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Le grand débat qui s’est déroulé dans tout le pays entre le 15 janvier et le 15 mars  restera comme une première dans nos démocraties.  En chiffres ce sont 1,5 millions de contributions, 10 000 réunions locales, 16 000 cahiers de doléance, 10 000 courriers autour de quatre grands thèmes. Si ce ne sont pas les chiffres qui font la démocratie, ils attestent tout de même que cette initiative a eu un réel écho chez nos concitoyens malgré des biais incontestables : la sous représentation par exemple des jeunes et des français issus de l’immigration ; l’absence de certains sujets dans les thèmes imposés, l’éducation notamment.

Nous sommes actuellement dans la phase de conclusion.

Des citoyens tirés au sort en sont chargés, réunis en 18 conférences régionales et différents logiciels ont aussi commencé à décrypter la masse des contributions des citoyens pour aboutir à des synthèses début avril.

Il faut  exiger de ces opérateurs numériques, qui ne sont pas open source, toute la transparence sur les processus, indispensable à une restitution fidèle.

Quelques premiers constats s’imposent déjà : l’urgence climatique, la forte demande de service public, la revitalisation des territoires ruraux, le rétablissement de l’ISF, la baisse de la tva sur les produits de première nécessité, la reconnaissance du vote blanc, le fameux RIC… font l’objet d’un grand nombre de propositions.

Etait-il nécessaire de récolter et traiter une telle masse de données pour obtenir de telles conclusions ? Non peut-être mais il est bien que cela ait été dit et cette expression était un préalable indispensable aux prises de décisions attendues.

Pour autant le grand débat n’est, en lui-même, une réponse ni à la crise actuelle, ni à la demande de justice fiscale, ni à l’exigence d’avancées démocratiques, ni aux périls écologiques, ni au creusement des fractures sociales, économiques, territoriales, numériques mettant en péril notre vivre ensemble.

La réponse sera politique ou ne sera pas et avec trois exigences :

Le rétablissement d’une sécurité existentielle mise à mal par les inégalités de toutes sortes;

La reconstruction d’une confiance dans nos institutions démocratiques ;

La prise en compte des contraintes de la transition écologique. 

Cette réponse passe par  la recherche d’un consensus autour des questions prioritaires car il nous faut réinventer un projet commun permettant à chacun de retrouver sa place dans la société et c’est à l’aune de ces trois exigences que pourront être évaluées les décisions qui vont être annoncées bientôt. C’est encore au regard de ces trois exigences que pourront être acceptés un étalement des mesures dans le temps et les inévitables frustrations qui en découlent.

L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de sauver la « chose publique », Res publica, au-delà de ceux qui la dirigent actuellement. La politique éducative devra en être concernée dans toutes ses dimensions.

Dernière modification le samedi, 06 avril 2019
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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