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Propos recueillis par Julien Rousset pour le journal Sud-Ouest et question posée à Jean Cassou qui a publié :" École : est-ce vraiment mieux ailleurs ? Un regard comparatif sur les systèmes éducatifs européens ".

École : « Ce que nous pouvons apprendre de nos voisins »

Jean Cassou, qui fut longtemps enseignant au lycée Barthou, publie un livre sur les systèmes éducatifs européens

Jean Cassou, 63 ans, jeune retraité, fut professeur au lycée Barthou de Pau. Il a également travaillé, pour le rectorat, sur l’étude des systèmes éducatifs en Europe. À la lueur de cette expérience, il vient de publier « École : est-ce vraiment mieux ailleurs ? » (1). Un ouvrage documenté qui s’intéresse en particulier à la Finlande, l’Angleterre, l’Allemagne, la République tchèque et l’Espagne. «Sud Ouest».

Pourquoi la Finlande est-elle souvent citée en exemple ?

Jean Cassou. Il y a deux choses particulièrement intéressantes dans le système finlandais. D’une part, l’organisation du cursus scolaire : tous les élèves, de 6 à 16 ans, vont dans la même école, il n’y a pas la séparation, parfois vécue brutalement en France, entre le primaire et le second degré. D’autre part, la Finlande investit massivement pour les enfants de 7 à 13 ans. Ils sont dans de petites classes. Aussitôt que l’un d’eux dé- croche, il bénéficie d’un soutien particulier.

En Allemagne, vous saluez la forte connexion de l’école avec le monde de l’entreprise…

L’orientation vers la voie professionnelle peut y intervenir tôt, dès 11 ans. En Allemagne, l’apprentissage est beaucoup mieux perçu qu’en France, d’autant que de grands chefs d’entreprise sont issus de la voie professionnelle, non des grandes écoles. Les relations entre l’école et le monde de l’entreprise sont beaucoup plus fluides, et efficaces, les boîtes sont partie prenante de la formation. L’offre de formation est gérée localement au plus près du terrain.

Quels sont les aspects de l’Éducation nationale à la française qui sont admirés à l’étranger ?

La qualité des classes prépas, même si certains les jugent trop élitistes, la forte présence de personnel para-éducatif dans les établissements (personnels de santé, sociaux). Et, surtout, la maternelle. C’est une spécificité latine. Dans les pays nordiques, les enfants, jusqu’à 6 ans, vont au jardin d’enfants. La richesse de l’enseignement proposé en maternelle les épate.

Vous estimez, après ce tour d’horizon européen, que la France doit revoir sa façon d’évaluer les élèves…

D’abord, on évalue beaucoup trop. On fonctionne en trimestres, alors que les autres pays fonctionnent en semestres. Du coup, nous consacrons beaucoup de temps aux contrôles. Deuxième chose : notre évaluation reste largement basée sur l’écrit, alors que, dans d’autres pays, on évalue aussi un élève en fonction de sa capacité à s’exprimer à l’oral, à travailler en groupe… Enfin, notre approche de l’évaluation consiste principalement à chercher les erreurs. Une faute ? Un point de moins. Il s’agit plus de sanctionner que d’évaluer… Nous sommes les seuls à avoir cette notation sur 20, compliquée. On ferait mieux, comme chez nos voisins européens, de ramener les notes à quelques points, et faire en sorte qu’elles permettent de saluer aussi les choses positives, les progrès, l’implication dans le travail.

 
Jean Cassou, " École : est-ce vraiment mieux ailleurs ? Un regard comparatif sur les systèmes éducatifs européens ", éd. Les impliqués (L’Harmattan).
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=48414

Dernière modification le mercredi, 01 novembre 2017
An@é

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