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Dans le rapport sur la structuration de la filière industrielle du numérique éducatif remis aux quatre ministres qui l’ont sollicité auprès de leurs inspections générales, les rapporteurs pointent les obstacles liés à l’absence d’harmonisation des standards et proposent une harmonisation des formats techniques permettant une véritable interopérabilité des équipements.
Et ajoutent : « la mise en place d’infrastructures et d’équipements performants apparaît comme indispensable au plus prés des usages pédagogiques, c’est à dire dans la salle de classe et en mobilité ».
Réalisé au printemps, ce reportage pose avec beaucoup d’acuité les difficultés que rencontrent les enseignants et en particulier les coordonnateurs TICE en EPLE, souvent « désignés volontaires » parce qu’ils sont un peu les « geek » de l’établissement.
« Comment tout mettre en musique ensemble ? » interroge Nicolas JANAUD, professeur de Technologie au Collège Expérimental CLISTHENE.

Qui ajoute : « le problème c’est le matériel »

Si l’on s’en tient au nombre d’élèves par ordinateurs, et c’est ce qui souvent apparaît dans les enquêtes menées par les rectorats ou les collectivités territoriales, et donc dans les statistiques officielles, 30 à 40 postes informatiques pour 100 élèves c’est beaucoup mieux que la moyenne nationale ( 5,2 élèves par ordinateurs ). Pourtant la réalité se heurte aux insuffisance du réseau interne qui permet des « connexions internet limitées ». Quant aux problèmes d’interopérabilité ils se posent en particulier avec « plusieurs tableaux numériques mais d’âge, de conception et de technologies différentes ».
« On marche sur la tête ! L’horizon numérique doit être amélioré ! » Ajoute ce professeur dynamique et volontaire. 

Les autorités ont certes pris conscience de ce problème et ont défini, dans une démarche partenariale une nouvelle stratégie d’équipement .
Mais il est clair que les nombreuses alertes en direction des décideurs, reprises aujourd’hui par les auteurs du rapport, restent d’une brûlante actualité. Il s’agit bien « d’affecter les moyens consacrés aux équipements en priorité aux matériels de visualisation collective (TBI, VPI ….).. » ce qui suppose que chaque classe puisse disposer d’un accès à l’Internet ( filaire ou Wi-fi) avec un débit suffisant pour l’activité pédagogique de la classe.
C’est bien souvent ces « difficultés matérielles » qui ralentissent voire bloquent toute vélléité d’un usage plus fréquent des « nombreuses ressources numériques à disposition, à partir desquels on peut bien travailler » précise Nicolas JANAUD qui ajoute : « ces outils permettent un meilleure lisibilité des programmes ».

Ce reportage pose par ailleurs une autre problématique, celle de la place du professeur dans la classe au collège.

Professeur de technologie, Nicolas JANAUD enseigne également les Sciences Physiques et les SVT dans le cadre de l’Enseignement Intégré des Sciences et de la Technologie en 6e et en 5e .

Cette expérience permet de mettre en œuvre la démarche d’investigation telle qu’elle est inscrite dans les nouveaux programmes de sciences. Caractéristique des pratiques scientifiques et technologiques elle favorise bien sûr le décloisonnement entre disciplines. Il s’agit bien de stimuler la curiosité et développer le goût des sciences des élèves et de donner une cohérence entre les disciplines scientifiques et technologiques .

La conséquence première, c’est la réduction du nombre de professeurs de la classe et ce qui permet de faciliter ainsi la transition entre l’école élémentaire et le collège.

On doit reconnaître que pour l’enseignant qui assure davantage d’heures avec chaque classe, cela réduit considérablement le nombre total d’élèves à gérer. Les connaissant mieux il peut assurer plus facilement un accompagnement individualisé.

Mais une autre conséquence réside dans la nécessaire maîtrise par le professeur des savoirs qu’il enseigne.
Est-ce un véritable handicap ?
Ou cela favorise-t-il une autre approche pédagogique et un positionnement différent de l’enseignant dans la classe ?

Écoutons ce qu’en dit Nicolas JANAUD.
« On n’a pas la science infuse,... le plus important c’est le questionnement et la curiosité ; démarche d’investigation , démarche expérimentale … la rigueur naît de cela.. même à partir d’idées farfelues ..pour les élèves, le professeur ne sait pas tout ..on travaille ensemble »
A vrai dire, n’avons nous pas entendu cela dans d’autres reportages ? La main à la pâte..le statut de l’erreur..

Certes, Clisthène est un collège expérimental ; mais il est de nombreux autres établissements où des enseignants pratiquent à chaque heure de cours ce mode de positionnement.

Avec plaisir et réussites.

Claude TRAN


Dernière modification le lundi, 10 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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