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La quasi "disparition de l'enseignement scientifique à l'école primaire" conduit en 1997, trois académiciens, Georges Charpak, prix Nobel de physique, Pierre Léna astrophysicien et Yves Quéré, physicien des particules, à créer avec le concours de l'Académie des Sciences, l'opération "La main à la pâte"qui se donne pour objectif de " rénover l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école primaire en favorisant un enseignement fondé sur une démarche d'investigation scientifique" .
De l'association à la Fondation de coopération scientifique "La main à la pâte" : Comment révéler le chercheur qui sommeille en tout élève ?
Cette transposition en France du programme « Hands On » conduit dans les quartiers défavorisés de Chicago par Léon Léderman co-lauréat américain du prix Nobel de physique pour ses travaux sur les neutrinos, met l'accent sur une pédagogie de l'investigation plutôt que sur la transmission de savoirs théoriques.
Ainsi, les enseignants, avec l'aide d'un accompagnateur scientifique, généralement étudiant en école scientifique, amènent leurs élèves par le questionnement, l'exploration, le raisonnement, à réaliser des expériences pensées par eux, et à en comprendre toute la dimension par la discussion.
"Chaque enfant doit pouvoir ainsi approfondir sa compréhension des objets et des phénomènes qui l'entourent et développer sa curiosité, sa créativité et son esprit critique."
Dès 2006 on étend en direction du Collège les principes de cette " pédagogie renouvelée par l'expérimentation sur des objets réels".
La réussite de cette démarche innovante tant en France qu'à l'étranger et le partenariat des plus grandes écoles d'ingénieurs, de grandes entreprises et des pouvoirs publics ont amené à la création en 2011 de la Fondation de coopération scientifique "La main à la pâte".
Il s'agit maintenant parmi les objectifs de la Fondation de produire et de diffuser des ressources pédagogiques, de favoriser l'égalité des chances par les sciences, de contribuer au développement professionnel des professeurs. Dans cette optique, la création à la rentrée dernière de quatre " Maisons pour la Science " au service des professeurs qui les mettent "en relation intensive avec la science et la technique vivante " a été permise grâce aux Investissements d'Avenir.
Le premier prix "Science et langue française au collège" de la Fondation La main à la pâte à CLISTHENE
Afin de susciter et de faire connaître des projets scientifiques particulièrement démonstratifs de la démarche d'investigation qu'elle préconise, La main à la pâte, attribue chaque année sous l'égide de l'Académie des Sciences le prix "écoles primaires" qui distingue des classes qui ont mené à l'école, au cours de l'année scolaire écoulée, des activités scientifiques expérimentales répondant à ces objectifs.
Trois autres catégories de prix, " Master enseignement et formation ", " Que faire dans le monde ?...un métier" et "Sciences et langue française au collège", qui complètent aujourd'hui cette initiative, récompensent et valorisent la mise en œuvre d'un enseignement rénové des sciences à l'école et au collège, ainsi que dans les instances de formation.
Cette année, le premier Prix "Science et langue française au collège" a été décerné par le jury présidé par Michel Serres, membre de l'Académie des sciences, au Collège Clisthène de Bordeaux, le Collège Lycée Innovant et Socialisant à Taille Humaine dans l'Éducation Nationale et Expérimental .
Ce Prix placé sous l'égide de l'Académie des sciences et de l'Académie française, distingue un travail mené dans une classe de sixième ou de cinquième par un professeur de lettres et un professeur de science et/ou de technologie.
La classe de 6e accompagnée par quatre enseignants du collège Clisthène, Anne Hiribarren ( lettres), Cédric Pignel et Nicolas Janaud (sciences ), Nadine Coussy-Clavaud (Arts plastiques ) a travaillé durant 6 séances de 2h sur un projet interdisciplinaire autour de l'arbre. Il s'agissait, à partir d'un arbre choisi par les élèves dans le parc municipal proche de l'établissement, de travailler à la fois sur l'aspect artistique, littéraire et scientifique.
Scientifique en recherchant, par une démarche d'investigation, le nom de l'arbre et aborder ainsi la notion d'espèce et de diversité du monde vivant.
Littéraire en utilisant du vocabulaire spécifique, littéraire et scientifique, pour élaborer une description de l'arbre et l'intégrer dans un conte.
Artistique enfin en expérimentant la ressemblance (le dessin d'après nature) par la peinture, l'empreinte, le dessin.
Pierre LENA, dans l'interview qu'il donne à l'An@é pour Educavox, décrit sans fard une école en difficulté et donne quelques éléments de réflexion pour construire l'école de demain.
Il faut d'abord redonner de l'espérance à l'école.
Car "une école sans espérance est le signe d'une société qui n'a plus confiance dans son avenir au point qu'elle ne juge plus nécessaire de mettre les meilleurs de ses fils et de ses filles face à la génération suivante pour lui transmettre le passé et pour la préparer à l'avenir." Son livre, "enseigner, c'est espérer " publié en 2012 se veut comme un "plaidoyer pour l'école de demain" .
Le projet de loi sur la refondation de l'école apporte-il quelques réponses à la désespérance de nombre d'enseignants ?
Si l'accent mis sur la formation des professeurs, lui semble une urgence utile autant que nécessaire, il ajoute : Il faudra toutefois " des transformations beaucoup plus profondes des capacités des enseignants à travailler en équipe, de leur pratique de l'interdisciplinarité "... projets de longue haleine !
Construire le temps de la formation, étape par étape
Culture littéraire, culture scientifique sont intimement imbriquées, pourtant l'hyper-spécialisation du monde moderne a conduit à la caricature d'une distinction abusive et très française entre littéraire et scientifique.
Alors, comment concilier l'acquisition d'une véritable culture générale des jeunes et la formation de futurs chercheurs dans un champ scientifique nécessairement très pointu ?
La construction se fait étape par étape
A l'école primaire on doit " passionner les jeunes pour la science et répondre à la curiosité de tous ". Au collège il faut " affiner cette curiosité par l'introduction de méthodes scientifiques en évitant le cloisonnement disciplinaire excessif " Cette sciences pour tous est le vivier pour le lycée où se préparent des orientations ultérieures en spécialisant davantage
Mais le bilan aujourd'hui, c'est un double échec ! Sur la culture du vivier et sur le nombre de bacheliers scientifiques qui choisissent ultérieurement cette voie.
La science informatique doit entrer progressivement dans l'école. Devant l'importance des enjeux économiques, Pierre Léna pose une question récurrente :
« Notre pays doit il rester un utilisateur d'écrans et de logiciels fabriqués ailleurs ?
Et y répond simplement :
« Le projet de loi veut faire de l'école un lieu qui prépare à la culture numérique , c'est bien. Encore faut il se préoccuper autant des écrans eux mêmes et de leur utilisation que de ce qu'il y a derrière les écrans. » et introduire dans l'école « la capacité de produire demain des machines et des logiciels » d'avenir
Révolution anthropologique avec le numérique ?
"Celle là est une étape nouvelle mais elle n'est pas la seule. Nous vivons dans un monde en révolution, en changement majeur " .... "La communication transformée par l'informatique est un élément de ce changement. "
Claude TRAN
Dernière modification le mercredi, 22 octobre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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