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Créé en 2019, le Conseil d’évaluation de l’École a pour mission d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire.

Le premier rapport national de cette nouvelle institution présente un premier bilan des contenus qui émergent des évaluations, globalement et à travers quatre thématiques : l’éducation au développement durable, la lutte contre le harcèlement, la place du numérique et l’ouverture européenne et internationale.

Près de 950 établissements ont été évalués au titre de l’année scolaire 2020-2021, soit un peu plus de 9 % de l’ensemble des établissements du second degré, publics et privés sous contrat (collège, lycées généraux et technologiques, lycées professionnels).

Le rapport national de cette première campagne d’évaluation repose sur l’analyse à partir d’une liste de mots-clés, d’un échantillon de cent rapports d’évaluation sélectionnés aléatoirement.

Avec 443 items dans les cent rapports d’établissement, le Conseil d’évaluation de l’École observe « la présence régulière, mais non systématique, d’items liés à la place du numérique ».

  • Les thématiques associées au numérique sont la communication, les infrastructures et le matériel, ainsi que la pédagogie qui rassemble deux tiers des items.
  • On trouve aussi des items liés aux usages du numérique, à la formation et aux ressources humaines, ainsi qu’aux atouts et dangers de leur utilisation.

« Les outils numériques sont essentiellement abordés au prisme de la communication avec les familles »

Le Conseil d’évaluation de l’École identifie, dans ces rapports d’évaluation, une interrogation « sur les modalités les plus adéquates pour que les parents d’élèves puissent suivre le travail, les résultats et la vie scolaire de leurs enfants ».

« Une attention particulière est portée aux familles les plus éloignées de l’école à travers les moyens de pallier les effets de la fracture numérique et les risques induits par le recours croissant à des procédures dématérialisées. »

 

« Les outils numériques, notamment Pronote (avantages, inconvénients, concurrence de Twitter ou Whatsapp), sont aussi questionnés. »

 

Financé par les collectivités, l’ENT et ses fonctionnalités, « pas toujours exploitées, sont valorisés dans les rapports d’évaluation en tant que ressources pédagogiques et moyens de communication ».

 

Les infrastructures et le matériel « font l’objet d’une description de ce qui est mis à disposition ou d’un jugement quant à leur degré de vétusté, qui dépend des relations entre établissement et collectivité, ou à son utilisation inégale par les enseignants et les élèves ».

 

L’intégration pédagogique de ces outils permet le renouvellement des pratiques, le travail collaboratif, l’évaluation par compétence et la différenciation, grâce à la diversification pédagogique, au suivi personnalisé des élèves, de leurs apprentissages et de leurs parcours d’orientation.

 

Les usages montrent un décalage entre l’idée d’élèves à l’aise (digital native) et une réalité plus contrastée, révélée par la crise sanitaire, à laquelle on peut remédier grâce à l’ENT ou à la certification PIX.

 

Les rapports d’établissement font état des besoins en matière de formation, « avec des pratiques qui ne suivent pas toujours au regard des ressources et des outils numériques disponibles et un accent particulier est mis sur les personnes ressources à mobiliser ».

« Le numérique apprécié pour ce qu’il permet autant que craint par sa complexité, son influence et la remise en cause des pratiques qu’il impose »

Les dangers, note le Conseil d’évaluation de l’École, « portent surtout sur les réseaux sociaux, avec des adultes désemparés, le lien à l’éducation aux médias et à l’information étant insuffisant pour une situation qui dépasse le cadre de l’école et interroge le rôle des parents. Les bénéfices sont à trouver autour des langues et de la culture, avec le numérique comme outil d’échange et de rapprochement (programme eTwinning, par exemple) ».

 

Si la crise sanitaire a permis le développement de compétences en lien les usages du numérique, une harmonisation de ces usages et une proximité plus grande entre adultes, élèves et familles, « elle a aussi mis au jour la fracture numérique (décrochage, difficultés de suivi), la cyberviolence et parfois le caractère perçu comme chronophage du numérique ».

 

En conclusion, note le Conseil d’évaluation de l’École, « le numérique est apprécié pour la simplification de présentation et d’échange qu’il permet autant que craint par sa complexité, son influence et la remise en cause des pratiques qu’il impose. Diversement appréhendé par l’institution et ses agents, il est tout autant un révélateur des nouveautés que des fragilités et des tensions qui parcourent l’éducation ».

Le Conseil d’évaluation des écoles

Le Conseil d’évaluation de l’École est chargé d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire.

Ses principales missions sont de :

  • veiller à la cohérence des évaluations, nationales et internationales,
  • donner un avis sur les méthodologies, les outils et les résultats de ces évaluations
  • définir le cadre méthodologique et les outils des autoévaluations et des évaluations des établissements,
  • établir une synthèse des différents travaux d’évaluation portant sur les acquis des élèves, les dispositifs éducatifs et les établissements d’enseignement scolaire

Les travaux du Conseil sont publics, ils ont vocation à éclairer les pouvoirs publics et enrichir le débat public sur l’éducation.

Publié sur le site : https://labo.societenumerique.gouv.fr/2022/04/20/le-numerique-revelateur-des-fragilites-et-des-tensions-qui-parcourent-leducation-selon-le-conseil-devaluation-de-lecole/

Dernière modification le vendredi, 22 avril 2022
An@é

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