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Organisé par l’excellente équipe de Franck Aupetit (@franck_aupetit sur Twitter), directeur régional Limousin d’Orange, l’atelier du 17 octobre 2019 à Limoges a réuni un public hétérogène. Plus de 80 personnes se sont déplacées pour réfléchir ensemble, sur la thématique de l’inclusion dans un monde numérisé. La problématique était posée ainsi : « Dans une société digitale, l'inclusion sociale et économique implique que toute la population soit associée à l’effort d’apprentissage continu exigé par l’évolution permanente des technologies de l’information. Pour autant, de nouvelles formes d’exclusion se développent. Le numérique, facteur d’inclusion ou d’exclusion ? »

Trois grands témoins ont participé à l’échange : Baptiste Ridoux, (@Yoggibat sur twitter) coordinateur du projet La Quincaillerie à Guéret, https://www.laquincaillerie.tl/, Raphaël Rogé, responsable numérique de la Direction Régionale de Nouvelle-Aquitaine de la Banque des Territoires, Francis Marchan, Maître de conférence en sociologie à l’Université de Limoges.

Nous pouvons scinder en deux identités les exclus du numérique :


Les exclus involontaires : ceux qui ne peuvent être connectés pour des raisons techniques (zones blanches par exemple), les personnes qui sont socialement exclues, et donc qui n’ont pas les ressources financiers et cognitifs nécessaires à l’accès au numérique.

Les exclus volontaires : ceux qui n’en voient pas l’intérêt, ceux qui ont le sentiment d’être incompétents, les « abandonnistes », les résistants au contrôle infligé par le numérique, les résistants au changement que le numérique induit par sa pratique.

Francis Marchan a proposé certaines pistes de réflexions, dans un exposé qui a retenu l’attention de chacun : « La notion d’inclusion, est elle-même très récente « nov’langue ». L’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI) considère que l’illectronisme caractérise « la situation d’un adulte ne maîtrisant pas suffisamment les usages des outils numériques usuels pour accéder aux informations, les traiter et agir en autonomie dans la vie courante ». Pour l’Observatoire des usages du digital créé par Orange en 2018, « Un individu se limitant à lire ses mails et faire des recherches sur le web n’est pas défini comme utilisateur digital pour cette étude ».

Qui se préoccupe des exclus ?


Les industriels (FAI, concepteurs, designers, etc.), Orange (département Communication et marque de l’entreprise avec Opinion Way), etc.
L’enquête du CREDOC sur les conditions de vie et les aspirations des français » (dix-neuvième édition depuis 2000).
Des acteurs du monde social : la CNAF, l’UFC Que choisir, Pôle Emploi, des Universitaires de Lyon, le CESE – Conseil Économique Social et Environnemental
Les petits frères des Pauvres : Enquête Fondation des petits frères des Pauvres (septembre 2018) ciblée sur les personnes âgées.

Qui sont les exclus ?

Les personnes les plus précaires : plus d’un quart des personnes de 70 ans et plus (les plus de 80 ans).

Aujourd’hui, 7 % des Français n’ont ni ordinateur, ni smartphone, ni tablette à domicile.

Les personnes à bas revenus (inférieurs à 900 euros mensuels).

Lorsque l’on ne maîtrise pas la lecture, lorsque l’on a des difficultés de lecture, d’écriture et de compréhension, forcément… on est de facto exclus.

Les grandes exclues du numérique : les femmes de plus de 80 ans, vivant seules, avec de faibles revenus.

Voici l’ensemble des changements identifiés par le public présent lors de ce moment :

Quels effets du numérique en terme d’inclusion ou d’exclusion ?


1. Accès rapide et permanent aux informations, culture, création, libération de la connaissance partout dans le monde
2. Développement de nouvelles compétences, évolution rapide des métiers
3. Rapprochement des personnes éloignées physiquement (renforce le lien social)
4. Modification des relations - limite le lien social – améliore ou complexifie les relations au sein de la famille
5. Modification du rapport au temps et à l’espace
6. Accélération des processus
7. Dématérialisation des services sociaux et réduction des droits d’accès à ces services
8. Facilitation de la vie quotidienne (applications ex: cuisine, démarches en ligne)
9. Accessibilité renforcée – accès à l’emploi pour des personnes qui n’y avaient pas accès pour des raisons de handicap par exemple
10. Création d’emploi avec la possibilité nouvelle de télétravail (mères de famille pour conciliation vie pro/vie perso par exemple)
11. Illettrisme mis en lumière par le numérique
12. La somme d’individualisme ne crée pas un projet commun
13. Les problèmes financiers, desquels l’absence d’électricité, de possibilité de connexion amène de facto à l’exclusion des personnes
14. Domination des flux et accélération des actions, à contrario du temps de la réflexion et de l’analyse
15. Apparition de nouvelles formes d’addiction et de dépendance
16. Pour les entreprises mal connectées, éloignées, la concurrence s’est accrue et elle les exclut du marché – Aussi, la transformation numérique globale oblige toutes les entreprises à se transformer.

Voici les changements qui ont été sélectionnés par le public présent pour y apporter des solutions/ propositions :


Modification des relations -limite le lien social – améliore ou complexifie les relations au sein de la famille

Propositions, demandes :


Aux familles : sensibiliser sur les pratiques de chacun et instaurer un cadre parents-enfants pour retrouver un dialogue et un lien socio-familial physique
A l’éducation nationale : développer des cours de cordialité, les codes de la vie en commun avec le numérique
Aux entreprises : discipliner les règles de la communication dans les réunions.
Aux collectivités : mieux flécher les lieux et sources d’accès à l’éducation numérique
Personnalités : faire preuve d’exemplarité.

Dématérialisation des services sociaux et réduction des droits d’accès à ces services
Propositions, demandes :

A l’éducation nationale : offrir un service d’accompagnement pour toute la population, éduquer à l’usage du numérique, un programme pédagogique au cours de la scolarité
A l’Etat :
-structurer un droit d’accès au numérique (matériel, usuel) comme la santé, le logement.
-créer un observatoire des évolutions qui contribuerait à suivre les transformations professionnelles et faire suivre la formation en fonction.

Domination des flux et accélération des actions, à contrario du temps de la réflexion et de l’analyse

Propositions, demandes :

A l’éducation nationale : apprendre à extraire du flux le besoin / le vrai
Aux entreprises :
-instituer un droit/devoir de déconnexion, en mode choix, concertation : on déconnecte de telle heure à telle heure, mise en place d’une charte interne
-changer de mode de communication exemple : à la place de mail => privilégier les SMS, appels téléphoniques, réunions physiques
-créer une forme de sous-traitance des flux. Par exemple pour les mails : A envoie à B qui traite, A envoie à C qui traite (forme de médiation des flux).

La somme d’individualisme ne crée pas un projet commun

Propositions, demandes :

Aux collectivités et associations : développer et accompagner les projets en demande de financement participatif
Aux collectivités et entreprises : développer les sites de démocratie participative

Accès à tous les thèmes : https://digital-society-forum.orange.com/

Dossier Inclusion/Exclusion : https://digital-society-forum.orange.com/fr/les-actus/?forum=329

Dernière modification le mardi, 10 décembre 2019
Elbaz Jennifer

Vice-présidente de l'An@é.

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