorat c'est être en capacité d'évoluer dans des espaces réels et dans des espaces virtuels. Apprendre et enseigner en e-learning est probablement une question de convergence des espaces. Il n'y a pas d ́opposition entre les espaces réels et virtuels, mais bien une complémentarité, une convergence. Nous apprenons, nous enseignons dans des espaces hétérogènes, il nous faut les investir, les construire, y circuler. Nous interagissons dans les espaces réels qu'ils soient professionnels ou personnels et dans les espaces virtuels envisagés comme étant signifiants et balisés juridiquement.
 
L'espace réel de formation
 
Traditionnellement nous avons pour habitude d'opposer strictement les dispositifs de formation en présentiel à ceux en distanciel, la tradition et la modernité comme l'alpha et l'oméga des dispositifs d'enseignement et d'apprentissage. Le numérique est venu bouleverser cette opposition traditionnelle qui n'a plus de sens parce que les espaces de formation sont devenus protéiformes, on parle d'ailleurs d'hybridation (blended learning) de la formation. L'espace réel s'est insensiblement modifié dans la société du numérique, il faut que nous soyons en capacité de revisiter les cadres spatiaux de la formation (l'espace professionnel, l'espace personnel et les espaces interstitiels publics)
 
L'espace professionnel
 
Historiquement c'est le cadre de la tragédie grecque qui sous-tend l'acte de formation, l'unité de temps, d'espace et d'action. Un cours avec un enseignant, des apprenants dans un lieu identifié (l'école, l'université, le centre de formation continue). Le rapport Bardi Bérard de 2002, « L'école et les réseaux numériques » le précise très justement en deux schémas bien sentis. Le premier temps est celui de l'unité, celui de la tragédie grecque. Le second coïncide avec l'apparition des premières solutions numérisées comme les cédéroms, les disquettes ... La phase actuelle est celle de la porosité de la salle de classe, de l'amphithéâtre en raison de l'existence même des réseaux numériques. L'espace de formation est poreux disait-on à une certaine époque. Je pense qu'il faut dire actuellement que l'espace est augmenté tant il devient difficile de distinguer l'un et l'autre de ces espaces. On circule en permanence de l'un vers l'autre sans avoir le sentiment de changer d'espace. La porosité supposait l'existence d'une frontière, elle ne se justifie plus.
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Afin de s'en convaincre, il suffit de regarder quelques photos d'étudiants dans des situations d'apprentissage pour se convaincre de la complexité des enjeux spatiaux actuels. La question n'est plus la porosité, mais bien le mélange, l'imbrication féconde des espaces. La porosité est définie dans le dictionnaire comme ce « qui présente une multitude de petits trous », il est donc question de laisser passer des éléments et d'en retenir d'autres. La e-education, le e-learning nous inscrivent dans une autre dimension, celle qui assure le passage fluide d'un espace à l'autre, la rétention ne se justifie plus, ou de moins en moins. Le tuteur est celui qui aidera, guidera dans ces navigations entre les divers espaces. Le tuteur aura pour objectifs de faciliter les passages d'un espace à un autre.
 
Que nous disent ces images ?
 
Photo 1 - Dans quel espace se situe cet étudiant ? Réel ou virtuel ?[4]

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Photo 2 - Des espaces fractionnés selon les usages des étudiants[5]


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Photo 3 - Un espace de discussion à l'intérieur d'une B.U, la voix réinvestie les espaces de travail[6]

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1. Que fait le premier étudiant de la première image ? Écoute-t-il un cours en ligne en prenant des notes ? Écoute-t-il les conseils de son tuteur qui, de façon pro active, l'a relancé en raison d'un risque supposé de décrochage ? Écoute-t-il de la musique ?
2. Comment analyser la compartimentation des espaces au sein d'une B.U ?
3. Quel est le rôle de l'espace cloisonné dans la BU ? Est il destiné à redonner un champ des possibles à la voix, à la coopération, à la collaboration en présentiel et en distanciel ?
L'espace professionnel, que nous appellerons école, collège, lycée, Université, est un espace à redéfinir, mais pas simplement sous son aspect CDI (centre de document a-ton et d'information), bibliothèque universitaire (lieu de présence du savoir, lieu spécialisé, mais qui n'est plus le seul), mais bien dans son ensemble. Il faut penser les dispositifs de formation et l'angle spatial en rapport aux besoins tutoraux. La conférence des 10 ans de t@d du 10 octobre avait pour thème les rôles et compétences des tuteurs à distance[7]. Il a été évoqué les divers types de tutorat (cours, par les pairs, techniques, administratifs ...).
Il me semble qu'il faut penser les espaces du tutorat en écho aux divers rôles des tuteurs. Il faut organiser les espaces réels en tenant compte de l'existence du numérique.
 
La salle de cours, mode d'enseignement historique est devenue un espace de confrontation qui hésite entre ouverture et fermeture. Je veux citer deux exemples opposés pour donner une représentation de la problématique. 
 
Le projet Sustainable everyday project[8] dit qu'il faut assumer le "provisoire permanent"
 
« Plutôt que de vouloir graver les choses dans le marbre, et figer les décisions, il faut changer de paradigme. Les documents sont toujours "provisoires", les services sont en mode "béta", le lycée en chantier, et chaque membre de la communauté éducative, élève, administratif, professeurs, participent à une amélioration continue. On ne se satisfait pas de ce qui existe, on cherche à le rendre meilleur [9] »
 
Il en va de même me semble-t-il pour le tutorat et les espaces qu'il investit.
 
L'espace personnel
 
Un espace à scénariser
 
Le e-learning en permettant la dématérialisation des contenus met de façon paradoxale en lumière l'espace personnel de formation. Les apprenants et les enseignants doivent maintenant scénariser leur espace de formation, à plus forte raison depuis que les machines et les interfaces se sont multipliées et que l'on s'est éloigné de la posture homme /chaise /bureau /ordinateur. Je me pose ces questions depuis plusieurs années, depuis que je suis en mesure de penser sur le mode réflexif mon métier. Il est indispensable de rendre son espace personnel signifiant. Il peut avoir une multitude de sens. Stefana Broadbent citant la sociologue Cristena E.Nippert-Eng[10] à propos des travailleurs à domicile, dit qu'ils « passent par une série de rituels pour aller de leur état mental « de personnes privées à domicile » à leur état mental d' « individu au travail » Le tuteur doit expliquer à ses apprenants la signification des espaces dans lesquels ils vont se mouvoir, même si le corps n'est pas en mouvement. Le lieu de vie privée du tuteur est professionnalisé, notamment lorsqu'il utilise la vidéo. Comment doit-on transformer cet espace devenu réversible ? Il faut se poser la question de la composition de l'espace visuel de travail, de l'environnement sonore, de la possibilité de voir émerger une nouvelle pièce dans les appartements / maison, la salle de télétravail. Le domicile de l'apprenant doit-il faire l'objet d'une réflexion sur la place d'un lieu dédié à l'apprentissage ou doit-il être compris comme un lieu totalement communicant, ou la question de l'espace personnel est-elle marginale ?
 
Un espace qui se professionnalise ?
 
En ouvrant l'espace personnel au savoir, on ouvre la réflexion sur le sens de l'espace personnel. Quelle est la part du personnel ? Quelle est la part du professionnel ? Il semble acquis que l'espace de l'apprenant devient mixte, il se professionnalise pendant des périodes déterminées par le centre de formation. Dans la mesure où l'espace se professionnalise, l'apprenant doit acquérir des compétences professionnelles spécifiques liées à l'aménagement de son espace. Il sera nécessaire de savoir gérer les aspects techniques de sa connexion internet, wifi ou filaire. Ceci peut paraître en apparence banal, mais relève de la capacité « d'auditer » son installation. L'apprenant est moins passif face à ses équipements (wifi, filaire, courant porteur en ligne ou CPL) La gestion de périphériques vidéo et audio devient une compétence nécessaire pour investir les espaces de formations. La gestion de son poste de travail ne s'improvise donc pas, il faut apprendre à la maîtriser et il est probable que le tuteur technique soit là pour aider dans les premiers pas de la formation.
 
L'espace virtuel de formation
 
La différence entre le réel et le virtuel n'a de mon point de vue, pas de sens. L'idée répandue qu'il y aurait deux espaces distincts est source de confusion dans les esprits, il y aurait l'espace réel normé, socialisé et l'espace virtuel sorte de « far web », l'espace des hors la loi. Dans la pratique les deux espaces sont normés parce qu'il s'y exerce une socialisation[11]. La mission du tuteur est de faire en sorte que les apprenants perçoivent la socialisation pédagogique et les interactions qui s'exercent dans les divers espaces. Je veux appuyer mon propos par une expérience de tutorat, en guise d'exemple.
 
« L'effet moustache » - Donner du sens aux espaces virtuels
 
Lors d'une séance de travail en ligne avec des apprenants, je présentais mes objectifs pédagogiques pour la formation à venir. J'ai été soudain interrompu par le responsable de formation par cette phrase mystérieuse « Cessez de dessiner des moustaches ». Un participant était en train de m'affubler d'une paire de moustaches. Je fus déstabilisé pour le reste de ma présentation, mais la vraie question ne se situe pas à ce niveau. Au-delà de la blessure narcissique, le vrai enseignement de cette anecdote est lié à la perception de la signifiance de l'espace. Je pense qu'il y a eu confusion de la part de l'impétrant dessinateur[12] entre l'espace professionnel proposé (l'espace numérique collaboratif commun) et l'espace privé d'accueil de l'écran interface. Un espace public numérique normé d'où l'on accède par un espace privé (domicile) sur son interface personnelle. Lors d'un travail tutoral en ligne il est habituel de mobiliser plusieurs espaces en simultané, l'espace numérique de formation commun où se rencontrent formateurs et apprenants et l'espace privé de l'apprenant où sont situées la, où les interfaces de travail. Le rôle du tuteur est d'expliquer comment circuler dans cet empilement d'espaces, dont aucun n'est neutre. Les espaces dans lesquels nous évoluons sont signifiants : une signification de l'espace numérique, une signification de l'espace personnel, une signification de l'interface.
 
L'espace statutaire, l'espace juridique
 
Michel Serres dans sa conférence donnée pour les 40 ans de l'INRIA[13] dit : « Changer d'espace c'est changer de droit et changer de politique. Nous changeons d'espace, peut être entrons nous dans un espace de non -droit ? » Il est fort possible que mon propos sur espace et tutorat pose la question du droit. Depuis que nous explorons, que nous pratiquons par l'usage les espaces de formations numérisées nous remettons en cause un modèle ancien, à bien des égards rassurant parce que nous pouvons le définir, le mesurer. Il est représenté par la salle de classe, par l'amphithéâtre, il est possible de le représenter par des unités de mesure.
 
Toutes les constructions juridiques, en tout cas en Europe, sont assises sur un principe spatial. La réglementation (les statuts) définit l'acte d'enseignement sur la base de l'exercice dans un espace réel. Les actes d'enseignement distant qui mêlent les espaces réels et les espaces virtuels posent problème. Peut-être faut- il y voir une crainte, une peur de l'institution, est ce la cadre Foucaldien de la vision panoptique[14] qui prévaut ? Je ne m'aventurerais pas dans ces considérations parce que je ne suis pas suffisamment savant, mais je ne peux m'empêcher de me poser la question. L'espace du droit devra désormais définir le cadre de l'enseignement en ligne, nous ne pouvons plus faire machine arrière. La technologie, les usages vont plus vite que le droit. Il faudra baliser l'espace statutaire du tuteur parce que le métier existe, il s'est imposé par l'usage. C'est une pratique qui s'est imposée par l'usage, il faudra que cet espace juridique trouve sa traduction dans l'espace du politique.
 
Conclusion
 
Les espaces de formation font entrer la question de formation dans l'ère de la complexité en rendant l'apprenant et l'enseignant (le tuteur) mobiles. Le progrès technologique de la révolution industrielle via la locomotive avait permis au corps des Hommes de se mouvoir dans des espaces toujours plus grands, le 20ème siècle a même propulsé l'homme dans l'espace. Le numérique pose une nouvelle question de la mobilité dans les processus d'enseignement et d'apprentissage. Nous devenons mobiles parce que les technologies le rendent possible en multipliant les interfaces et parce que les espaces à disposition se multiplient. En conséquence, la mobilité est- elle celle des corps ou celle des espaces
Actes du séminaire des 10 ans de t@d
Ont aussi participé à cette revue - Lucie Audet et Michel Richer, Brigitte Denis, Pierre Gagné, Viviane Glikman, Geneviève Jacquinot, Cathia Papi, Sylvie Pelletier, Jacques Rodet
Les vidéos de ces conférences sont consultables ici :
phototad10-32ff1-b6b91Les diaporamas des interventions sont consultables ici :
[1] Régis Debray « Communiquer et transmettre », BNF (4 décembre 2000)
http://www.dailymotion.com/playlist...
[2] Alain Milon. La réalité virtuelle, avec ou sans le corps, éditions autrement, 2005
[3] Stefana Broadbent. L’intimité au travail, FYP, (2012)
[4] Le centre de ressources en langues. Bibliothèque de l’Arsenal. Toulouse 1 Capitole in Bibliothèques universitaires learning centres guide pour un projet de construction, Sous la direction d’Anne-Marie Chaintreau (2012)
[5] Bibliothèque Schoëlcher (Martinique). François Monnet, Gilles Le Drian, architectes in Bibliothèques universitaires learning centres guide pour un projet de construction, Sous la direction d’Anne-Marie Chaintreau (2012)
[6] Bibliothèque de Saint-Quentin. Université Versailles-Saint-Quentin, Ripault et Duhart, architectes in Bibliothèques universitaires learning centres guide pour un projet de construction, Sous la direction d’Anne Marie Chaintreau (2012)
[7] Rôles et compétences des tuteurs à distance (10 octobre 2013)http://www.youtube.com/watch?v=_wFD...
[10]Home and Work (1996)
[11]Antonio Casili– Les liaisons numériques, Seuil (2010)
[12] Apprendre et enseigner dans des espaces signifiants
[13] Forum INRIA décembre 2007 Michel Serres Partie 2 l’espace -http://www.youtube.com/watch?v=sU43ohjNUXI
[14] Surveiller et punir – Michel Foucault – Gallimard (1975)
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Dernière modification le mardi, 26 avril 2016
Moiraud Jean-Paul

Cherche à comprendre quels sont les enjeux des perturbations du temps et de l'espace dans les dispositifs de formation en ligne. J'observe comment nous allons passer du discours théorique sur les bienfaits des modes collaboratifs à l'usage réel. Entre collaboration sublimée et usages individualistes de pouvoir, quelle place pour le numérique ?
 
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