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Ayant reçu ce témoignage à l’An@é nous le publions sachant que cela ne reflète pas la majorité de ce qui se passe dans les écoles maternelles. Cependant, il s’agit d’un vécu que nous ne pouvons ignorer et qui pose des questions de fond sur le rôle et la place de l’école maternelle, les relations et collaborations au sein de la communauté éducative et sur la formation des professeurs. Envoyez vos témoignages ! (Crédit photo : archives An@é)
"Tout a commencé bien avant septembre. Oscar*, 3 ans et demi va commencer sa scolarité à l’école maternelle de mon quartier. La directrice nous convie à un entretien d’inscription puis à une réunion collective.
 
Pleine d’émotion, d’espoir et de confiance je me présente à ces rendez-vous.
Là, le ton est donné. Le lien parent-enseignant ne s’établit pas vraiment. Entre rejet de la réforme en cours sur les rythmes scolaires et leçon d’éducation à tendance culpabilisante, je me demande comment se déroulera l’année scolaire d’Oscar si je me focalise sur tout ce qui me dérange dans le discours entendu…
 
Sur quoi nous culpabilise-t-on ?
 
Le rythme de vie de nos enfants ! Car nous sommes des parents irresponsables à vouloir confier nos enfants à la collectivité toute la journée. « Ce n’est vraiment pas adapté aux petits »…Et qu’est-ce qui n’est pas adapté aux « petits » ? La garderie du matin et du soir, la cantine, la sieste. Et ne parlons pas des rythmes scolaires ! ce n’est pas le sujet de l’école..."nous, ici, on est contre, alors ce n’est pas notre problème"...
 
La sieste…Etre l’après-midi à l’école alors qu’on serait mieux dans son lit douillet avec maman pour faire des crêpes au goûter…à moins qu’on ne soit devant la télé pendant que maman s’occupe de la maison ou au dans un caddie de supermarché…Et même si maman en profite pour s’occuper d’elle-même ne sera-t-elle pas plus disponible pour accueillir son enfant après l’école ?
 
La cantine et la garderie « ne sont pas adaptées »…Prestations qui ne relèvent pas de l’école mais qui rendent « service aux parents ». Eux-mêmes « ne souhaiteraient pas passer leur temps dans le bruit et l’agitation dans leur vie » paisible de travailleur…Et ne parlons pas de ceux qui laissent leurs enfants à l’école pendant leur RTT !
 
Pourquoi ne cherche t’on pas à les améliorer histoire de déculpabiliser les parents qui n’ont pas le choix ? Il parait « qu’on a toujours le choix »…Il faudra ajouter un volet à la formation des enseignants sur les contextes sociaux réels des familles.
 
Un parent culpabilisé est il apte à donner un enthousiasme à son enfant, un regard positif sur l’école ?
 
Ne devrions-nous pas être partenaire des enseignants pour aider nos enfants à bien apprendre et à s’épanouir ?"
 
Devons-nous correspondre à tous les stéréotypes du « bon parent »et uniformiser nos façons de vivre ?
 
Je sais que chacun n’a pas cette expérience, mais cet état de fait existe encore aujourd’hui...
 
 
* Le prénom de l’enfant a été modifié
An@é

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