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Comment apprenons-nous ? Les neurosciences, les sciences cognitives, mais aussi le quantified self et bon vieil empirisme nous ont-ils fait progresser dans notre compréhension des mécanismes de l’apprentissage ?

S’agit-il de pures découvertes théoriques ou sont-elles applicables à la salle de classe ou à chacun d’entre nous ?

Un dossier Internet Actu -Fing http://www.fing.org

Apprendre à apprendre (1/4) : deux modes d’apprentissage
Même le plus fameux des MOOCs, Coursera, s’est intéressé à la question et propose maintenant un cursus “Apprendre à apprendre“.

A sa tête, on trouve un neuroscientifique connu, Terrence Sejnowski et surtout Barbara Oakley, auteur d’un excellent livre sur l’apprentissage des sciences, A Mind for Numbers.

Son éducation scientifique, Barbara Oakley l’a effectuée sur le tas. Comme pour beaucoup d’autres, sa scolarité s’accompagna d’une profonde répugnance pour les mathématiques. Son truc c’était les langues, et elle devint à l’âge adulte une spécialiste du Russe au sein de l’armée américaine. Elle réalisa bientôt qu’en dehors de l’armée, il n’existait pas beaucoup d’opportunités pour les spécialistes de cette langue. Elle suivit alors un cours d’ingénierie, et dut absorber les disciplines qu’elle avait négligées plus tôt. Cela lui permit d’expérimenter un certain nombre de stratégies et d’élaborer la méthode qui inspire notamment le cours de Coursera.

Mode “concentré” et mode “diffus”

La créativité occupe une place importante dans le livre d’Oakley. Certains pourraient s’en étonner d’autant qu’elle traite de domaines comme les maths et les sciences, et plus que les humanités. Mais apprendre c’est créer, insiste-t-elle. La solution à la question mathématique implique bien souvent d’appréhender celle-ci sous un nouvel angle.

Un des premiers principes sur lesquels elle s’étend dans son livre c’est ce qu’on pourrait appeler le paradoxe de la créativité. Autrement dit, lorsqu’on cherche à résoudre un problème, la partie du cerveau qui y travaille n’est pas celle qui trouve la solution. 

Pour lire la suite et réagir : http://www.internetactu.net/2015/09/08/apprendre-a-apprendre-14-deux-modes-dapprentissage/

 

Apprendre à apprendre (2/4) : l’importance du corps
  par Rémi Sussan, le 15/09/15.

Une chose que les futurs éducateurs devront sans doute prendre en compte, c’est le rôle du corps et de l’exercice dans la pratique éducative. C’est un point que nous avons déjà abordé dans un précédent article, mais qui tend à se confirmer…

L’exercice qui semble avoir le plus d’impact sur nos capacités cognitives est aussi le plus simple, puisqu’il s’agit de la marche. Barbara Oakley ne manque pas de le souligner : “Un chimiste remarquablement inventif du milieu du XIXe siècle, Alexander Williamson, a observé qu’une promenade solitaire valait une semaine dans le laboratoire pour l’aider à faire progresser son travail… Marcher stimule la créativité dans beaucoup de domaines : ainsi nombre d’écrivains célèbres, tels Jane Austen, Carl Sandburg et Charles Dickens, ont trouvé l’inspiration au cours de leurs fréquentes et longues promenades.

De récents travaux donnent raison à Williamson et à Dickens. La marche accroît les capacités cognitives. Par exemple, une recherche effectuée par une équipe interuniversitaire espagnole tend à montrer que les adolescentes qui se rendent à l’école à pied ont de meilleures capacités cognitives (mesurées à l’aide d’un test standard) que celles qui rejoignent leur établissement en bus ou en voiture. Et les jeunes femmes qui marchent plus de 15 minutes s’en tirent mieux que celles qui parcourent une distance inférieure. Pourquoi des filles et pas des garçons ? Après tout, le communiqué nous informe que la recherche a été effectuée sur 808 garçons et 892 filles. L’étude originale n’! est malheureusement pas disponible, mais on tient sans doute un élément de réponse dans ce passage qui note que, pendant l’adolescence, “la plasticité du cerveau est supérieure à tout autre moment de la vie, ce qui rend la période propice pour stimuler la fonction cognitive“. Cependant, continue l’article, l’adolescence est la période qui voit la plus forte baisse de l’activité physique, et elle est plus sensible chez les filles. Autrement dit, on peut en déduire que l’étude s’intéresse surtout à ces dernières parce qu’elles se dépensent moins que les garçons pendant cette phase de leur vie.

Marcher, c’est créer

Pourquoi la marche possède-t-elle cet effet ? La première hypothèse serait qu’elle favorise ce mode diffus dont nous parlait Barbara Oakley, et permettrait ainsi à l’inconscient de dégager des solutions créatives. Cependant, il semble que les bénéfices de la marche ne soient pas simplement dus au fait de “changer d’air” ou de s’aérer l’esprit, mais que l’acte de marcher agisse directement sur le cerveau, du moins si l’on en croit une expérience menée à Stanford et rapportée par le blogMachines Like Us.

Plongez-vous dans la suite de l'article et réagissez en ligne : http://www.internetactu.net/2015/09/15/apprendre-a-apprendre-24-limportance-du-corps/

 

Apprendre à apprendre (3/4) : peut-on lutter contre la procrastination ?
  par Rémi Sussan, le 22/09/15

La procrastination est un problème qui touche beaucoup de domaines, comme les finances, la santé, voire au niveau collectif, la gestion des crises écologiques, comme Hubert Guillaud l’a expliqué dans nos colonnes (voir aussi ici), mais c’est aussi un cauchemar pour l’étudiant ou le lycéen, surtout lorsqu’il est livré à lui-même, tenu de préparer ses examens et rendre ses travaux… Et cela concerne aussi au premier chef l’adulte désireux d’apprendre par lui-même, que ce soit à l’aide de ressources en ligne, comme les Moocs, ou à l’ancienne avec des livres…

Selon une étude publiée en 2014 par le site Studymode et présentée par le Huffington Post, 87 % des étudiants et lycéens américains tendraient à retarder le moment de se mettre à travailler. Les raisons d’une telle attitude ? Elle varierait selon les âges. Assez peu admettent qu’ils n’aiment tout simplement pas faire leurs devoirs. Ceux qui revendiquent cette excuse se recrutent surtout parmi les lycéens mâles et même eux ne dépassent pas les 15 %. D’autres se disent “dépassés” et ne pas savoir par où commencer. Ce sont en majorité les femmes étudiant en université qui évoquent ce problème (mais globalement ce chiffre rest! e assez élevé pour toutes les populations). Enfin, les garçons lycéens reconnaissent plus volontiers être surtout “distraits par d’autres activités”, mais cette difficulté concerne tout le monde. Comme on pouvait s’y attendre, les activités en questions sont surtout les réseaux sociaux, mais aussi la télévision qui reste un bon moyen d’échapper à la tâche à faire.

Bien évidemment, le problème de la multiplication des distractions est réel. Daniel Levitin, dans son livre The Organized Mind, remarque par exemple que les grands centres urbains sont à la fois des lieux de créativité et d’innovation, mais également ceux qui encouragent le plus la procrastination – on a déjà vu dans ce dossier les conseils que donne Levitin concernant mails et réseaux sociaux. Levitin souligne aussi un fait touchant particulièrement les adolescents : à cet âge, le cortex préfrontal (qui gère planification et décision) n’est pas encore totalement! à maturité, donc la tendance à préférer une gratification immédiate à un bénéfice à plus long terme est exacerbée dans cette classe d’âge.

La procrastination : un problème émotionnel

Mais cette préférence pour les récompenses rapides n’est pas la seule cause de la procrastination : d’autres aspects importants sont à souligner.

Il est devenu évident qu’il ne s’agit pas d’une question de gestion du temps, mais avant tout d’un problème émotionnel qui ne disparaît pas comme ça. Comme le souligne dans un article de The Atlantic le professeur Joseph Ferrari, de la DePaul University : “Demander à un procrastinateur chronique de juste “faire ce qu’il doit faire” reviendrait à dire à une personne cliniquement dépressive : “allez, aie un peu le moral !“.

Ne remettez pas la lecture de la suite de cet article à demain : http://www.internetactu.net/2015/09/22/apprendre-a-apprendre-34-peut-on-lutter-contre-la-procrastination/


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Dernière modification le samedi, 26 septembre 2015
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