fil-educavox-color1

Janine ECOCHARD est vice Présidente du Conseil général des Bouches du Rhône - La France a dépensé 139,4 milliards d’euros dans le domaine de l’éducation en 2012, soit 6,86 % de la richesse nationale et l’équivalent de 2 100 euros par habitant, selon le ministère de l’éducation.
 La dépense nationale d’éducation représente l’ensemble des montants consacrés par l’Etat, les collectivités locales, les ménages et les entreprises à la formation initiale et professionnelle.

Le poids de cette dépense dans la richesse nationale constitue l’effort monétaire que notre pays consacre à ce domaine. Après avoir augmenté jusque 7,6 % en 1997, on a assisté à une diminution importante jusqu’en 2007. Rapporté à la richesse nationale, la France a retrouvé le niveau du milieu des années 1980. Entre 2010 et 2012, la dépense a même baissé en euros si l’on tient compte de l’inflation, ce qui n’était jamais arrivé auparavant.

Globalement, la France se trouve au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE, avec 6,3 % du PIB (hors formation con contre 6,5 %1. Mais l’OCDE comprend de nombreux pays moins développés, comme la Turquie ou le Mexique. Vis-à-vis des pays comparables, notre pays accuse un net retard. En 2011 l’État assurait 56,0 % du financement final total de la dépense intérieure d’éducation, les collectivités territoriales 25,0 %, les ménages 11,3 %, les entreprises 6,8 %.

La structure du financement de la DIE s’est progressivement modifiée. La part de l’État (MEN-MESR, plus autres ministères) a baissé de plus de 11 points, de 67,4 % en 1980 à 56,0 % en 2011 . A contrario, celle des collectivités locales a cru de plus de 11 points (13,9 % en 1980, 25,0 % en 2011). Les différentes lois de décentralisation ont en effet transféré aux collectivités locales de nombreuses compétences dans différents domaines : transport scolaire, fonctionnement et équipement des établissements du second degré, apprentissage et formation professionnelle et, plus récemment, formations sociales et de santé, ainsi que la rémunération et la gestion des ex-personnels techniciens, ouvriers et de service (TOS) du second degré.

La loi de refondation de l’École de juillet 2013 en clarifiant les responsabilités réciproques de l’Etat et des collectivités territoriales en matière de maintenance informatique aura encore accru la part des collectivités dans la structure du financement de la DIE.
Celles ci ont ainsi progressivement acquis une certaine expertise que les compétences données par la loi rendaient nécessaire. Toutefois cela s’est fait de façon très hétéroclite et souvent sans une réelle mutualisation, chacun restant très attaché à son autonomie et son indépendance. Au bilan il faut reconnaître qu’après des années de tâtonnements et d’expériences où les investissements ont pu répondre parfois à des politiques de communication, l’heure est aujourd’hui aux économies donc aux investissements vraiment efficients .Il faut reconnaître que l’Etat durant cette période n’a pas toujours su définir une stratégie cohérente ni mettre en œuvre une politique ambitieuse en particulier pour former les enseignants au numérique.

L’expérience acquise par les services de l’Education des collectivités territoriales, la mise en œuvre d’une gouvernance partagée fixée par la loi, la formation des personnels enseignants et des cadres de l’Education nationale et surtout un meilleur cadrage de l’Etat devraient changer la donne.

Mais le paysage aujourd’hui est d’une étonnante diversité qui parfois révèle une réelle fracture territoriale.
Comme il n’est d’équipements technologiques efficients que lorsqu’ils sont effectivement utilisées par les enseignants pour améliorer la réussite de tous les élèves, nombre d’élus s’interrogent sur un usage pédagogique qui n’est souvent pas encore à la mesure des investissements.

Pourquoi le numérique pénètre-t-il si lentement les salles de classe et particulièrement les pratiques pédagogiques ?

Quels choix stratégiques mettre en oeuvre pour accélérer leur développement ?

Comment les élus appréhendent-ils cette problématique ?

Ils sont aujourd’hui de plus en plus nombreux à participer aux colloques, rencontres, séminaires organisés par les entreprises, le Ministère, les Universités, les associations, et dire les efforts des collectivités pour donner à l’école les moyens d’entrer dans l’ère du numérique.

Janine ECOCHARD est Vice Présidente du Conseil Général des Bouches du Rhone en charge de l’Education . Dans cet entretien enregistré lors des rencontres de l’Orme 2.14 elle rappelle les raisons pour lesquelles le département il y a dix ans s’est lancé dans ce projet en attribuant en particulier à chaque collégien un ordinateur.
Aujourd’hui malgré 27 millions d’euros d’investissements annuels dans le numérique éducatif « les usages sont à ses yeux insuffisants ! ».
Alors suggère -t-elle : « Ne pourrait-on imaginer que l’Education nationale ait aussi quelque obligation de résultats ? »

Dernière modification le mercredi, 19 novembre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.