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Si vous souhaitez tenter l’expérience et  intégrer les BYOD dans votre pédagogie, voici quelques conseils qui vous permettront de préparer votre projet en amont du Conseil d’Administration de votre EPLE et qui vous permettront de faire face aux arguments contraires et autres vents de panique. En effet, l’apparition de ces objets connectés dans les classes suscite encore beaucoup de méfiance de la part des enseignants mais aussi des parents.

1-      Définition des BYOD

« Bring Your Own Device » autrement dit, « apportez vos objets personnels ».

Certains tentent de franciser l’acronyme, il devient donc AVAN « Apportez vos appareils numériques ».

Les BYOD sont au nombre de trois : l’ordinateur portable, la tablette, le smartphone

2-      L’intérêt pédagogique

-         Valorisation, lien affectif et motivation:  Les élèves qui possèdent un ou plusieurs objets connectés sont très fiers de la maîtrise de celui-ci et des possibilités qu’il offre. La plupart du temps, ils ont un lien très affectif avec leur BYOD et sont heureux de pouvoir s’en servir en classe, cela les motive davantage, l’objectif est plus vite atteint. De plus, ils se sentent valorisés, car acceptés et compris. Leur maîtrise du numérique, souvent supérieure à celle de l’enseignant, ou du moins différente, leur permet de se valoriser, de montrer d’autres compétences et de les faire partager. Le rapport entre l’élève et l’enseignant s’horizontalise puisqu’il y a un partage d’expériences et de savoir-faire. Le rapport entre élèves est intéressant puisque l’on assiste à des échanges techniques, des expériences entre pairs.

-          Réflexion sur la citoyenneté et le numérique : Le numérique et les objets connectés qui en sont le support font partie de notre quotidien. Emmanuel Davidenkoff parle ainsi de « tsunami numérique ». L’utilisation des BYOD en classe offre la possibilité d’engager une éducation au numérique. L’enseignant devient alors un accompagnant, il fait prendre conscience des avantages et des risques liés au numérique et aux réseaux sociaux notamment. La réflexion citoyenne qui s’engage alors dépasse le cadre de l’école et accompagne l’élève dans sa vie quotidienne et sa future vie professionnelle.

-       Carences matérielles et gain de temps : l’utilisation des BYOD offre un gain de temps considérable sur une séquence courte. En effet, plus besoin de courir d’un bout à l’autre de l’établissement pour accéder à une salle informatique aux ordinateurs capricieux ou déjà occupée par un collègue qui a oublié de se signaler. Avec les BYOD, la connexion est quasi immédiate, les élèves ne perdent pas de temps car ils maîtrisent leur matériel, souvent récent.

-       Assurer la continuité de l’usage des BYOD sur la scolarité : Il est en effet important d’envisager l’utilisation des BYOD en classe, non pas sur une année, mais sur un continuum. Il serait intéressant de voir l’évolution de l’usage des BYOD sur une cohorte, par exemple de la seconde à la terminale. Ceci permettrait entre autres, de déterminer les acquisitions pédagogiques, numériques et citoyennes.

3-      Quelques exemples d’arguments « contre »

L’équité : Cette question est en effet capitale car elle est l’un des fondements de l’école républicaine. Il faut donc pouvoir y répondre. Pour cela, le projet pédagogique nécessitant les BYOD doit être précis et s’inscrire dans une temporalité (année scolaire, trimestre, semaine..) et l’objectif doit être clair (formation entre pairs, recherche documentaire,…).

Je conseille au préalable d’évaluer le nombre d’élèves ne possédant pas d’objet connecté personnel et de privilégier plutôt les travaux de groupe dans la classe. Ainsi, un groupe de 4 ou 5 élèves pourra travailler avec un ou deux BYOD, il n’y aura donc pas d’élève lésé.

Il faut également essayer de trouver des palliatifs en sollicitant notamment les partenaires (Région, Conseil Général) pour acheter quelques tablettes par exemple qui pourront être à disposition dans la classe.

Le contrôle des activités : Le fait de ne pas contrôler tout ce qui se passe avec les smartphones est une des craintes des enseignants. J’aurais tendance à répondre qu’on ne maîtrise jamais tout quoi qu’il en soit, mais que, le fait de leur accorder cette confiance enraye parfois les velléités de resquiller. De plus, le règlement intérieur de l’établissement, voire la charte d’utilisation des BYOD s’il y en a une, peut servir de point d’appui pour des sanctions éventuelles.

Confidentialité : Il s’agit là de la crainte des parents ou des élèves eux-mêmes. A quel point l’enseignant ou les élèves peuvent-il avoir accès au contenu personnel d’un smartphone ? Là encore, le règlement intérieur doit servir de garde-fou et garantir la sécurité personnelle.

4- La réalité matérielle, anticiper les difficultés

Le cadre d’utilisation : Il est important dans un premier temps de définir ce cadre, en précisant la salle de classe ou autre qui servira de cadre « géographique » à cette utilisation.

La connexion : Les modalités de connexion sont extrêmement importantes car il s’agit de choisir entre la WIFI de l’établissement ou la 3G/4G des élèves. Si la WIFI est choisie pour établir la connexion, il faudra s’assurer auprès du référent informatique de l’établissement et du Chef d’établissement que cela n’altère en rien la sécurité des données propres au collège ou au lycée.  Si c’est la 3G ou la 4G des BYOD qui est choisie, il y a une difficulté de contrôle de la part de l’enseignant car dans ce cas, il n’y a aucun filtre, l’élève peut avoir accès à tout.

Assurer la sécurité : Dans la salle dédiée à l’utilisation des BYOD, il faut prévoir un meuble fermé à clef. Ainsi, l’élève qui souhaitera protéger sa tablette ou son PC pendant le reste de la journée, le pourra aisément. Pour ma part, je conseille de prévoir la « customisation » d’un meuble. Il s’agit par exemple de créer des trous à l’arrière de l’armoire pour assurer les branchements des BYOD et ainsi les recharger.

5- Les alliés et collaborateurs

Lorsque l’on se lance dans une expérimentation BYOD en classe, il est important de s’assurer du soutien de plusieurs acteurs.

-     Les personnes ressources de l’établissement :  Chef d’établissement et son adjoint, RUPN, ATPR…

-   Le DAN :  Le Délégué Académique au Numérique est la personne à contacter pour être conseillé, soutenu, orienté.

-    Le Cardie : Les conseillers académiques en Recherche-développement, innovation et expérimentation peuvent soutenir votre démarche et vous conseiller également.

-   Les partenaires territoriaux : Leur aide est précieuse notamment pour l’acquisition de matériel. Ils interviennent également en cas de difficultés liées à la connexion WIFI et aux problèmes de serveurs.

6-      Les liens référence

Voici quelques liens qui m’ont aidés à construire et présenter mon premier projet BYOD.

http://www.ac-orleans-tours.fr/uploads/media/Innovation___refondation.pdf

http://format30.com/2014/10/30/formation-et-innovation-les-six-avantages-du-byod/

http://critic-elearning.com/innovation-bientot-formation-11-0/

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/ecogest/spip.php?article200

La mise en place d’un projet BYOD en classe peut s’avérer assez lourde en fonction du type d’établissement. Néanmoins, lorsqu’il est mené à bien, l’expérience s’avère très enrichissante pour les élèves et l’enseignant. Un nouveau rapport s’installe, celui de l’égalité, de la confiance et de la créativité.

Dernière modification le dimanche, 23 novembre 2014
Roux Bellicaud Delphine

Professeur de lettres-histoire et FLE en LP, académie de Poitiers. Séduite par les innovations, les expérimentations, les "ovnis" de l’éducation...les TICE, les MOOC...bref, ce qui contribue au changement du système éducatif archaïque.