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Nous le savions, la crise sanitaire l'a confirmé, les différences sociales, économiques, culturelles pèsent sur la réussite scolaire des enfants et des adolescents accentuées par la période de confinement que nous venons de vivre. Et maintenant? Comment venir en aide aux plus fragiles ?

Nous devons en premier lieu distinguer les élèves en difficulté de celles et ceux qui sont en rupture.

Le rattrapage est surtout bénéfique aux les élèves moyens et appliqué(e)s qui veulent s'en sortir, il semble d'ailleurs convenir davantage aux filles qu'aux garçons car, dans les milieux défavorisés, ces derniers ont une image plus négative du travail scolaire et estiment souvent que se soumettre aux injonctions de l'école, c'est sacrifier leur virilité.

Pour eux, comme pour celle set ceux qui ont décroché, donner davantage d'heures et d'exercices n'est pas forcément une panacée. Un travail de réconciliation approfondi avec l'école et les savoirs est nécessaire,ce qui suppose une inventivité pédagogique qui passe par la mise en oeuvre à la fois d'un collectif solidaire et d'un accompagnement personnalisé nécessitant originalité, adaptation et exigences. Les pédagogies actives (coopératives, institutionnelles par exemple) sont une piste à explorer car elles permettent de retrouver confiance en soi, goût du savoir, sens de l'effort tout en mobilisant les jeunes sur un projet où ils deviennent acteurs de leurs apprentissages.

Le confinement aura sans doute servi à réhabiliter le rôle de l'enseignant(e) et à montrer la nécessité d'une véritable interaction pédagogique pour faciliter l'émergence du sens et développer une vie collective. Il aura aussi souligné le fait que les enfants ne vont pas seulement à l'école pour apprendre mais pour apprendre ensemble avec d'autres qui ne leur ressemblent pas, et avec lesquels ils sont invité(e)s à accéder à des savoirs communs.

Un autre axe à privilégier sera cette alliance entre l'Ecole et les familles.


En France, l'institution scolaire s'est créée en rupture avec la culture familiale représentée par la religion, les patois, l'hérédité des privilèges, les croyances, tandis que l'Etat incarnait la langue nationale, la science, la raison, le progrès l'égalité des chances. Entre les familles et l'école , nous avons construit une culture de la méfiance et la co-éducation, pourtant inscrite dans les textes, n'est pas totalement entrée dans les moeurs.

Cette crise aura au moins permis de montrer l'importance de cette relation qui sera entièrement à revisiter, notamment pour celles et ceux qui sont éloignés de la culture scolaire. C'est un effort prioritaire que nous devons accomplir pour aider nos enfants les plus fragiles à devenir des élèves !!

Dernière modification le lundi, 06 juillet 2020
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à Radio 4 en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques sur http://www.radio4.fr/radio rubrique "Magazine", puis "Paroles".

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