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Pour faire face aux risque générés par l’utilisation de l’IA par les médias, le conseil de déontologie  et de médiation journalistique émet des recommandations dans son utilisation.

Face à la montée en puissance des outils générés par l’intelligence artificielle dans les médias, un groupe de réflexion composée des membres du conseil d’administration du CDJM (conseil de déontologie journalistique et de médiation), a rédigé, en juillet 2023, un document s’intéressant aux utilisations possibles de l’intelligence artificielle par les journalistes et les rédactions en les répartissant selon plusieurs niveaux, en fonction du degré de risque qu’elles représentent au regard du respect de la déontologie.

Et en préalable, que l’accélération et l’optimisation du travail permises par les outils d’intelligence artificielle, ne soient pas l’occasion de remettre en cause les principes des chartes de déontologie, qu’il s’agisse de l’exigence d’exactitude et de véracité des faits, de l’indépendance nécessaire du travail éditorial, de l’indépendance nécessaire du travail éditorial, du respect de la dignité et de la vie privée des personnes, ou encore de l’impératif de ne pas alimenter les haines et les préjugés.

C’est donc à partir de ces principes que trois catégories ont été établies et des recommandations établies dont voici les principaux extraits.

 Utilisations à risque faible

Sans dresser la liste de tous les contenus pouvant peu ou prou utiliser l’IA, il s’agit d’usages n’ayant pas d’impact sur l’information délivrée au public. A titre d’exemple, on peut citer les corrections orthographiques, les transcriptions d'enregistrement, la génération d’idées de titres optimisés pour le référencement.

Toutefois, si cette utilisation n’a pas à être forcément mentionnée dans les publications, il est recommandé aux journalistes de vérifier et de toujours valider les éléments générés avant qu’ils ne soient produits.

Utilisations à risque modéré

Quand l’utilisation de l’IA peut avoir un impact sur l’information publiée ou diffusée, ils doivent rester sous la responsabilité directe des éditeurs et des journalistes et doivent être signalés de façon explicite au public.

Ill peut s’agir de traduction automatique d’articles publiés dans une langue étrangère, de résumés d’articles, de synthèse factuelle de résultats électoraux etc… Concernant les visuels générés par des outils de l’IA, il ne doit être laissé aucun doute sur leur caractère artificiel et l’audience doit en être informée. Il en va de même si le visuel est inséré dans une séquence vidéo.
Par ailleurs, les règles déontologiques doivent être respectées par les journalistes et les éditeurs lors de la configuration ou du développement d’outils IA utilisés en interne.

En se fondant sur les données de navigation et d’autres informations personnelles, les outils d’IA peuvent modifier l’expérience des utilisateurs de services numériques. Dans ce cas, éditeurs et journalistes doivent s’assurer que ces systèmes n’entrent pas en conflit avec la ligne éditoriale et les choix rédactionnels effectués dans le traitement de l’actualité.

Utilisations à proscrire

Le CDJM recommande de ne pas utiliser d’outils IA pour générer des images, des sons ou des vidéos dont le réalisme risque de tromper le public ou de le laisser dans l’ambiguïté en lui soumettant une information contraire à la réalité des faits.

Enfin, des contenus générés en intégralité par des outils d’IA ne peuvent être publiés ou diffusés sans contrôle éditorial.

Un organe d'autorégulation

Créé en 2019, le conseil de déontologie journalistique a vocation à regrouper l’ensemble des éditeurs et des journalistes, tous médias confondus (presse écrite, radio, télévision, numérique, agences) à l’échelle nationale, ainsi que des représentants des publics.

Il est un organe professionnel d’autorégulation, indépendant de l’Etat, une instance de médiation et d’arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics, enfin, une instance de réflexion et de concertation pour les professionnels et de pédagogie envers les publics.

Ce n’est ni un conseil de l’ordre, ni un « tribunal de la pensée » ; il n’est pas une instance étatique ou administrative. Ce conseil est tripartite, composé de représentants des journalistes, des éditeurs et des publics. 

Il est saisi par le public ou peut s’autosaisir. 

Il instruit contradictoirement les saisies jugées recevables, qui concernent le respect des pratiques professionnelles. Un conseil de déontologie journalistique ne prononce pas de sanctions pénales, financières ou autres, mais il publie des avis, sur son site et sur le site du média concerné.

Un conseil de déontologie journalistique permet de redonner un avantage qualitatif en termes de fiabilité et de confiance aux médias en démarquant les informations professionnelles du tout-venant diffusé sur les réseaux sociaux et les plateformes et des propagandes étatiques ou autres.

https://cdjm.org/

Fabien Pont

Dernière modification le vendredi, 09 février 2024
Fabien Pont

Fabien Pont est ancien médiateur du journal Sud-Ouest, membre du conseil d’administration du CDJM (Conseil de déontologie journalistique et de médiation) et membre du conseil d’administration de l’An@é