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17 académies sur 30 ont entrepris l’expérimentation des tablettes tactiles dans les établissements scolaires du primaire et du secondaire. Une lente progression qui présente de nombreux obstacles. 
Aujourd’hui, près de 16 000 tablettes1 sont à disposition des élèves français dans leurs écoles. C’est le résultat d’une politique menée par le ministère de l’Education nationale à partir de 2010, ayant pour but de tester les bénéfices des tablettes dans le système éducatif. Sept académies ont d’abord piloté le projet, et tout particulièrement celle de Corrèze, qui a été équipée de 2500 iPads (Apple) pour les élèves de 25 collèges. Cela représentait plus de la moitié des tablettes dans les établissements scolaires. Deux ans plus tard, 10 académies supplémentaires ont intégré le projet.
 
Comparée à d’autres pays, la France se montre assez frileuse. Aux Etats-Unis par exemple, le district de Los Angeles, deuxième plus grand réseau d’écoles publiques, a signé un contrat de 30 millions de dollars (plus de 40 000 tablettes) avec Apple pour équiper 47 de ses établissements2. En Turquie, ce sont les 15 millions d’élèves que compte le pays qui seront à terme équipés en tablettes dans le cadre du projet Fatih3. Le gouvernement turc parlait d’ailleurs d’un contrat de 4,5 milliards de dollars en cours de négociation, toujours avec Apple. Scénario similaire en Corée du Sud, où le ministère de l’Education nationale du pays a prévu de remplacer tous les manuels scolaires par des tablettes d’ici à 2015.
 
Beaucoup de paramètres à prendre en compte
 
Mais si la France accuse un retard si flagrant, c’est parce qu’il est difficile d’avancer dans un climat d’incertitude. Car les différents retours d’expérimentations des établissements publics rapportent les bénéfices de l’usage des tablettes, mais il est difficile d’en percevoir les avantages concrets. Des études privées sont également établies, notamment à l’école d’Amelia Earhart Orient en Californie, où des chercheurs ont évalué la performance de deux groupes d’élèves pendant une année. Leur conclusion affirmait que le groupe ayant utilisé les tablettes a obtenu de meilleurs résultats que celui qui n’a travaillé que sur des manuels traditionnels.
Mais ces résultats sont à nuancer. « Les études sont à prendre avec précaution car d’autres d’études montrent également qu’il ne se passe en fait rien de magique quand on met des enfants devant des écrans » déclarait Philippe Cottier, chercheur au CREN (Centre de recherche en Education de Nantes), sur Atlantico.fr.
 
Ajoutez à cela les coûts d’achat, qui sont relativement élevés à l’unité. Les premiers prix sont aux alentours de 250€, mais les iPads d’Apple, plébiscités par l’Education nationale, ont un prix minimum de 400€. Il faut également prendre en compte les coûts de maintenance. Enfin, la majorité des applications utilisées en cours nécessitent une connexion internet. Et les installations technologiques ne sont pas toujours au point. De nombreux enseignants se plaignent de déconnexions régulières, ce qui entraîne des pertes de temps conséquentes. Même si le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a émis la volonté de développer la mise en place de tablettes dans le milieu scolaire lors de sa conférence du 10 juin au lycée Diderot4, il faudra encore patienter pour qu’une part importante des plus de 12 millions d’élèves français dispose d’une tablette tactile dans leur établissements. Car la France n’a pas l’habitude d’avancer les yeux fermés. 
 
Sources : 
 
 
 
An@é

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