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En 2010, le photographe et réalisateur français Raymond DEPARDON, créateur de l'agence Gamma, ouvre à Paris, au 6 Impasse de la Défense " un nouveau lieu dédié à l'image-document, à l'emplacement d'une ancienne salle de bal derrière la place de Clichy. Un lieu d'exposition, de confrontation et d'interrogation des multiples approches possibles du réel, un lieu en résonance avec l'histoire en marche."

Haut lieu de fête et de plaisir dans les années folles, la guinguette Chez Isis attirait une clientèle venue s'encanailler aux portes de Paris.
LE BAL est devenue aujourd'hui une plate-forme d'exposition, de production, d'édition, de pédagogie, de rencontres et de débats autour des multiples écritures du réel
Ce lieu très symbolique dédié à l'image-document a été choisi par Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Fleur PELLERIN, ministre de la Culture et de la Communication, pour signer avec Jean Marc MERRIAUX directeur général de Canopé, la Convention sur l'éducation aux médias et à l'information.

Le CLEMI, service du réseau Canopé, dont l'engagement au sein de l'Ecole en faveur de la compréhension et de la maîtrise de l'information médiatique, pour préparer les élèves aux enjeux de citoyenneté à l'ère du numérique, était représenté par Franck CHAUMONT, directeur délégué.
Diane DUFOUR, la directrice du BAL a tout d'abord présenté DUST, une exposition qui s'articule autour d'une oeuvre particulièrement marquante pour l'histoire de l'art moderne et contemporain : Élevage de poussière de Man Ray et Marcel Duchamp (1920)
Les élèves d'arts plastiques de 1ère du lycée Henri Wallon d'Aubervilliers et leurs professeurs, sont venus présenter PLAYGROUND, le jeu de cartes qu'ils ont conçu dans le cadre du projet participatif Pics Up mené par la Fabrique du Regard.
La Fabrique du Regard, c'est la plateforme pédagogique du BAL. Elle mène en effet chaque année 4 programmes d'éducation à l'image pour 2000 collégiens et lycéens de l'éducation prioritaire provenant de 70 établissements de 7 académies. L'objectif : former des " citoyens- regardeurs ". Faire comprendre aux jeunes comment les images se font et ce qui conditionne notre regard sur elles.

Dans son discours Fleur PELLERIN rappelle, dans le contexte d'une dramatique actualité, l'urgente nécessité d'une action ambitieuse dans le domaine de l'éducation aux médias afin que ceux-ci soient pour les jeunes des outils d'éveil de leur sens critique, contribuant au développement de leur autonomie, de leur créativité et de leur responsabilité .

" Dans une France qui restera marquée à jamais par cette année terrible, où la culture, où la liberté d'expression et la liberté de la presse ont été prises pour cibles, il est plus que jamais de notre responsabilité d'en faire partager la nécessité démocratique aux générations qui viennent.
Dans une France meurtrie dans sa chair, où l'image des attentats s'est propagée à une si grande vitesse, où le sens de ces actes fut parfois difficile à saisir pour nos enfants et parfois difficilement soutenables, il est de notre responsabilité de leur donner les moyens de les analyser et de les comprendre. En particulier lorsque fleurissent les théories du complot ou les messages de propagande les plus insidieux et les plus dangereux.

Notre force c'est notre capacité à fédérer tous les acteurs des médias, journalistes, éditeurs, médias publics ou privés, grand public ou médias associatifs de proximité qui ont toujours été mobilisés pour partager leur passion de l'information. En témoigne le succès toujours croissant de « la Semaine de la presse et des médias dans l'école » ou de « la Journée du direct » menées par le CLEMI. "

 

 

La convention prévoit en effet plusieurs axes structurants de l'action des deux ministères :


organiser un maillage du territoire, une mise en réseau des acteurs et une mutualisation des pratiques notamment dans les territoires prioritaires
encourager et faciliter les partenariats, notamment l'intervention de différents journalistes et professionnels des médias et du numérique
favoriser les projets des élèves, tant individuels que collectifs, soutenir et valoriser leurs pratiques autonomes d'expression, quel que soit le média utilisé, dans une démarche de parcours citoyen
contribuer à la formation initiale et continue des enseignants en identifiant les compétences et les connaissances liées à l'éducation aux médias et à l'information (EMI), en lien constant avec l'université et la recherche
soutenir les enseignants dans la mise en place de "projets médias" et leur permettre, en rencontrant des professionnels, de se former et d'acquérir la distance nécessaire à l'action éducative dans ce domaine.

L'éducation à l'image est au cœur du discours de Najat VALLAUD BELKACEM

"Nous sommes en effet, aujourd'hui, dans une situation paradoxale.Jamais l'image n'a été aussi présente dans nos sociétés. Or, face à cette omniprésence de l'image, nous avons, à bien des égards, une absence : celle de sa compréhension et de sa maîtrise.

Le propre de l'art est de masquer sa fabrique, sa dimension artisanale. Dans une photo, nous voyons une image qui nous semble réelle. Mais elle peut aussi bien, et la photo de Man Ray qui a inspiré l'ensemble de l'exposition « Dust » est à cet égard exemplaire, être surréelle, ou irréelle.
Par les connaissances et les savoirs qu'ils leur transmettent, les enseignants initient les élèves à la complexité de l'image et plus largement à celle de la représentation. Informer, l'étymologie nous le dit, c'est aussi mettre en forme."

 

Les élèves du lycée Henri Wallon d'Aubervilliers ont su montrer aux deux ministres combien ils avaient intégré cette compréhension et en ont profité pour les initier au jeu de carte qu'ils ont créé en leur donnant la règle du jeu : donner un coup de pouce au réel en tenant par la main une image, la placer dans une situation réelle et photographier l'ensemble. Ce jeu de trompe-l'œil est une invitation à changer le monde qui nous entoure par l'image.

Claude TRAN

Dernière modification le mardi, 05 janvier 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'association Inversons la classe, consultant.