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La place de la translittératie à l’école est posée - Présent lors du second rendez-vous d’Aqui.fr, « Smart Médias et Renaissance du Journalisme », le 21 septembre dernier à Cenon, Pierre Haski nous livre ici sa conception du web-journalisme.

Cofondateur en 2007 de Rue89, site web de débat participatif et ancien directeur adjoint de la rédaction du journal Libération, il a assisté et participé à la transformation du journalisme de ces dix dernières années.

Tour à tour journaliste à l’AFP et à Libération, correspondant en Afrique du Sud, à Jérusalem et à Pékin (ville depuis laquelle il a tenu un blog Mon journal de Chine) et cofondateur du site Rue89 en mars 2007 donc, Pierre Haski est depuis près de quarante ans au cœur de l’information et de son traitement. Aujourd’hui aux commandes de l’un des sites web d’information les plus consultés avec plus de 2 millions de lecteurs par mois, il sait combien la renaissance du journalisme ne peut s’envisager et s’effectuer qu’avec le web.

L’information au service du citoyen

Forts de leur expérience de blogueurs, lui et ses collaborateurs ont fondé Rue89 il y a cinq ans, au moment où la presse française a commencé à plonger dans la crise. Tous ont alors eu l’intuition suivante « comment sortir de cette crise si ce n’est par internet ? ».

Bousculés par la technologie, chacun s’est alors engagé à mettre cette dernière au service de l’information, assistant de ce fait à la fin du journalisme traditionnel et à des changements de comportements concernant la réception de cette information.

En effet, pour reprendre les mots de Pierre Haski, « la place du lecteur a changé, il est dans la boucle de la production de l’information », insistant ainsi sur la rupture très forte créée par cette culture du numérique qui permet aujourd’hui au lecteur d’aller au-delà de son statut et de participer au débat que peut soulever telle ou telle actualité, et ceci en temps réel compte-tenu de la connexion quasi-perpétuelle.

La place et le rôle du journaliste sont alors fondamentaux dans ce contexte d’immédiateté de l’information, « la profusion de contenu sur internet ne réduit pas le besoin de journalistes, elle l’augmente (…) s’il n’y a plus de journalistes, c’est le citoyen qui est perdant » reconnait P.Haski, rappelant ici combien il est nécessaire pour la presse actuelle d’avoir à son service des journalistes compétents pour trier et hiérarchiser cette information permanente.

L’école doit elle éduquer à l’information ?

Les propos de Pierre Haski se transposent aisément du journaliste à l’enseignant .

Le journaliste, comme l’enseignant, est confronté à l’irruption du numérique dans la société qui perturbe, voire révolutionne son métier, sa pratique. Le journalisme traditionnel, comme l’enseignement traditionnel va laisser la place à une autre façon de transmettre l’information - le savoir - car le lecteur - l’apprenant - a changé. Son environnement concourt tout autant et parfois davantage à lui donner des réponses à ses questions.

L’école doit-elle apprendre à poser les questions et à évaluer les réponses ? Doit-elle éduquer à l’information ?

L’évaluation de l’information sur internet est en effet un enjeu éducatif majeur. Comment apprendre aux jeunes, citoyens autonomes en devenir, ces compétences décrites par Alexandre SERRES que sont « à la fois la capacité à filtrer, identifier, évaluer l’information, donc à construire les modalités de jugement de la crédibilité, de la validité et de la pertinence des ressources trouvées sur le net, mais également à lutter contre les infopollutions de toutes sortes » ?

Si l’école ne le fait pas, qui le fera ?

Pour Umberto Eco, « À l’avenir, l’éducation aura pour but d’apprendre l’art du filtrage ».

La place de la translittératie à l’école est posée

Claude TRAN

 Photo Pryska Ducoeurjoly (Aqui.fr)

Dernière modification le mardi, 18 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é et membre du Comité de rédaction d’Educavox.

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