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Eddie PLAYFAIR est Principal du Newham Sixth form College dans East London.

Quelle autonomie pour les établissements anglais ?
Comment se déroule une inspection de collège en Angleterre ?

Vous recevez un appel téléphonique le jeudi – en général c'est le jeudi – et une équipe de huit inspecteurs arrive le lundi matin avec le dossier de l'établissement. Beaucoup d'observations, de cours, de l'environnement éducatif, durant une semaine où les inspecteurs vont partout où ils le souhaitent. Puis le vendredi, le président de l'équipe d'inspection présente oralement à la direction les résultats de l'évaluation constituée par une note et les grandes lignes du rapport d'inspection avec points forts et points faibles. Ce rapport est ensuite adressé à l'établissement deux semaines plus tard puis publié en ligne.

Quatre niveaux de notation : insuffisant, nécessite une amélioration, bien, exceptionnel.
« Un grade four – insuffisant- c'est la catastrophe ! ça mène généralement à la démission du chef d'établissement , ou du comité d'administration, ou des deux ; parfois un changement de statut avec une nouvelle équipe qui se met en place ... »


Eddie PLAYFAIR, le Principal of Newham Sixth form College East London, poursuit dans cet entretien la présentation de ce qu'est l'autonomie des établissements anglais en décrivant un des corollaires de cette autonomie: l'inspection.
Les chefs d'établissement anglais disposent d'une très grande liberté pour décider de la politique de leurs établissements.

Ils sont responsables, devant un conseil d'établissement qui représente les parents, la communauté et souvent la Local Authority, de l'enseignement, de l'apprentissage, de la nomination et la gestion de tout leur personnel enseignant et non enseignant, de la gestion du budget de l'établissement, de l'interprétation et mise en œuvre des programmes scolaire... avec pour objectifs de respecter les niveaux de réussite nationaux.


La concurrence entre établissements est forte ; les enseignants sont rémunérés au mérite depuis la rentrée scolaire 2013 avec de fortes différences en particulier pour les « super teachers », les chefs d'établissement aussi et le « débauchage » entre établissements est assez fréquent.


Ces modalités d'inspection mises en œuvre par l'Ofsted, équivalent britannique de l'inspection générale, sont sujet à des critiques toujours plus nombreuses. L'organisme serait « gangrené de problèmes » et un « sujet de moquerie » entre professeurs.


Selon Wikipédia, un rapport établi en 2014 par le think tank « Policy Exchange » co-fondé par le secrétaire d'Etat britannique à l'éducation, a mis en garde contre le recours en sous-traitance à quelque 3.000 inspecteurs contractuels, souvent dépourvus de l'expérience et des compétences nécessaires à l'évaluation objective des établissements scolaires ; les jugements ne seraient pas plus fiables que de de tirer à pile ou face" - « You would be better off flipping a coin »-

Un sondage 2014 des enseignants, menées par Teacher Support Network a par ailleurs révélé que plus de 90% des enseignants ayant été inspectés par l' Ofsted ont eu un impact neutre ou négatif sur les résultats des élèves.

L'Ofsted « est de moins en moins perçu comme un organisme indépendant de régulation, agissant dans l'intérêt public, demandant des comptes au gouvernement, mais plutôt comme l'instrument très politisé du secrétariat d'Etat », estime le secrétaire général du syndicat NASUWT. Un site web a été lancé pour permettre de lutter contre une certaine forme d' « évaluation punitive ».

En conclusion de cet entretien Eddie PLAYFAIR accepte avec une grande liberté de parole de donner un avis comparatif sur les deux systèmes éducatifs, anglais et français.

Claude TRAN

Dernière modification le vendredi, 13 mars 2015
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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