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Artilect, reconnu comme premier fablab français, a organisé les 12, 13 et 14 mai dernier le FABLAB FESTIVAL dans sa ville de Toulouse et plus précisément au centre de la ville dans un ancien atelier de chaudronnerie. Le lieu symbolise à lui seul le passage de témoin entre l’artisanat traditionnel  et l’artisanat numérique.

Le trait d’union est d’autant plus facile que la première impression vient confirmer cet entre deux : entre deux temps, entre deux mondes avec un mélange de « bidouille » et de très haute technologie.

Ce festival regroupe fablabs associatifs, startup, labs d’entreprises et monde de l’éducation.

Le maître mot de la manifestation est l’ouverture, l’ouverture aux professionnels (journée du 12 mai), ouverture au public, tout public (journées des 13 et 14 mai) avec deux corollaires : le partage et l’innovation, l’un n’allant pas sans l’autre au dire des participants.

Ce festival est au croisement de trois préoccupations ancrées dans notre temps : le développement des robots et de l’intelligence artificielle, le développement de l’individu et de son éducation, le développement durable et le respect de la planète.

Science et recherche sont bien présents bien sûr mais sont présentées comme au service de l’humain.

La vocation scientifique de Toulouse  et la volonté d’innovation sont clairement affichées mais l’enjeu de ces journées n’est pas là : il s’agit de d’ouverture sur la société et de participation des citoyens.

Le constat est fait et  bien formulé que nous ne sommes pas tous égaux devant le numérique. Mais au lieu de susciter peur et repli, ce constat débouche sur la confiance : confiance en une société ouverte sur le monde, ouverte sur les citoyens, sur nous tous. L’instrument- privilégié de cette confiance est le développement simultané de la culture numérique et de l’intelligence collective avec corrélation forte entre intelligence artificielle et intelligence humaine. Comme le dit François de la Rosière, parrain du festival, « quand il s’agit d’inventer, de fabriquer, de créer et de construire, il faut avant tout être ouvert au monde, en connexion avec son temps, avoir le sens du partage, écouter ses intuitions. »

 

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Du reste, la dernière génération de robots ici présentée est révélatrice de ces préoccupations nouvelles. Ceux-ci ont vocation à travailler ensemble, chacun effectuant une tâche particulière, complémentaire de celle de ses « congénères » et coordonnée avec elles.

Mais ce n’est pas tout : ils sont aussi dévolus à des tâches partagées avec les humains en tenant compte de tous les problèmes « d’acceptation mutuelle » et de sécurité que cela pose.

L’heure n’est plus seulement à l’autonomie individuelle des robots avec des capacités spécifiques mais à la coopération de flottilles de robots diversifiés et d’hommes de chair et d’os. Ces derniers ont la possibilité d’apprendre aux robots les gestes qu’ils savent eux-mêmes effectuer. De plus, les efforts de la recherche sont tournés vers les commandes vocales des robots et machines  avec la volonté de renforcer la complémentarité homme- machine.

 

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Le souci d’éducation est bien présent dans ce festival.

Il se traduit par la présence d’associations qui créent ou outillent des espaces éducatifs numériques dans les écoles primaires. C’est le cas de LePoleS né à Villeneuve la Garenne au cœur des « quartiers » et qui,  développe tiers lieux et éducation populaire avec école du web et fabrique numérique ; c’est le cas de « Planète science » qui a développé une imprimante numérique 3D, libre de droits et que peuvent construire des enfants de neuf à douze ans avec de simples collages de bois.

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L’éducation nationale est partenaire par l’intermédiaire du réseau CANOPE et le festival accueille une table ronde intitulée « Apprendre demain ».

Des liens sont ainsi tissés entre CANOPE et le réseau français des fablabs qui doivent déboucher sur une convention. Les fablabs illustrent, la notion de tiers lieux ouverts à toutes les communautés avec l’évidente complémentarité entre tiers lieux physiques et tiers lieux numériques. Ils impliquent et imposent culture de l’innovation et coéducation dans un  espace décloisonné. Dans cette logique de décloisonnement, il semble préférable de privilégier le contact avec des fablabs existants au détriment de l’ouverture de fablabs dans les établissements scolaires. La porosité avec d’autres acteurs porteurs d’une culture et d’un savoir faire sont une source d’enrichissement irremplaçable.

Ce contact est à même de favoriser les rapprochements de la culture du web et des fablabs avec la culture scolaire. La question est clairement posée : »Quelle plus-value pour les différents acteurs : élèves, enseignants et fablabs » ?

Enfin le festival est naturellement engagé dans une logique de développement durable.

Cela va de la maison à énergie positive qui est présentée, à la conférence de Yves Ardourel «  Le film, un vecteur privilégié de l’engagement pour le développement durable ». Le lieu prêche l’exemple avec son jardin partagé » et ses toilettes sèches. Les diverses fabrications et les applications de la robotique sont tournées résolument vers un avenir plus respectueux de notre planète.

 

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C’est un monde en pleine transition que fait découvrir le FABLAB FESTIVAL.

« Transition sociétale, économique, écologique et culturelle » comme la définit Nicolas Lassabe, président d’Artilect. Une transition dont les mots clés sont expérimentation, innovation, collaboration, initiatives, projets, partage…des mots qui devraient résonner de façon similaire dans les institutions, les entreprises et les écoles.

Jacques Puyou

Dernière modification le mercredi, 17 mai 2017
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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