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Education Makers est un groupe de recherche en culture Maker de l’Université Concordia à Montréal. Leur laboratoire est situé dans un local appelé MilieuxMake, situé à l’intérieur de l’Institut Milieux pour l’art, la culture et la technologie http://www.educationmakers.ca/makerspace/ qui est sous la direction de la professeur Ann-Louise Davidson et la co-direction de l Marc Beaulieu.

L’enthousiaste, extrêmement dynamique et créative professeure Ann-Louise Davidson y dirige aussi la Research Chair in Maker Culture.

En quoi consiste une chaire de recherche en culture maker?

MilieuxMake est un tiers-lieu. Il se situe entre le traditionnel laboratoire de recherche universitaire et un environnement accueillant où les novices s’initient à l’usage des technologies numériques dans un contexte de fabrication créative et innovatrice.

D’un côté, c’est un laboratoire vivant utilisé par les doctorants, les étudiants au master et les professeurs de diverses disciplines et groupes de recherche de l’université. Ils vont y poursuivre de déconcertants travaux qui utilisent de manière inusitée de sophistiqués appareils numériques.

D’un autre côté, c’est un makerspace ouvert à tous ceux qui désirent concevoir, bricoler ou innover à partir de technologies open-source et bénéficier de l’aide de doctorants qui les conseillent dans leur démarche. Je me suis jointe à ce groupe énergique plus d’une fois. Voici un court compte-rendu de quelques unes de ces expériences.

Le principe de la culture Maker préconisée par Education Maker

Fabriquer, c’est un apprentissage de la réalité de la vie difficile à évaluer. En faisant, nous nous engageons dans la solution de problèmes complexes. Nous imaginons des solutions à des problèmes de la vie réelle. Nous réfléchissons à des façons différentes de concevoir la vie et grâce à l’usage créative de la technologie, nous découvrons tout un monde en interrelation.

Soft Circuit Workshop

IMG 0160En janvier dernier (2018), Marc Beaulieu et Geneviève Moisan nous ont reçu à MilieuxMake pour une série d’ateliers portant sur la programmation de circuits souples, c’est-à-dire des circuits qui permettent l’usage de capteurs (de température par exemple) et/ou d’émetteurs (des lumières led) sur des tissus qui éventuellement peuvent devenir des vêtements « connectés ».

Je ne connaissais personne et n’avais aucun projet en tête. Le hasard a fait que je forme équipe avec Guillaume Coulombe https://leviolondejos. wiki/index.php? title=Guillaume_Coulombe.

Marc Beaulieu a expliqué le microcontrôleur Arduino Gemma que l’on peut coudre sur des tissus. Il a décrit aux néophytes le concept de circuit électrique.

Puis à nos papiers pour dessiner le circuit de nos projets. C’est à cette étape du projet où j’ai été sans doute la plus active.

Le projet de Guillaume est assez complexe. Guillaume est non seulement co-fondateur de Fab Labs Québec, interstructure des Fab Labs Québécois, il est aussi l’initiateur du groupe Le Violon de Jos, spécialisé en musique traditionnelle et podorythmie.

IMG 1851Il a fabriqué une marionnette de bois d’un peu plus de un mètre de hauteur qui grâce à des détecteurs de son et un montage sophistiqué, tape du pied au rythme de la musique selon la tradition de la podorythmie. Guillaume voulait fabriquer une jupette pour sa marionnette. On y trouverait des lumières LED qui s’allumeraient au rythme de la musique.

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Dans un premier temps, il nous a fallu concevoir un circuit sur papier. Le plus important est d’éviter les courts-circuits. Dans la semaine suivante, Guillaume s’est procuré un tissu de lin assez résistant pour porter le poids des broderies et des lumières et assez souple pour ne pas empêcher les jambes de la marionnette de se lever pour taper du pied en suivant le rythme de la musique.

Geneviève Moisan https://www.youtube.com/ watch?v=spHtkHRI6_E a reporté notre circuit sur le programme de l’ordinateur qui contrôle la brodeuse numérique industrielle du Textiles and Materiality Research Cluster https://textilesandmateriality.- wordpress.com/about/ Montréal.

Le monstre a traduit les idées de Guillaume en broderie de fil de métallique conducteur du courant de 3 volt qui allumera les DELs. Il faut broder à nouveau pour recouvrir le fil métallique de fil de coton qui sert à la fois à décorer la jupette et empêcher les courtscircuits.

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J’ai été présente à plusieurs étapes du processus et assisté au spectacle offert pas Guillaume et ses collègues musiciens où notre jupette illuminée suivait le rythme de la musique en passant du bleu, au rouge, au vert, etc.

Tous les spectateurs de la salle de spectacle La petite marche se sont bien amusé ce soir là. Guillaume et Geneviève étaient heureux et moi aussi!

Biomaking http://www.educationmakers.ca/project/biomaking/

Biomaking est une activité qui propose à l’apprenant une réflexion sur les interactions entre les humains, les bactéries et les champignons.

Le projet d’abat-jours fabriqué à partir de mycelium, ce « blanc de champignon » qui est leur appareil végétatif, a été réalisé en collaboration avec le Speculative Life Bio Lab https://speculativelifebiolab.com. de l’Institut Milieux pour l’art, la culture et la technologie de l’Université Concordia dans le cadre des ateliers élaborés par Milieux- Make.

Ces abat-jours de mycelium, fabriqués à partir de tissus vivants, sont légers, compostables et naturellement ignifuges.

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Le chalet Kent

Le Chalet Kent est un centre de loisir communautaire pour les jeunes de 11 à 18 ans du quartier Côte-des-neiges à Montréal. On offre diverses activités aux adolescents de ce quartier très multiculturel. Education Makers y a établi un Maker Space avec l’active participation de Karl-André St-Victor, directeur exécutif du Chalet Kent.

Un atelier Mycelium lampshades a été proposé aux adolescents-es très souvent trilingues - la langue du pays d’origine de leurs parents, l’anglais, la langue de la rue et le français, la langue de l’école. Ce genre d’atelier leur permet non seulement (et c’est le cas de le dire ici) de mettre la main à la pâte pour la création de beaux et utiles objets mais sans qu’ils en soient conscient, ils développent des connaissances de nature interdisciplinaires en sculpture, biosécurité et biologie

Conclusion

Ces deux exemples ne sont que la pointe de l’iceberg des travaux et recherches poursuives par ce laboratoire universitaire contemporain où l’université étend ses bras vers la communauté, où les doctorants vont bien au-delà de leurs apprentissages livresques pour agir et appliquer leurs savoirs, co-construire la connaissance avec leur communauté et tester leurs hypothèses.

Dernière modification le vendredi, 06 juillet 2018
Ninon Louise LePage

Sortie d'une retraite hâtive poussée par mon intérêt pour les défis posés par l'adaptation de l'école aux nouvelles réalités sociales imposées par la présence accrue du numérique.

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