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Comme en 2012 et en début d’année scolaire les trois ministres, respectivement en charge de l’Education nationale, de la Réussite éducative et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ont adressé aux inspections générales de leurs ministères une lettre programme de travail pour l’année scolaire et universitaire 2013-2014.
La nouveauté réside bien sûr dans la déclinaison et la mise en œuvre, après le vote de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’Ecole de la République et de la loi relative à l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, des décisions qui découlent de leur application.L’originalité toutefois de ce programme, c’est bien « le deuxième axe de travail » qui consiste à « éclairer (les ministres) dans le choix des stratégies et des modalités les plus adaptées pour atteindre l’objectif essentiel et commun à toutes les mesures décidées, qui est celui de la réussite de tous ».
Cette réflexion nationale porte sur trois grands enjeux de la refondation de l’école :
  •  Réussir la scolarité obligatoire
  •  Valoriser l’Enseignement professionnel
  •  Enseigner à l’heure du Numérique
Michel REVERCHON - BILLOT, IGEN a été chargé du programme de travail sur le numérique éducatif.

Invité aux Boussoles du Numérique organisées à Cenon par l’Association des Acteurs de l’école, il a apporté à la très nombreuses assistance des éclairages sur sa mission dans une intervention particulièrement appréciée des participants. Tout comme son collègue Jean Louis DURPAIRE, également présent à Cenon, il a porté un regard très prospectif sur le numérique éducatif.

Il donne dans cette interview pour Educavox quelques pistes de réflexion.

Il y affirme en particulier : « l’école ne peut continuer à ignorer ce que les élèves font en dehors de l’école , car ils y construisent en particulier des compétences qui sont mobilisables dans l’école ». En effet comment « à partir des pratiques sociales des jeunes peut-on construire des compétences scolaires réinvestissables  ? »

Il aborde également le problème des matériels et plus particulièrement de celui acquis par les familles, calculatrices, téléphones portables, smartphones, tablettes numériques, ordinateurs portables... et de leur place à l’école.
Peut-on envisager, comme en Grande Bretagne, que soit utilisé à l’école le matériel personnel de l’élève dans une démarche BYOD (bring your own device ) ? Ou faut-il équiper chaque élève avec du matériel spécifique Education, comme certaines collectivités s’engagent à le faire ? Sur quels modèles économiques ?

Accéder à des contenus, c’est d’abord définir les nouveaux contenus.

Le Conseil Supérieur des Programmes, présidé par Alain BOISSINOT, et installé le 10 octobre dernier doit notamment faire des propositions de nouveaux programmes pour la maternelle, l’école élémentaire et le collège.
Quelle place aura le numérique et plus particulièrement la culture numérique, dont il s’agira à coup sûr d’abord d’en définir les contours, puis le contenu, enfin le qui fait quoi.

S’il est au moins un point qui fait débat, pour l’instant, c’est bien celui de l’apprentissage du code et du concept d’algorithmes. Quoi ? Pour Qui ? Quand ? Comment ?

Mais comme toujours dans l’éducation nationale se cache derrière cette question , une autre plus difficile à aborder, et qui la sous-tend.

C’est celle des disciplines dont on doit bien reconnaitre que dans toute la chaîne hiérarchique de ce Ministère elle apparait comme un des éléments structurants de son fonctionnement vertical.

Comment le numérique pourrait-il apporter un peu d’horizontalité dans ce monde en silo ? On le sent bien, jusqu’au collège, les frontières entre les disciplines, éclairées par le numérique ne pourront qu’être poreuses.

Et aucune discipline ne pourra dans un avenir proche être pensée, comprise, donc transmise sans des regards transversaux et cet éclairage du numérique qui interpelle aujourd’hui tous les niveaux de l’éducation dont le supérieur.
C’est là que se forment déjà les enseignants de demain.

Quel sera sur ce sujet, sensible, l’apport de l’Inspection générale ?

Claude TRAN



Dernière modification le lundi, 10 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é co-fondatrice d'Educavox et membre du Comité de rédaction .

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