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Episode 1 : Je rentre à peine d’un séjour de deux mois à l’étranger où tout oeil, toute oreille, j’ai exploré, observé, analysé, pensé et réfléchi et où j’ai appris. 

Je suis canadienne.  Je suis humaniste. Je m’intéresse à ma façon et depuis fort longtemps, à l’éducation des Petits de l’Homme.  Je suis redevenue active parce que nous vivons une époque charnière, une époque de transition pour l’humanité : le trop rapide passage d’une ère industrielle vers une ère numérique.

image0502182Je ne suis pas officiellement chercheur. Je ne suis liée à aucune université, à aucun centre de recherche. Je ne suis qu’un quidam qui poursuit une observation participative, une enquête ethnologique de terrain par laquelle j’apprends comment vivent les êtres humains ici en Amérique et là-bas en France, comment ils s’occupent de leurs petits, comment il les éduquent et comment ils forment les éducateurs à qui ils les confient.  Je complète mes observations et mes réflexions en lisant quantité d’articles.  En vivant dans la rue - ceci est une figure de style, je suis pas une sans abri - je me tiens au fait des mouvements de foule, des modes et des tendances en éducation.

Vivre deux mois ailleurs

Deux mois à observer ce milieu extrêmement riche des vestiges de la présence de l’Homme qu’est la Côte d’Azur, un lieu habité par l’être humain depuis des milliers d’années.  On voit les reliquats des occupations de ces terres escarpés.  La première évidence est que guerre et commerce ont mené l’évolution technologique et culturelle des êtres humains depuis leur implantation sur ces terres. Ils ont sans doute continué là ce qu’ils faisaient auparavant ailleurs.  Cette façon d’être des sociétés humaines n’a pas réellement évolué, car c’est toujours le commerce qui mène la plupart de nos politiques et la guerre maintient encore une florissante industrie et supporte, tout comme dans l’Antiquité, de multiples recherches.

J’ai évidemment côtoyé plusieurs contemporains d’âges et affiliations diverses, dont des éducateurs. Divers compte-rendus que je rédigerai sous peu témoigneront de ces rencontres.

Le Monde, édition du 16 janvier 2018, titrait : Comment Jean-Michel Blanquer travaille et s’entoure pour repenser l’école

Le jour même de mon retour, Le Monde publiait sur deux pages, des textes qui ont été à l’origine de la réflexion d’où est issue ce billet.  Mon intervention porte sur deux domaines en particulier :

-     la recherche ;
-     le sytème d’éducation français.

L’éducation de nos enfants et la recherche

Dans « la galaxie Blanquer » comme l’écrit LeMonde en page 12, on trouve des cerveaux, des scientifiques, des penseurs de hauts niveaux. Avec tout le tapage relatif à la montée de l’intelligence artificielle, il est sage et raisonnable de penser aux neurosciences comme un éventuel messie pour sauver l’humanité de la suprématie des robots et d’en faire la pierre d’achoppement de nos systèmes éducatifs.

Mes prémices sont que l’être humain naît prématuré, incapable de vivre sans la présence d’adultes pour le nourrir et de qui il apprend la vie.  Cette précarité, cette dépendance  originelle lui permet de s’adapter à multiples situations, de se développer au sein d’innombrables cultures et d’apprendre quantité de langues et modes d’expressions.

Depuis des milliers d’années les adultes de toutes tribus ont éduqué leurs enfants, parfois en confiant la tâche à des spécialistes qu’on s’appliquait quelquefois à former dans l’apprentissage de ce métier.  Je classe l’éducation des enfants et leur instruction parmi les plus vieux métiers du monde.

Au First European Education Summit qui s’est tenu à Bruxelles le 25 janvier, une délégation d’administrateurs et ministres européens se sont rassemblés pour  : Laying the Foundations of the European Education Act for an innovative, inclusive and values based education.

Tibor Navracsis dans son discours d’introduction à cette rencontre disait : Education is key because it is education that equips us with the skills we need to become active membres of our increasingly complex societies.  It is education that helps us adapt to a rapidly changing world. 

De ces milliers d’années à éduquer des millards d’enfants, n’avons-nous rien appris pour insister encore sur la nécessité de poursuivre de plus en plus de recherches en éducation et en développement de l’enfant?  Ne serait-il pas opportun de cesser de nourrir le moulin des publications universitaires? Ne serait-il pas sage de faire un certain inventaire, un certain tri entre le bon grain et l’ivraie à travers ces publications de recherches qui ne cessent de s’accumuler dans des bases de données dont on pense qu’en laissant les bots les interroger, on trouvera la vérité.

Voici le nombre de publications depuis 2017 sur des sujets à la mode trouvé sur Google Scholar :

16 000 en Robotique pédagogique
12 900 en Robotique éducative
18 300  en Pédagogie de projets
17 000 en Créativité et Innovation 
17 700 en Approches créatives des usages des technologies
16 000 en Usages créatifs du numérique
20 100 en Pratiques pédagogiques innovantes
70 800 en Collaboration en éducation
18 800 en Apprentissages collaboratifs
18 100 en Interdisciplinarité
33 300 en Inquiry based Learning.

De nouvelles recherches subventionnées s’ajouteront à une déjà impressionnante liste de publications du chercheur - directeur - d’un groupe de savants esclaves.  Malgré les emplois précaires que quantité de dits laboratoires de recherche offrent aux diplômés qui ont en poche un doctorat,  Pascal Galiner écrivait dans Le Monde du  27 janvier,  qu’en 2014, « 109 000 étudiants ont décroché un master à l’université.  Trente mois après l’obtention de leur diplôme, 91% d’entre eux sont sans emploi.  Ne voyez-vous pas là un certain péril en la demeure?

De telles pratiques sont de plus une insulte aux chercheurs véritables et il y en a plus d’un.

George Santayana, un poète philosophe, professeur à Harvard, observateur du monde et contemporain de John Dewey, a écrit cette phrase désormais célèbre : Those who cannot remember the past are condemned to repeat it. 

Pourquoi entreprendre des recherches ad nauseam quant on sait déjà depuis des lustres que l’enfant apprend comme les autres mammifères principalement par imitation, qu’il sera un être décent si on le traite décemment et qu’il est curieux de son environnement.

Si on fait appel à son intelligence et il comprendra.  Il nous faut être patient et lui rappeler régulièrement les consignes. Tout comme pour le jeune arbre qui penche sous l’effet du vent, l’adulte sera le tuteur qui l’aidera à se maintenir droit afin d’épanouir tout son potentiel. Nous devons l’éduquer, lui apprendre à vivre harmonieusement au sein de la société, ouvrir son esprit aux merveilles du monde, qu’il soit naturel ou culturel, l’aider à se découvrir, à se connaître.  Il est plus qu’un cerveau apprenant, il est un être sensible et enjoué. Et ce cerveau sur lequel se centrent tous les regards présentement n’est pas désincarné, n’est pas une structure rigide.  Ce cerveau est formé de cellules vivantes qui au fil des moments se réinventent des routes et d’inimaginables interactions. Le corps humain est créatif car il est vivant. L’évolution des espèces est une excellente démonstration de la créativité de la vie.

Le fondateur d’Alibaba, leader mondial en e-commerce, Jack Ma, un ancien enseignant  a présenté une conférence remarquée au Forum économique mondial tenu à Davos, en Suisse du 23 au 28 janvier.  Ce n’est pas en cherchant à former des humains pour qu‘ils se rapprochent des machines que l’humanité saura faire face à l’intelligence artificielle, a-t-il dit.

Je termine le premier volet de ce billet en faisant la promotion du concept éducatif que j’ai conçu : Pour le petit de l’Homme

Merci à l’ESPE de l’Académie de Nice qui m’a offert, par l’entremise de sa directrice madame Isabelle Negro, le billet d’avion.  Cette participation financière a facilité ce voyage d’étude.

Vous pouvez aussi suivre chez Ludomag et École branchée pendant quelques mois la série : Une québécoise en PACA.

 Louise Lepage

Dernière modification le lundi, 05 février 2018
Ninon Louise LePage

Sortie d'une retraite hâtive poussée par mon intérêt pour les défis posés par l'adaptation de l'école aux nouvelles réalités sociales imposées par la présence accrue du numérique.

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